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Mars 2011
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Conseil Municipal
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31 - 2011, DAC 82 - Signature d'une convention avec la Fondation du Patrimoine fixant le principe d'une campagne de souscription organisée pour contribuer au financement de la restauration de 3 verrières d'Abel de Pujol à l'église Sainte Elisabeth à Paris (3e).

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous abordons maintenant le projet de délibération DAC 82. Il s'agit de la signature d'une convention avec la Fondation du patrimoine fixant le principe d'une campagne de souscription organisée pour la restauration de trois verrières d'Abel de Pujol à l'église Sainte-Elisabeth à Paris, dans le 3e arrondissement.

La parole est à Mme CHRISTIENNE.

Mme Odette CHRISTIENNE. - Merci, Monsieur le Maire.

Paris conduit une action culturelle qui ne néglige aucune forme d'expression artistique, encourage tous les talents et offre des lieux pour favoriser la création contemporaine. Nous ne rappelons pour preuve que l'installation récente dans l'ancien théâtre de la Gaîté Lyrique, d?espaces où les arts numériques peuvent se développer pleinement et où, selon Frédéric Edelmann, on peut "pressentir le potentiel d'une impressionnante boîte à outils".

Pour autant, Paris ne néglige pas un patrimoine conservé à travers le temps et les vicissitudes de son histoire compliquée. Les riches témoignages du passé ne sont pas que des objets de délectation pour les touristes et les visiteurs de musées et ils n?intéressent pas seulement les historiens d?art mais tous les historiens, et aussi les ethnologues, les sociologues et permettent ainsi en saisissant le contexte dans lequel ces ?uvres ont été créées d'écrire l'histoire de l'Ile-de-France et l'histoire de Paris.

Aussi, aujourd'hui, je veux saluer la volonté de remettre en état trois verrières de l'église Sainte-Elisabeth du 3e arrondissement, église paroissiale depuis 1863. Elles représentent Saint-Jean l'évangéliste, Saint-Joseph et un Saint-Jean-Baptiste dont la puissante représentation impressionne.

L'intérêt de ces verrières situées sur le bas-côté droit de l'église est indéniable, non seulement par la qualité des ?uvres mais parce qu'elles constituent de rares témoignages du renouveau de l'art du vitrail sous la Restauration.

En effet, en France au XVIIIe siècle, le clergé, sous l'impulsion de la hiérarchie religieuse, fait détruire de nombreux vitraux anciens pour favoriser la clarté dans les églises si bien que faute de commandes, la maîtrise technique de ce type d'ouvrage s'était perdue.

Cependant, à Londres, au début du XIXe siècle, dans les ateliers d?artistes, on poursuivait la réalisation de vitraux en couleur.

Dès lors, dès 1823, sur recommandation d'un amateur d'art parisien résidant en Angleterre, Louis de Noé, le Préfet de la Seine, le comte de Chabrol, commande dans l?atelier de Collins trois verrières destinées à l'église Sainte-Elisabeth. C'était un début.

Les verrières, mises en valeur aujourd'hui, ont été réalisées à partir des cartons d'un peintre français, Abel de Pujol, élève de David, par les Anglais Edward Jones et Warren-White. Ceux-ci se déplacèrent en France et on assista alors à la création d'ateliers aux environs de la Capitale, et en particulier à la Manufacture de Sèvres, ou à Choisy-le-Roi.

Ainsi, furent construites, furent élaborées ces trois verrières.

Ces verrières parisiennes et franciliennes sont d?autant plus précieuses qu?elles sont rares. Leur réfection est donc à la fois un sauvetage d??uvre d?art et l'occasion de rappeler l'importance de leur histoire, au sein du mouvement artistique.

Il faut encourager la campagne de souscription organisée par la Fondation du patrimoine pour la sauvegarde de ces ?uvres d'art.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Danièle POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais bien entendu remercier Odette CHRISTIENNE d'attirer l'attention de notre Conseil sur l'importance du patrimoine que représentent les vitraux de nos églises parisiennes et sur les efforts entrepris par la Ville pour les restaurer.

Nous disposons d'un plan vitrail de 600.000 euros sur la mandature, qui nous permet de lancer des campagnes de restauration et d'entretien, comme celles que nous allons réaliser à Sainte-Elisabeth.

Les vitraux les plus anciens à Paris remontent au XIIIe siècle. Ce sont des fragments de vitraux de Saint-Germain-des-Prés dont certaines parties du bâtiment remontent au Moyen Âge.

Les moins remaniés, qui datent du tout début de la Renaissance, vers 1500, se situent dans le transept de l'église Saint-Germain-l?Auxerrois.

Concernant plus précisément Sainte-Elisabeth, ses vitraux sont effectivement rares puisque, comme vous l'avez rappelé, chère collègue, ils ne datent pas de la construction de Sainte-Elisabeth au XVIIe siècle, mais de la campagne d?agrandissement de cette église menée en 1827-1829. Ils ont été réalisés par deux maîtres verriers anglais, Jones et Warren-White, d'après des cartons du peintre Abel de Pujol, et ils sont un témoignage quasi-unique à Paris du renouveau du vitrail en France sous la Restauration.

Ceux qui nous restent sont d?autant plus précieux qu'ils sont les seuls à être parvenus jusqu'à nous.

En effet, vous l'avez rappelé également, en 1827, une autre série de trois vitraux représentant la Foi, l'Espérance et la Charité avait été commandée aux ateliers anglais de William Collins, mais ils ont été détruits en 1918, lors de l'explosion du dépôt de grenades de la Courneuve, qui fut si violente qu'elle a entraîné de nombreux dommages à Paris même.

Dernière chose, que je voudrais signaler, vous l'avez rappelé également, c'est l'objet de cette délibération, cette restauration sera soutenue par la Fondation du patrimoine qui va lancer une souscription et qui n'exclut pas de la compléter par ses fonds propres.

Je voudrais donc saluer l'engagement de la Fondation du patrimoine, remercier par avance tout ceux qui, amoureux de ces vitraux, comme vous l?êtes, chère collègue, répondront à son appel pour redonner aux vitraux de Sainte-Elisabeth leur lustre d?antan.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 82.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2011, DAC 82).