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Mars 2011
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59 - 2011, Vœu déposé par le groupe C.I. relatif à la diffusion par la Ville de Paris de données publiques en sa possession.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons les v?ux qui ne se rattachent à aucun projet de délibération, notamment le v?u n° 39 qui est déposé par le groupe Centre et Indépendants, relatif à la diffusion par la Ville de Paris des données publiques en sa possession.

Madame Geneviève BERTRAND, vous avez la parole.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Madame la Maire.

Pour avoir assisté il y a 15 jours, au siège de la société "Microsoft France", à la démonstration organisée sur le thème "Open data, et nous, et nous, et nous ?", j'ai pu y écouter M. MISSIKA intervenir pour la Ville de Paris ainsi que de nombreux responsables d'initiatives du Canada, du Royaume-Uni, de Rennes et de Nantes, qui sont promotrices en la matière.

J'ai pu mesurer la prodigieuse utilisation qu'en font et pourront en faire les jeunes générations.

Je crois qu'il y a là une véritable révolution, pas seulement numérique, mais aussi sur le vivre ensemble, notamment dans les grandes villes, qui nous attend.

M. MISSIKA disait en substance que la Ville de Paris a souhaité diffuser les données publiques en sa possession, se conformant de la sorte à une exigence de transparence et de démocratie, censée générer autant d'initiatives citoyennes et entrepreneuriales.

Ce faisant, la collectivité ne fait qu'appliquer l'ordonnance du 6 juin 2005, qui prévoit que les informations figurant dans les documents élaborés ou détenus par les administrations peuvent être utilisées par toute personne qui le souhaite.

La communication de ces données par la Ville de Paris, par le biais de la licence libre "Open data" accroît leur visibilité en agrégeant des informations présentées d'une façon qui existe, mais plus diffuse, sur le site www.paris.fr.

Seules sont exclues du dispositif de diffusion les données protégées par la loi, les documents non communicables au titre du droit d'accès garanti par la loi de 1978, les données sur lesquelles les tiers détiennent des droits de propriété intellectuelle et les données nominatives ou à caractère personnel.

Cela, par conséquent, n'interdit donc aucunement de diffuser les données financières et budgétaires, ce que la collectivité parisienne ne semble pas faire, pour le moment, contrairement aux Villes de San Francisco et de Londres.

C'est la raison pour laquelle le groupe Centre et Indépendants souhaite que les jeux de données financières soient communiqués dans le cadre de la diffusion par la Ville de Paris des données publiques en sa possession par le biais de la licence "Open data".

Je vous remercie.

(M. Francois DAGNAUD, adjoint, remplace Mme Anne HIDALGO au fauteuil de la présidence).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, chère collègue.

Pour vous répondre, Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Chère Geneviève BERTRAND, chers collègues, je suis très favorable à votre v?u, comme je suis très favorable à la libération des données financières de la Ville de Paris, dans un but de transparence démocratique et pour une meilleure lisibilité des politiques publiques .

Nous sommes à vrai dire déjà à pied d'?uvre pour fournir, dans les mois qui viennent, un certain nombre de données et notamment de données financières, qui permettront par exemple à des associations telles que l?"Open Knowledge Foundation" de réaliser pour Paris un site similaire à celui qui existe en Grande-Bretagne et qui s'appelle "Where does my money go ?", qui permet au contribuable britannique de voir, précisément, à quoi servent ses impôts.

Je pense même que, à cette occasion, nous pourrons faire un peu d'archéologie financière et fournir, à titre comparatif, les données financières de la période 1974-2001 qui, n'en doutons pas, fourniront aux Parisiens un point de comparaison tout à fait intéressant.

Je vous invite, par ailleurs, puisque le groupe auquel vous appartenez est membre de la majorité présidentielle, à être tout aussi opiniâtre vis-à-vis de vos collègues de la majorité présidentielle, afin que l'État se lance enfin dans une ouverture des données publiques digne de ce nom et cesse de se contenter d'effets d'annonce ou de contresens majeurs, comme l'idée de faire payer les données au public.

Puisque certains des membres de votre groupe sont membres du Parlement, je ne doute pas qu'ils soient efficaces pour obtenir la délivrance d'informations tout à fait passionnantes, au niveau national.

Quelques mots sur cette politique "Open data" de Paris. Aujourd'hui, ce sont environ 22.000 téléchargements des données, 50.000 visiteurs en provenance d'une cinquantaine de pays - c'est dire si les questions de données publiques parisiennes intéressent dans le monde entier -, des centaines de commentaires, de propositions et d'avis reçus sur le forum du site "opendata.paris.fr" et une bonne couverture de la presse grand public généraliste de cette politique de libération des données.

Alors même que le premier lâché de données est récent et limité, nous avons vu, dès les premiers jours suivant l'ouverture du site, l'émergence des premières réutilisations sous la forme de visualisations, d'applications web, de cartographies qui fournissent un service gratuits aux Parisiens.

On peut citer notamment :

- une carte interactive sur l?historique des noms de rues de Paris, qui met en valeur le très riche patrimoine des quartiers parisiens ;

- une visualisation sur l'état civil parisien de ces six dernières années - et je vous recommande l?analyse de l?évolution de la popularité des prénoms Carla et Nicolas, notamment - ;

- une géolocalisation des 70 espèces d'arbres présentes à Paris, mettant en valeur la biodiversité - je vous signale qu'aujourd'hui les associations d'allergiques utilisent cette cartographie pour faire des recommandations sur la circulation à Paris de leurs adhérents -,

- une carte électorale interactive amusante, comment vote votre voisin ;

- une interface de localisation des équipements de proximité extrêmement efficace ;

- un outil pour trouver la colonne de verre la plus proche de chez soi ;

- une visualisation sur les prénoms les plus donnés à Paris ;

- un enrichissement de la cartographie de Paris.

Tous ces services aux Parisiens sont des services gratuits et ils seront sans aucun doute enrichis dans les années à venir avec la libération de nouvelles données que nous allons opérer avant la fin du mois d?avril.

C'est pourquoi j'émets un avis très favorable à votre v?u de libération de données financières de la Ville de Paris.

Cette libération pourra se faire dans le cadre que nous nous sommes donné et en respectant évidemment la loi, notamment en ce qui concerne la vie privée et la communication de données nominatives.

Il y a de très nombreuses données concernant les finances publiques qui sont déjà publiques, mais communiquées sous une forme qui ne permet pas une réutilisation simple par tout un chacun, et nous commencerons par celles-ci.

La transparence et l'accès à l'information sont des conditions de la vie démocratique et de la participation des citoyens à l?action publique, c?est vrai à l?échelon local mais cela devrait être aussi vrai à l?échelon national.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est donc adopté à l'unanimité, félicitations. (2011, V. 71).