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Mai 2011
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Conseil Général
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25 - 2011, Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de gauche relatif à l'hébergement de nuit et l’ouverture d’un lieu d’accueil de jour au sein de la caserne des pompiers de Paris "Château-Landon", provisoirement inoccupée.

Débat/ Conseil général/ Mai 2011



 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant à la 7e Commission et à des v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération.

Nous prenons le v?u n° 13 G, qui est relatif à l'hébergement de nuit et l?ouverture d?un lieu d?accueil de jour au sein de la caserne des pompiers de Paris "Château-Landon" qui est provisoirement inoccupée. Ce v?u est déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche.

C'est M. Alain LHOSTIS qui le présente et Mme TROSTIANSKY qui y répondra.

Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS. - Monsieur le Président, nous avons évoqué la question de l?hébergement des populations étrangères qui résident dans la rue à propos des Tunisiens tout à l'heure. Nous avons le même problème et les mêmes difficultés concernant l'engagement insuffisant de l'Etat et, nous, la situation dans le 10e arrondissement de Paris dure depuis sept à huit années. Les élus de la majorité municipale locale et parisienne se sont beaucoup engagés pour accueillir ces populations et les aider.

Toutefois, il y a encore des dizaines et des dizaines de ces jeunes qui dorment en bas de nos immeubles - de mon immeuble, par exemple - chaque soir et qui ne peuvent pas être accueillis dans les places d'hébergement. D'ailleurs, l'Etat vient d'en supprimer pour l'été - la misère doit être plus belle au soleil ! - 1.200 places.

Et puis il y a le problème de la journée, où l'ensemble de ceux qui résident dehors la nuit et ceux qui sont accueillis la nuit se retrouvent pendant toute la journée sans lieu où se poser, sans lieu où se reposer, sans lieu dans lequel ils peuvent prendre un moment de repos, de repas et de contact avec la vie associative.

M. Christian SAUTTER, président. - Il faut conclure, Monsieur LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS. - Nous avons proposé à plusieurs reprises que la caserne "Château-Landon", désaffectée depuis 8 ans, soit ouverte au rez-de-chaussée pour pouvoir les accueillir et nous renouvelons, au travers de ce v?u, cette demande.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur LHOSTIS.

Madame TROSTIANSKY, quel est votre avis sur le v?u n° 13 G ?

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente. - Monsieur le Président, je ne compte plus le nombre de Conseils où le sujet des exilés du 10e arrondissement a été abordé. Plusieurs v?ux présentés par la majorité et l?Exécutif ont été votés et je ne m'arrêterai pas sur la situation dramatique de ces dizaines de jeunes hommes en errance que chacun ici connaît parfaitement.

Je rappelle une nouvelle fois que c'est de la responsabilité de l'Etat de financer des places d'hébergement et d?assurer un accompagnement social et sanitaire adapté. Il ne s'agit pas uniquement de mise à l'abri pendant la période hivernale mais bien de places d'hébergement pérennes, respectant le principe de non-remise à la rue.

Ceci exige aussi le renforcement des places de C.A.D.A. en Ile-de-France.

Pour revenir aux exilés du 10e arrondissement, j'ai ici deux courriers du Préfet de police datant du début de l'année 2011.

Le premier fait suite au v?u déposé en décembre 2010, sur l'utilisation de la caserne "Château-Landon". Il indique, Monsieur LHOSTIS, clairement que cet endroit est inutilisable pour des raisons de sécurité. Le courrier précise également que des centres d'hébergement accueillent chaque soir des personnes en situation régulière ou non, notamment à Montparnasse. Je voulais rappeler au Préfet que Montparnasse est fermé depuis le 31 mars, comme des centaines d?autres places.

Le second courrier fait un point sur la situation des exilés du 10e arrondissement et constate une diminution des personnes présentes, due, entre autres, à l'effort fait pour offrir des solutions d?hébergement d'urgence dans le cadre du plan hivernal. Il indique que, pour pallier la fermeture des places hivernales, une centaine de demandeurs d'asile supplémentaires sera orientée vers les C.A.D.A. (centres d'accueil pour demandeurs d'asile).

Je vous propose donc de faire un point très rapidement avec le cabinet du Préfet de police sur ses orientations.

Les élus, les habitants du 10e arrondissement et les associations ont une vision beaucoup moins optimiste de la situation et ne peuvent que constater le retour de dizaines de jeunes hommes, en particulier le long du canal, comme l?a souligné M. LHOSTIS.

J'en viens également aux mineurs étrangers isolés, dont a la charge Romain LÉVY. Le Département de Paris est le seul à contribuer en France de manière aussi significative à l'effort de solidarité que constitue leur accueil, suivi de très près par la Seine-Saint-Denis. Les élus de ces deux départements ont alerté à de multiples reprises l'Etat sur cette situation dramatique, en demandant la création d?une plateforme régionale.

Je voulais vous dire et vous rappeler qu?en 2010, le rapport de la sénatrice U.M.P. Isabelle DEBRÉ rappelait une nouvelle fois que l'accueil des mineurs étrangers ne pouvait peser sur un Département seul. Elle proposait la mise en place d'une solidarité interdépartementale sous forme d'une plateforme régionale d'accueil, répartissant les flux sur le territoire de l'Ile-de-France.

A ce jour, ses recommandations sont restées lettre morte et le Département de Paris continue d'affronter seul, sans soutien de l'Etat, la situation exceptionnelle à laquelle il est confronté.

Je vous propose, Monsieur le Président, de voter ce v?u, en demandant à la Préfecture de police d'étudier très sérieusement la possibilité d'aménager non pas la totalité de la caserne mais une partie.

Merci.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci beaucoup, Madame TROSTIANSKY, pour avoir donné un avis favorable.

Monsieur LHOSTIS, vous voulez retirer votre v?u ?

M. Alain LHOSTIS. - Il ne faut pas plaisanter avec le problème des exilés.

D'ailleurs, je remercie Mme TROSTIANSKY d'avoir répondu précisément.

Je veux dire simplement que, concernant l?état de la caserne, c'est faux, et, deuxièmement, concernant le nombre des exilés qui dorment dehors, si vous le voulez, tous, ce soir nous le faisons régulièrement avec Olga - venez en bas de mon immeuble et on verra.

Je tenais à dire cela. Elle n'a pas dit le contraire, mais je tiens à dire cela puisqu'elle a lu une lettre du Préfet de police pleine d'assertions fausses.

Nous sommes en formation de Conseil général, donc le représentant du Préfet ne siège pas. Je ne souhaite pas d'ailleurs qu'il siège au Conseil municipal, c'est une situation d'exception en France, mais j'aurais pu l'interpeller en séance si cela avait été inscrit à l'ordre du jour du Conseil municipal. Je le ferai la prochaine fois...

Oui, moi, je trouve que c?est quand même une situation d?exception.

En tout cas, sur cette question, vraiment, il faut que nous obtenions une réponse.

M. Christian SAUTTER, président. - Pour l'instant, nous allons passer au vote.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 27 G).