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Mars 2011
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11 - 2011, Vœu déposé par le groupe PCF/PG relatif à la campagne "un bateau français pour Gaza".

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous poursuivons avec le v?u n° 8 déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, relatif à la campagne "Un bateau français pour Gaza".

Monsieur LHOSTIS, vous avez la parole.

M. Alain LHOSTIS. - Le blocus de la bande de Gaza par le Gouvernement israélien se poursuit.

La mesure prise par celui-ci de l?alléger demeure largement insuffisante par rapport aux besoins de la population, qui ne peut toujours ni sortir ni exporter ses produits.

Aujourd'hui, les menées de la diplomatie internationale et française n?ont amené aucun changement notable, et la situation humanitaire de ce territoire n?est pas moins préoccupante.

C?est pourquoi, considérant que la Ville de Paris s?est toujours montrée solidaire des peuples touchés par des catastrophes naturelles ou victimes de la guerre, notamment du peuple palestinien à qui elle a apporté une aide humanitaire à la suite d'un v?u du Conseil de Paris de février 2009 ;

Sur proposition d?Alain LHOSTIS et des élus du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris dénonce le blocus de la bande de Gaza et demande que le Gouvernement français et la communauté internationale agissent pour sa levée, dans le respect du droit international, et soutient la campagne "Un bateau français pour Gaza" lancée par 60 associations, syndicats et partis politiques dont le but est de rompre symboliquement le blocus.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur LHOSTIS.

M. SCHAPIRA, pour vous répondre.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Effectivement, il y a le blocus de Gaza. Nous nous sommes toujours d'ailleurs exprimés contre ce blocus, qui provoque évidemment une situation difficile.

Mais, je dois dire quand même, pour être près de la vérité - je tiens les informations des ambassadeurs -, que le blocus a quand même évolué. Un certain nombre de produits peuvent rentrer, sauf des matériaux de construction, mais ils peuvent rentrer s?il y a l'autorisation des Nations Unies.

Cela a permis à la France, d'ailleurs, de refaire le centre culturel de Gaza, de participer à la réfection de l'hôpital Al-Quds et de faire à Benjaliah* un certain nombre de travaux, concernant l'eau et l'assainissement.

Il y a donc des passages, mais c'est vrai que tout peut passer, sauf les matériaux de construction, s'ils ne sont pas soumis à l'autorisation de l'O.N.U. et du Gouvernement israélien.

Par ailleurs, même s?il y a blocus, des agrumes et d?autres légumes peuvent être exportés. C'est assez récent, mais je le tiens de nos postes dans la région.

C'est vrai que le blocus est maintenu par les autorités israéliennes, mais il y a une situation évidemment extrêmement délicate en ce moment, puisqu'il y a eu des échanges de tirs entre Gaza et le Sud d?Israël, avec réponse des Israéliens, entraînent des morts, des blessés du Jihad islamique mais aussi des civils.

Je suis plutôt favorable à la première partie de votre v?u mais défavorable à la deuxième partie.

S'agissant du "bateau pour Gaza", ce type d'initiative est mené par un collectif de personnes qui ont une vision assez manichéenne de la situation. Compte tenu de la situation qui s'est fortement dégradée depuis 15 jours avec, d'une part, l'attentat contre le bus de la gare routière de Jérusalem, l'assassinat sauvage d'une famille qui vivait dans les colonies, l'envoi de roquettes, comme je le disais à l?instant, de la bande de Gaza sur le territoire israélien et la riposte qui a tué des civils mais aussi des membres du Jihad islamique, je pense que ce "bateau pour Gaza" est une réponse qui n?est pas appropriés.

Par ailleurs, il y a une tentative de dialogue interpalestinien, initiée par Mahmoud Abbas, comme vous le savez, et une recherche partielle de la trêve par le Hamas auprès d?Israël. Avec la situation telle qu'elle est en Syrie - on n?en a pas parlé mais on aurait pu en parler tout à l'heure : ce qui se passe en Syrie est assez extraordinaire -, la situation qui se passe en Jordanie et évidemment en Egypte, je pense qu'il faudrait quand même une certaine prudence.

L'initiative de la campagne "un bateau pour Gaza" ne contribue pas à une levée rapide de cet embargo, de ce blocus. Il faudrait un climat plus serein entre l'Autorité palestinienne et le Gouvernement israélien.

Très sincèrement, je crois que la flottille qui serait au large de Gaza contribuerait plutôt à une provocation dans une situation qui est en train d'évoluer.

C'est pour cela qu'au nom de l'Exécutif, j?émets un avis négatif sur cette deuxième partie du v?u.

Donc, moi, je demande, Madame la Maire, une dissociation : on vote la première partie parce qu?on est contre le blocus et on vote contre la deuxième partie parce qu?on trouve inappropriée l?envoi de la flottille.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Monsieur SCHAPIRA.

Alain LHOSTIS a la parole.

