Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mars 2011
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

8 - 2011, SGCP 2 G - Création d’une mission d’information et d’évaluation sur le thème “Les personnes âgées en perte d’autonomie à Paris : état des lieux et perspectives”.

Débat/ Conseil général/ Mars 2011



 

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l?examen du projet de délibération SGCP 2 G relatif à la création d?une mission d?information et d?évaluation sur le thème : ?Les personnes âgées en perte d?autonomie à Paris, état des lieux et perspectives?.

La parole est tout d?abord à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Madame la Présidente, mes chers collègues.

Comme vous le savez, depuis septembre 2008, le règlement intérieur du Conseil de Paris permet de créer une mission d?information et d?évaluation sur une question d?intérêt communal ou départemental pour Paris.

L?autonomie des personnes âgées à Paris mérite en effet que l?on se préoccupe, que l?on questionne, que l?on investisse le champ de ce qui existe aujourd?hui pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées, et y planter ce qui permettra, demain, d?être au rendez-vous des progrès de la médecine, qui promettent plus de 60.000 centenaires en 2050, dans la France métropolitaine, contre 200 avant la deuxième guerre mondiale.

Si le rallongement de l?espérance de vie nous ramène à réfléchir d?urgence sur cette question d?avenir, la canicule de l?été meurtrier de 2003?

Il y a un peu trop de bruit, Madame la Présidente.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Oui, s?il vous plaît, chers collègues, un peu d?attention !

Mme Karen TAÏEB. - Merci.

Si le rallongement de l?espérance de vie nous amène à réfléchir d?urgence sur cette question d?avenir, la canicule de l?été meurtrier de 2003 qui a fait près de 15.000 victimes, victimes de cette chaleur assassine mais aussi de l?immense solitude, pour ne pas dire de l?abandon, nous rappelle le peu de moyens que nous avions prévus pour faire face à une telle tragédie.

Sommes-nous loin de cette société occidentale que Simone de Beauvoir décrivait dans son essai sur la vieillesse, faisons-nous mieux qu?hier, ce temps où, disait-elle, les vieillards étaient considérés comme des parias ?

J?ose espérer le contraire, mais la maltraitance dans certaines maisons de retraite, la proposition du rapport de Mme Valérie ROSSO-DEBORD de faire supporter la dépendance par souscription à des assurances privées et non par une politique de solidarité nationale ont encore de quoi nous inquiéter.

La société a raison de se pencher sur tout ce qui va permettre plus d?autonomie aux personnes âgées, c?est évidemment plus de bien-être pour nos aînés mais aussi, disons-le clairement, un moindre coût pour la collectivité.

La question du grand âge se pose à tous les niveaux. En matière de prévention, qui reste parfaitement légitime à l?âge de 80 ans, comme l?explique le docteur Bernard DURAND-GASSELIN, chef de service de gériatrie dans le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, car à 80 ans, on vit encore neuf ans pour les femmes et sept ans pour les hommes.

En matière de prise en charge, par l?augmentation des structures d?accueil et des maisons de retraite, avec toujours en tête cette épidémie annoncée d?accidents vasculaires cérébraux, en même temps que l?espérance de vie va augmenter.

L?A.V.C. qui est un véritable fléau avec un accident toutes les deux secondes dans le monde et qui donne des séquelles au niveau moteur dans un cas sur deux. Il faut donc d?urgence penser à plus d?appartements, à plus de lieux de vie, à plus de maisons de retraite adaptés au handicap.

On ne peut parler du vieillissement sans évoquer la maladie d?Alzheimer, ou les troubles cognitifs qui nécessitent et nécessiteront plus de structures d?accueil de jour, non seulement pour améliorer la prise en charge des malades mais aussi pour soulager les aidants qui payent souvent seuls le prix de cette co-dépendance en s?affaiblissant à leur tour d?épuisement.

Plus d?autonomie, c?est évidemment ce que désirent les personnes âgées elles-mêmes. Selon les données de l?Insee de l?automne 2010, un centenaire sur deux, neuf octogénaires sur dix et deux tiers des nonagénaires vivent à domicile. Cela est rendu possible par l?adaptation des logements et des salles de bain par la domotique, par les soins infirmiers, les aides ménagères, le portage de repas ou encore la téléalarme.

Les personnes âgées les plus dépendantes bénéficient de l?A.P.A. mais celle-ci pourrait diminuer. Notre vigilance s?impose.

Enfin, développer autant que faire se peut l?intergénérationnel, car la société a besoin de cette transmission, de ce lien d?une génération à l?autre, qui fait du bien aux petits comme aux grands, et qui éloigne les individus de leur sentiment de finitude.

Développer aussi l?offre d?activité physique et intellectuelle, rempart au vieillissement accéléré. L?enjeu de cette mission est donc important. Paris doit être au rendez-vous de l?espérance de vie et l?Etat doit prendre toutes ses responsabilités car demain il sera trop tard.

J?espère qu?à l?issue de nos travaux nous envisagerons des perspectives qui donneront aux personnes âgées la place qui leur revient dans notre société et de l?avenir à la vieillesse.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, au nom de la 6e Commission. - Merci, Madame la Présidente.

Je peinerai à dire aussi bien ce que vient d?exposer Mme Karen TAÏEB, donc je ne vais pas le faire, si ce n?est pour insister à mon tour sur l?importance du sujet. Cette question, non pas dans son aspect dramatique telle qu?elle est souvent présentée, mais parce que c?est une question de société qui va concerner effectivement beaucoup de nos compatriotes, est un des enjeux majeurs de la réorganisation de notre société.

Je ne crois pas, cela a été dit très bien par Karen, que l?enjeu majeur de cette affaire soit un enjeu d?ordre financier. Je pense que fondamentalement, même s?il faudra évidemment que la solidarité nationale fonctionne, en tout cas c?est notre conception des choses, il faudra surtout réorganiser notre société pour faire face à toutes ces questions.

D?abord, en matière de soins. On ne peut pas concevoir la problématique des personnes âgées en perte d?autonomie, si on ne revoit pas complètement l?organisation du système de santé, aussi bien la médecine de ville que l?hôpital. Aujourd?hui, vous le savez, beaucoup de perte de chances, de coûts supplémentaires par la société et de drames et de souffrances ont lieu parce qu?il n?y a pas de continuité des soins : des soins entre la ville et l?hôpital, entre le sanitaire et le médicosocial.

C?est donc un des enjeux qui, avec d?autres aspects, notamment les problématiques de prévention qu?a commencé à décrire Karen, sont des enjeux majeurs, et également les impératifs d?environnement que Karen a aussi développés, notamment toute la problématique de la domotique, tous les services à domicile automatisés qui pourraient évidemment favoriser le maintien à domicile des personnes en perte d?autonomie.

C?est donc un enjeu de modernité sociale tout à fait essentiel, et donc je me félicite que notre Conseil ait décidé de mettre en place une M.I.E. pour travailler sur ces sujets et faire en sorte que notre ville acquière des capacités tout à fait exemplaires en la matière, car de nombreuses innovations sociales sont nécessaires. Cela sera donc passionnant.

Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGCP 2 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2011, SGCP 2 G).