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Mai 2011
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Conseil Municipal
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25 - 2011, DU 166 - Attribution de la dénomination “place Mohamed Bouazizi, en hommage au peuple tunisien et à sa révolution de janvier 2011”, à la voie identifiée par l’indicatif BO/14, dans la ZAC Alésia-Montsouris (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2011



 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DU 166 proposant d?attribuer à Mohammed Bouazizi le nom d?une place de la Z.A.C. Alésia-Montsouris.

Je donne la parole à M. le Maire du 14e arrondissement, Pascal CHERKI.

M. Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement. - Je vous remercie.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce n?est pas sans une grande émotion que je prends la parole pour vous dire ma fierté et mon immense plaisir de savoir que, à l?initiative du Maire de Paris, que je remercie profondément, le 14e arrondissement a été choisi pour accueillir la future place intitulée ?place Mohammed Bouazizi?, en hommage au peuple tunisien et à sa révolution de janvier 2011.

La révolution tunisienne, qui n?est pas terminée, a été le signal déclencheur de l?immense vague qui parcourt actuellement le monde arabe.

Cette vague vient de loin, elle vient de la chute du mur de Berlin qui a sonné le grand réveil des peuples corsetés dans le monde issu du partage de Yalta.

Une vague qui a commencé en Europe, qui s?est momentanément brisée sur la place Tien An Men, qui a poursuivi son cours en Amérique latine avec la chute des régimes corrompus et soumis à l?idéologie néolibérale.

Une vague qui atteint maintenant les régimes dictatoriaux et népotiques du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient et qui, je n?en doute pas un seul instant, finira d?une manière ou d?une autre par revenir sur le continent européen.

Nous sommes entrés à nouveau, ainsi que le caractérisait en son temps Lénine, qui savait de quoi il parlait, nous sommes revenus dans l?ère des guerres et des révolutions, une ère faite d?aspirations démocratiques, de rejet de la corruption et des inégalités sociales qui déchirent nos sociétés.

Notre devoir de Parisiens, par tous les moyens et toute la force que nous donnent nos convictions démocratiques, est de nous tenir aux côtés de ces peuples, de ces hommes et de ces femmes qui, partout dans le monde arabe, luttent avec beaucoup de courage pour reconquérir leur souveraineté collective, leur souveraineté nationale, leur souveraineté populaire, jusque-là confisquée par la Sainte Alliance des forces de la globalisation financière, de la répression sécuritaire et de la corruption clanique.

Je veux terminer ce propos en remerciant le Maire de Paris d?avoir le courage, face au gouvernement français, qui ne manque pas de cynisme, d?avoir le courage de tendre une main fraternelle à ces pauvres Tunisiens, nos frères, échoués sur les rives de la petite île de Lampedusa, ces quelque 20.000 Tunisiens, désespérés et en quête d?un avenir meilleur, qui frappent à la porte d?une Europe qui pourrait réaliser cet effort d?accueil quand, dans le même temps, en raison du chaos provoqué par la guerre en Libye, le peuple tunisien, lui, n?hésite pas à accueillir plusieurs centaines de milliers de Libyens qui fuient les bombes dont certaines sont lancées par nos propres avions.

Mes chers collègues, l?avenir de la France ne peut être dissocié de l?avenir du Bassin méditerranéen. C?est pourquoi, aujourd?hui, en nous apprêtant à voter cette délibération, nous faisons un geste symbolique de confiance et d?espoir envers un futur que nous devons écrire ensemble de part et d?autre de la Méditerranée.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues, je ne peux que m?associer aux propos de Pascal CHERKI pour partager avec vous à la fois notre émotion et notre fierté en tant que Parisiens, évidemment, que la Ville de Paris s?honore d?être la première collectivité locale qui mettra un symbole, le nom de ce héros malgré lui, Mohamed Bouazizi, qui a été le déclencheur et le libérateur de la volonté des peuples. Je le disais ce matin, il a réveillé, je crois, la conscience du monde arabe mais aussi la conscience des diplomaties occidentales à l?égard de l?exigence que nous devons avoir à accepter, à comprendre et à nous battre pour affirmer que la démocratie et la liberté, c?est la condition sine qua non au développement des peuples et qu?aucun peuple ne peut être a priori jugé comme étant incompatible avec la démocratie, ce que nos diplomaties ont bien trop longtemps considéré.

La Ville de Paris s?honore donc de ce symbole et je suis d?autant plus fier, effectivement, que ce symbole puisse trouver une expression dans le 14e arrondissement. Nous sommes, je le crois, fidèles à l?Histoire de Paris, à ses combats pour la démocratie, à ses combats pour la liberté et l?autodétermination des peuples.

Donc, je félicite l?Exécutif d?autant plus que cette place sera située dans la Z.A.C. ?Alésia-Montsouris?.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Madame CARRÈRE-GÉE est inscrite.

Je vous donne la parole, Madame.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, Mohamed Bouazizi avait 27 ans. Par son sacrifice, il a libéré des énergies et des forces magnifiques : celles de la liberté et celles de la démocratie, en Tunisie, bien sûr, partout dans le monde arabe, mais aussi au-delà. L?immense courage de ce jeune homme, son esprit de résistance nous ont aussi collectivement fait progresser.

En Tunisie, l?avenue du 7 novembre, symbole de la prise du pouvoir par Ben Ali, débaptisée, devient l?avenue Mohamed Bouazizi. C?est un honneur tout particulier pour le 14e arrondissement d?avoir été choisi pour perpétuer sa mémoire à Paris et traduire aussi tout notre soutien à la nouvelle démocratie tunisienne.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Sylvain GAREL a demandé une explication de vote, avant qu?Anne HIDALGO ne réponde.

M. Sylvain GAREL. - Très rapidement, simplement pour nous féliciter de l?unanimité pour cette dénomination. Nous avions proposé un v?u lors d?un précédent Conseil de Paris demandant cette dénomination d?une voie pour Mohamed Bouazizi. Nous sommes heureux que cela se fasse dans l?unanimité et aussi rapidement.

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Je voudrais me réjouir avec l?ensemble de mes collègues.

C?est vrai que nous avions, à la demande, je crois, du groupe ?Les Verts? - cela a été rappelé par Sylvain GAREL -, voté en 9e Commission, avec Pierre SCHAPIRA, un v?u qui avait été adopté à l?unanimité. C?était déjà, je crois, un élément important pour nous tous, de reconnaître cette place Mohamed Bouazizi.

Nous nous retrouvons un ou deux mois après, ici en Conseil de Paris, et je voudrais remercier le 14e arrondissement. C?est vrai que beaucoup d?arrondissements se proposaient d?accueillir cette place, ce qui est aussi important, je crois. Donc, je remercie le 14e arrondissement de l?avoir accueillie.

Je me réjouis d?autant plus que nous votions aujourd?hui cette attribution de dénomination ?place Mohamed Bouazizi?, jour où, cet après-midi en Conseil général, nous avons, en présence du Maire, du Président du Conseil général, débattu longuement de l?aide apportée aux réfugiés tunisiens. Donc, je vois un symbole encore plus important dans le fait d?avoir un lieu spécifique dans la Z.A.C. ?Alésia-Montsouris? pour rendre hommage au peuple tunisien et à sa révolution de janvier 2011, à travers ce jeune martyr Mohamed Bouazizi.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci bien. Je pense que ce vote sera unanime.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 166.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2011, DU 166).