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Septembre 1998
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Conseil Municipal
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18 - VI - Question d'actualité de Mme Marie-Thérèse JUNOT et des membres du groupe des Indépendants à M. le Maire de Paris relative à l'interdiction de la circulation automobile place de la Concorde. VII - Question d'actualité de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris sur les projets d'aménagement de la place de la Concorde

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1998


M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Nous avons maintenant deux questions portant sur le même objet : une question de Mme JUNOT au nom du groupe des Indépendants et une question de M. SARRE au nom du groupe du Mouvement des citoyens.
En vertu du règlement, l'un et l'autre devraient se partager 2 minutes 30, soit 1 minute 15 chacun. Faites en sorte de rester dans les délais raisonnables !
Madame JUNOT, vous avez la parole.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - Merci, Monsieur le Maire.
A leur retour des vacances, les Parisiens et les élus que nous sommes ont appris par la presse d'abord que la place de la Concorde allait être interdite à la circulation automobile, puis, Après intervention de vos services, Monsieur le Maire, que rien n'était décidé mais qu'en effet des études étaient conduites dans ce sens.
Vous avez vous-même précisé que trois options étaient envisagées, allant d'une place entièrement piétonne à une simple réduction de la circulation.
Permettez-moi, Monsieur le Maire, au nom du groupe des Indépendants, de vous faire part de nos remarques, sachant toutefois que nous ne sommes pas opposés a priori à la réduction de la place de l'automobile sur l'espace public.
La place de la Concorde est un lieu de passage extrêmement important. Deux axes majeurs est-ouest et nord-sud y passent. Leur suppression ou même leur réduction aurait de graves répercussions sur toute la circulation parisienne.
Par ailleurs, la plupart des voies réservées aux piétons ont pour caractéristique d'être essentiellement commerçantes et étroites, ce qui justifie au moins partiellement la décision d'en interdire l'accès aux automobilistes.
S'il est évident que cette place est une des plus belles qui existe et qu'elle contient des monuments remarquables, c'est surtout son ampleur, son équilibre architectural et les perspectives qu'elle dégage qui lui confèrent son caractère exceptionnel.
Quoi qu'il en soit, envisager de fermer cette place à la circulation automobile est une décision d'une importance extrême, et les élus parisiens ne comprendraient pas que les études les plus sûrieuses ne soient pas menées.
Vous affirmez, Monsieur le Maire, qu'il en est bien ainsi, et ceci nous rassure, mais nous tenons à être régulièrement informés de l'évolution de ces études auxquelles nous souhaiterions être associés.
Le groupe des Indépendants ne peut en tout cas imaginer qu'une décision sur ce sujet ne soit prise avant qu'un large débat public n'ait été organisé.
Merci.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Madame JUNOT.
La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Questeur, brièvement, je voudrais simplement demander au Maire de Paris quelles sont les intentions de la Municipalité concernant l'aménagement en surface et en sous-sol de la place de la Concorde. Quelles instructions ont été données à l'Administration pour procéder à ces études ? Quel est l'objectif ? C'est la première partie de la question.
La deuxième : les Conseillers qui s'intéressent vraiment à leur ville doivent savoir qu'il y a quelque temps la presse nous informa qu'il y avait en projet la réalisation d'une galerie marchande sous la place de la Concorde.
C'est un projet pharaonique, mercantile, qui serait susceptible de modifier très sensiblement non seulement la signification symbolique, historique de la place, mais transformerait tout l'équilibre du secteur.
C'est pourquoi, Monsieur le Maire, je souhaiterais obtenir, au nom de mes collègues du groupe du Mouvement des citoyens, des réponses claires, précises et le calendrier et le financement.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur SARRE.
La parole est à M. Bernard PLASAIT.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Monsieur le Maire, merci.
Madame JUNOT, je n'ai pas de commentaire à faire sur votre intervention. C'est effectivement une décision d'une très grande importance et vous serez, bien entendu, régulièrement informée, et même associée.
Quant à M. SARRE, il pose le problème de l'objectif de ce projet de projet. Je voudrais dire les choses en termes simples.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit de profiter de la nécessaire remise en état de la place, qui n'est pas, malgré les récentes remises en état, dans un état réellement satisfaisant, pour redistribuer l'espace public. C'est cela, l'objectif, redistribuer l'espace public, au détriment de la voiture si c'est possible, et au profit des piétons.
D'où les études qui sont en cours pour voir quelles sont les différentes options qui pourraient être retenues.
Mes chers collègues, avec l'exemple de la place de l'Hôtel-de-Ville, que nous avons sous les yeux, nous avons vraiment le témoignage de ce que l'on peut réaliser, d'une façon très satisfaisante, dans ce domaine.
C'est un petit peu dans cette optique que nous travaillons et vous remarquez que c'est en parfaite cohérence avec la politique suivie par la Ville, voulue par le Maire de Paris en matière de déplacement puisqu'on requalifie l'espace public, on diminue les voitures et on favorise la circulation des piétons.
Il est évident que la mise au point d'un projet comme celui-là ne peut s'effectuer que dans la plus large concertation. C'est d'ailleurs la politique menée depuis le début de la mandature, une politique de très large concertation et sur ce point aura donc lieu une concertation étroite avec le Préfet de police, avec le Ministère de la Culture, compte tenu de l'intérêt patrimonial évident du site et, bien entendu, tous les élus concernés seront amenés à y participer, ainsi que les associations.
Vous savez que le Maire est très attaché à la réussite de ce projet, qui doit être un projet phare pour Paris. Il s'agit d'un projet, à l'évidence, d'intérêt général.
Encore une fois, rien n'est décidé. Il s'agit d'une perspective sur laquelle nous travaillons et nous travaillerons en large concertation.
Quant à ce que M. SARRE demandait en ce qui concerne la galerie marchande, c'est vrai que c'était un projet de projet privé dont nous avons eu connaissance. Lorsque nous avons communiqué à ceux qui avaient imaginé ce projet quel était l'état du sous-sol sous la Concorde, ils ont évidemment compris que le projet était irréalisable et nous n'en avons plus entendu parler.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Avant de reprendre le débat sur la journée sans voiture, j'ai transmis, Monsieur Pierre SCHAPIRA, votre exclamation, votre demande, votre critique à M. le Préfet de police qui m'a fait observer, à juste titre, que cette place était très appréciée par les Parisiens.
C'est grâce à l'aide de la police que nous pouvons éviter que des personnes l'occupent avec des motos, des voitures ou pour vendre des tas de choses.
M. le Préfet m'a prié de vous rassurer en vous disant que les barrières ne sont installées que quand il y a un problème de manifestation qui pourrait troubler l'ordre public. Vous avez satisfaction.
Je ne sais pas si, demain, la place de la Concorde sera piétonne mais si elle est autant appréciée, Monsieur SCHAPIRA, que la place de l'Hôtel-de-Ville, je serai le premier à m'en réjouir.