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Decembre 2001
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6 - 2001, ASES 233 G - Subvention à l'Association pour la défense des familles et de l'individu (18e). - Montant : 160.000 F

Débat/ Conseil général/ Décembre 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du dossier ASES 233 G. Il s'agit d'une subvention à l'Association pour la défense des familles et de l'individu (D.F.I.).
Je donne la parole à l'orateur inscrit, M. ALAYRAC.
M. Gilles ALAYRAC. - Madame la Présidente, mes chers collègues, cette année encore, le Conseil de Paris est appelé à voter des subventions de fonctionnement aux deux principales associations de lutte contre les sectes.
Si la Ville estime nécessaire de contribuer à cette aide, c'est que ce combat est loin d'être achevé et qu'il est impératif que notre collectivité soit aux côtés des associations qui dénoncent les agissements des groupements sectaires. Ces sectes abusent de la confiance, voire de la vulnérabilité d'un certain nombre de nos concitoyens et font peser sur notre vie collective une réelle menace. C'est aussi un combat pour la laïcité que j'entends comme la reconnaissance de la liberté de conscience par opposition aux manipulations mentales et aux exploitations, sous toutes leurs formes, des individus.
Bien entendu, notre groupe approuve les efforts faits par le Département au profit de l'A.D.F.I. et du C.C.M.M. (c'est la délibération qui suit) et se félicite même de la progression que connaît la subvention de fonctionnement au profit de l'A.D.F.I., une association qui a le grand mérite, en plus de l'information édifiante qu'elle délivre sur les agissements sectaires, de faire de l'accompagnement aux victimes des sectes tant sur le point de vue psychologique que juridique.
Il est, en effet, essentiel de ne pas laisser sans secours les victimes de ces groupements qui veulent se libérer de leur emprise.
D'autres associations contribuent à cette mission essentielle d'information, de prévention et de dénonciation des sectes qui, nous le savons, avancent toujours masquées. Derrière la vitrine, toujours alléchante, qu'il s'agisse de soutien scolaire, de cours de philosophie, de séances de relaxation, de pseudo-médecine, de lutte contre la drogue, il y a une réalité : une arrière boutique, je dirai même un fonds de commerce faisandé et nocif, des individus plus intéressés par le porte-monnaie de leurs victimes que par leur conscience, leur élévation spirituelle ou culturelle ou leur santé.
Il faut aider toutes les associations qui s'inscrivent dans cette lutte et dont le travail sur le terrain est avéré. Je pense en particulier à l'Association de défense des enfants et des adolescents contre les agissements des sectes qui a organisé, le samedi 24 novembre, la première manifestation publique contre la scientologie dans le 17e arrondissement. Ce rassemblement fut un grand succès et plusieurs de nos collègues, de droite comme de gauche, y ont participé.
La loi "About-Picard", votée cette année à l'unanimité par le Parlement, constitue une réelle avancée pour le combat contre les groupements sectaires. Elle ouvre maintenant la possibilité d'attaquer en justice des associations et des mouvements qui ont commis des délits, ce qui peut aboutir à une dissolution du groupement par le juge. Mais cette législation ne suffit pas : nous sommes en effet dans le domaine du réactif, même du répressif, avec des délais d'agissement extrêmement longs. En réalité, on doit attendre des délits majeurs comme l'escroquerie ou l'exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie, pour pouvoir agir.
Notre droit a besoin de fortifier encore sa protection des citoyens contre les sectes. Je dirai même que c'est un devoir républicain. Il faudra songer à progresser sur des questions comme le droit de réserve des enseignants - car il faut savoir qu'il y a des instituteurs membres de sectes - comme le rayon de protection autour des établissements scolaires, comme le colportage pour enrayer la progression des mouvements sectaires. Mais ceci est un autre débat.
Pour l'immédiat, nous nous réjouissons tous ici du soutien apporté à ces deux associations qui remplissent un vrai devoir civique et qui méritent nos encouragements.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente, au nom de la 6e Commission. - Je vous remercie, Monsieur ALAYRAC, de vous être inscrit sur ce projet de délibération qui, en effet, revêt beaucoup d'importance puisqu'il est question de la protection des familles contre les manipulations mentales et les abus des sectes qui sont un enjeu de société majeur, qui vise à préserver le libre-arbitre des personnes et leur autonomie, dans le respect des libertés fondamentales.
C'est pourquoi, en effet, nous aidons les deux associations que vous avez citées : l'A.D.F.I. bien connue et également le centre Roger Ikor, sachant que les subventions indiquées portent sur deux années puisqu'il semble que ces associations n'avaient pas été soutenues pour l'année 2000. Il y a un effet de rattrapage tout à fait important et essentiel pour ces associations.
Je sais que vous avez également appelé notre attention sur une autre association qui s'appelle "Attention enfant". Nous avons effectivement reçu de cette association une première demande de subvention à hauteur de 250.000 F. Nous avons estimé que ce montant était trop élevé au regard de la jeunesse de l'association qui a été créée très récemment et d'une activité qui est certainement appelée à se développer.
C'est pourquoi je vous avais indiqué que nous étions favorables à un réexamen de cette demande de subvention et à envisager la possibilité d'un soutien financier en 2002 sur la base d'une extension des activités de l'association et en liaison aussi avec les autres organismes qui interviennent dans ce domaine.
Vous avez eu raison de rappeler qu'il y a eu récemment des manifestations dans le 17e arrondissement où l'on constate un développement tout à fait préoccupant de l'activité de la scientologie. Cela fait l'objet d'une question orale qui sera sans doute évoquée plus tard dans la soirée par Mme de PANAFIEU.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 233 G.
Qui est favorable ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 233 G).