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Mars 2011
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Conseil Municipal
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39 - 2011, DAC 91 - Modification de la garantie accordée par la Ville de Paris aux emprunts contractés par l'association "Philharmonie de Paris", 211, avenue Jean-Jaurès (19e) pour la réalisation d'une salle philharmonique.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 91 relatif à la modification de la garantie accordée aux prêts contractés par l'association "Philharmonie de Paris".

Danielle FOURNIER est inscrite ; Bernard GAUDILLÈRE lui répondra.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Le projet de délibération qui est proposé à notre vote nous propose d'augmenter de manière sensible la garantie accordée par la Ville de Paris à l'association "Philharmonie de Paris" pour réaliser une salle de concert, et je souhaite saisir cette occasion pour faire état des réserves de mon groupe sur ce projet.

Ce projet d'une grande salle philharmonique en France, et à Paris, est ancien, et il a beaucoup peiné à voir le jour. D'ailleurs, c'en est un des avatars, puisque la date d'ouverture, d'abord fixée à 2012, est maintenant reportée à 2014.

De retards en avenants, la Ville a déjà connu des chantiers pharaoniques qui engendrent quantités de dépenses supplémentaires. Et ce projet extrêmement coûteux, cofinancé à parité avec l'État, avec une petite aide de la Région, s'inscrit dans un contexte particulier qui fait parfois douter de sa pertinence.

En effet, on nous répète que Paris ne figure pas parmi les grandes capitales mondiales en matière symphonique et ne peut accueillir les grandes tournées, faute de lieu adapté. Mais Paris compte au moins deux salles dédiées en partie à la musique symphonique : le nouvel auditorium de Radio France et le théâtre des Champs-Élysées.

De plus, le public et les artistes peuvent également compter sur l'existence de salles non spécifiquement dédiées à la musique symphonique, mais qui proposent une programmation musicale classique ou lyrique : le théâtre du Châtelet, l'opéra Bastille, l'opéra Garnier, l'opéra Comique, la salle Gaveau, sans oublier la salle Pleyel, sont des salles qui ont toutes une jauge importante, entre 1.000 et 2.000 spectateurs, voire plus.

On ne peut donc pas raisonnablement parler du sous-équipement de Paris en la matière.

D'autre part, cette salle s?est fixée un objectif de départ de 400.000 spectateurs et espère en accueillir 600.000 en moyenne par an. C'est un pari très audacieux qui s'appuie à la fois sur l'hypothèse du déplacement des publics actuels mais aussi sur l'ouverture sur de nouveaux publics.

Mais il faut craindre que ce ne soit pas si facile. En effet, l?écoute de la musique classique et la fréquentation des concerts de musique classique ne cessent de reculer en France, et ce, notamment chez les jeunes générations et au sein des catégories populaires pour diverses raisons, dont celles du coût de la place.

Quant à la localisation, on nous vante cet équipement comme étant le fer de lance du Grand Paris dans sa version culturelle, mais il est situé encore une fois dans Paris et relève de la vision centralisatrice de l'État.

J'en viens enfin à l'aspect budgétaire. Depuis 2006, la Ville de Paris et l'État ont engagé des sommes importantes - environ 40 millions d'euros - pour financer les premiers travaux, notamment de terrassement, et le fonctionnement de l'association chargée de piloter les travaux et de préparer l'ouverture de la salle.

Si on regarde les différents documents, le coût total des travaux était estimés à 150 millions d'euros en 2006 et atteint aujourd'hui 350 millions d'euros en intégrant les modifications du cahier des charges et l'ensemble des autres dépenses de toutes natures.

Cette augmentation des coûts prévus initialement était, je crois, malheureusement prévisible compte tenu de la dérive observée par le passé à Paris, mais aussi plus généralement en France, pour la création d'établissements culturels.

Et je ne dirai rien des coûts d'exploitation de la philharmonie de Paris, qui risquent d'être très élevés et de s'opérer par redéploiement des crédits au détriment d'actions et de lieux culturels beaucoup plus modestes mais dont la pertinence, par rapport aux besoins des habitants, est elle manifeste.

Aussi, je le répète, nous sommes très réservés sur ce projet et nous nous abstiendrons sur cette délibération.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE a la parole.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, au nom de la 1ère Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme vous le savez, si l'adjoint aux affaires culturelles ne rapporte pas ce projet de délibération, c'est pour une raison juridique , puisqu'il est membre du Conseil d'administration de la Philharmonie et que par conséquent, il ne pouvait pas le rapporter.

J'aurais été très heureux de répondre à Mme FOURNIER sur l'équilibre entre la participation de l'État et de la Ville, etc., puisque ce sont des préoccupations budgétaires que je connais.

En revanche, s'agissant de la vocation de la salle, de sa place dans le paysage culturel parisien, je ne peux que transmettre ce que vous venez de dire à l'adjoint chargé des affaires culturelles qui, certainement, en fera une base de réflexion.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 91.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstention du groupe E.E.L.V.A.

Le projet de délibération est donc adopté. (2011, DAC 91).