M. Alain LHOSTIS. - On ne peut pas à la fois dénoncer le blocus et ne pas être solidaire d'une initiative pacifique pour porter des denrées à des populations. Ces associations sont accompagnées par de très nombreux élus de toute la France, donc nous maintenons, pour ce qui nous concerne, notre v?u avec beaucoup de sérénité et, pour ceux qui se sont opposés à cette solidarité ou qui la négocient, quand j'entends certains qui parlent de ce qui se passe en Libye, en Tunisie ou ailleurs, j'espère qu'ils n'auront pas à le regretter ultérieurement quand ces peuples se seront libérés de leur situation actuelle.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Vous maintenez le v?u tel quel, donc il y aura un avis défavorable de l'Exécutif.

Je donne la parole, pour une explication de vote à Mme HOFFENBERG, puis à M. GAREL, puis à M. CAFFET.

Mme Valérie HOFFENBERG. - Concernant le blocus, la France n'a pas attendu le Conseil de Paris pour demander de l'alléger. Nos demandes ont été écoutées par les Israéliens qui, comme l?a dit Pierre SCHAPIRA, ont beaucoup allégé le blocus. Il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza, il y a de la nourriture dans les magasins de Gaza et permettez-moi de vous dire que j?y étais il y a 3 semaines, donc j'ai pu aller vérifier sur place. En aucun cas, nous n'avons besoin d'une flottille !

D?autre part, cette initiative est dangereuse. Elle aura comme seule conséquence d'encourager la violence et les antagonismes entre Israéliens et Palestiniens. Aujourd'hui, avec la Communauté internationale, nous faisons en sorte que la plupart des marchandises entrent de façon normale à Gaza et ce bateau n'aura que des conséquences dangereuses.

Donc, le groupe U.M.P. ne s'associera pas à cette demande.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Monsieur GAREL, vous avez la parole.

M. Sylvain GAREL. - Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT pour l'explication de vote du groupe.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Quelques mois après l'assaut contre "la Flottille de la Liberté", que d?ailleurs l?O.N.U. a considéré comme une violation grave des droits de l'Homme, des associations, des syndicats et des partis politiques ont souhaité lancer la campagne "Un bateau français pour Gaza". Cette campagne a pour but de dénoncer et de briser symboliquement le siège de Gaza pour faire respecter le droit international et de répondre à la crise humanitaire que subissent 1,5 million de Palestiniens qui vivent à Gaza. C'est ce dont ont pu témoigner samedi dernier, salle Jean Dame dans le 2e arrondissement, les promoteurs de cette campagne et la Compagnie Erinna qui a tenu une réunion devant un public nombreux. Ils ont souligné que le blocus de Gaza, c'est d'abord et avant tout un blocus culturel qu'il convient de briser.

Le programme s?est déroulé dans une ambiance conviviale pour la paix et pour la promotion du droit international. C'est bien dans cette optique que le groupe "Europe Ecologie" soutiendra le v?u du Parti de Gauche tel qu?il a été présenté.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Monsieur Jean-Pierre CAFFET, vous avez la parole pour le groupe socialiste, P.R.G. et apparentés.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Madame la Maire.

Si je peux m'exprimer, Monsieur GAREL !

M. Sylvain GAREL. - Oui.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci.

Je crois qu'il y a deux aspects dans ce v?u.

Le premier aspect demande que le Gouvernement français, avec la Communauté internationale, agisse, dans le cadre et dans le respect du droit international, pour la levée du blocus de Gaza. Cet aspect-là ne me pose rigoureusement aucun problème et ne pose aucun problème à mon groupe. Nous avons déjà affirmé à de nombreuses reprises dans cette enceinte que nous étions pour la levée du blocus de Gaza. Donc, dans le respect du droit international, demander que le Gouvernement et que la Communauté internationale agissent, franchement, nous le voterons des deux mains.

En revanche, vous nous demandez, mon cher Alain LHOSTIS, de nous associer au deuxième aspect, ce deuxième aspect étant "Un bateau français pour Gaza". C'est une initiative qui a été lancée par 60 associations, syndicats, partis politiques, à laquelle mon parti politique ne s?est pas associé, en tout cas à ma connaissance aujourd'hui. Je partage, sur ce deuxième aspect, l'opinion de Pierre SCHAPIRA. Nous ne pensons pas que cela soit une initiative de nature à faire évoluer de manière significative la situation de ce blocus.

J'ajoute, par ailleurs, que la dernière fois qu'une telle initiative a été prise, et nous en avons débattu dans cet hémicycle, cela s'est terminé par un drame et des morts. Je ne suis pas sûr que cette initiative, à un moment où la tension renaît dans ce territoire, dans cette partie du monde, et il suffit de regarder les informations pour comprendre que la tension est de plus en plus forte à l'heure actuelle, pour déboucher sur une situation que personne ne peut maîtriser, je ne suis pas sûr que cette initiative soit de nature à débloquer la situation et à faire en sorte que la cause de la levée du blocus de Gaza avance.

Dès lors, il y a deux solutions, Monsieur LHOSTIS :

- ou vous acceptez la dissociation et, à ce moment-là, nous voterons le premier aspect de votre v?u ;

- ou vous ne l'acceptez pas, vous nous mettez devant le fait accompli consistant à nous associer à cette initiative que nous ne partageons pas et, à ce moment-là, mon groupe votera contre l'intégralité de ce v?u à regret.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Je crois que M. LHOSTIS s'était exprimé sur ce point et semblait vouloir maintenir l?unité de son v?u.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u n° 8 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.