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Mars 2011
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Conseil Municipal
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33 - 2011, DAC 23 - Apposition d'une plaque commémorative à la mémoire des victimes de l'attentat du 9 août 1982, 7, rue des Rosiers à Paris 4e. Montant : 2.920 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 23 sur lequel l'Exécutif a déposé l'amendement technique n° 19 bis.

Il s'agit de l'apposition d'une plaque commémorative à la mémoire des victimes de l?attentat du 9 août 1982, 7, rue des Rosiers à Paris 4e.

Je donne la parole à Mme Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, il s'agit plus exactement d'un retour de cette plaque, puisque cette plaque a disparu depuis quatre ans.

Tout le monde a en mémoire cet attentat de la rue des Rosiers. Il était environ 13 heures, à l'heure du déjeuner, le 9 août 1982 quand une explosion retentît dans le restaurant mythique de la cuisine juive polonaise, "Chez Jo Goldenberg", une grenade est lancée et deux terroristes, mitraillettes au poing, tirent sur les clients attablés.

L'émotion fut immense lors de cet attentat antisémite qui a coûté la vie à des victimes de toutes confessions.

Comme je le mentionnais dans le v?u que je présentais lors de notre Conseil de décembre 2010, la plaque qui fut apposée sur la façade en mosaïque jaune a disparu depuis 2007, suite à la vente du restaurant à une boutique de vêtements, quatre ans durant lesquels il ne restait plus que la trace de son emplacement.

Je voudrais donc ici remercier le Maire de Paris, Anne HIDALGO, Catherine VIEU-CHARIER et Christophe GIRARD et me féliciter de la rapidité avec laquelle ce v?u a été suivi d?effet et de l?hommage que Paris va pouvoir rendre à nouveau aux victimes du terrorisme aveugle et sanguinaire : Mohamed Benemmon, Andre Hezkia Niego, Grace Cuter, Anne Van Zanien, Denise Guerche Rossignol et Georges Demeter.

"Ne pas oublier, c'est aussi rester vigilant", avait déclaré le Président François Mitterrand venu en personne témoigner "de sa solidarité et de sa fidélité au souvenir", lors du premier anniversaire de cette triste commémoration.

Aussi, pour être fidèle au souvenir, la mention "attentat antisémite au restaurant Goldenberg" va figurer en titre sur cette plaque commémorative, c?est ainsi qu?il est inscrit dans la mémoire collective et je me félicite donc de voir cette délibération ainsi amendée avec cette précision historique.

La rue des Rosiers fut, comme cela est relaté dans l'exposé des motifs, la rue privilégiée de l'immigration juive au XIXe siècle, au c?ur du Pletzl. Cette plaque vise à faire refleurir les roses arrachées une première fois en un sombre été 42, comme le raconte la chanson de Silvain Reiner :

"C?était en plein Marais, une rue grouillait la vie belle et sa rage, une rue qui sentait le hareng qu?on fumait, la rue des oubliés, la rue des émigrés, la rue des retrouvailles, du Polak au Roumain, encore un bel été, un mois de liberté avant que ça déraille".

Des roses arrachées une seconde fois avec l'attentat de la rue des Rosiers, dont l?âme juive s?envole peu à peu au fur et à mesure que les lieux chargés de souvenirs et d?histoire sont vendus à des boutiques de vêtements, d?où l'importance de cette triste plaque qui sera de nouveau apposée sur la façade de ce qu'il reste du mythique restaurant Goldenberg de la rue des Rosiers.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Je tiens à remercier Karen TAÏEB parce qu'elle a évidemment fait accélérer la procédure en déposant le v?u. Nous avons donc trouvé une issue à cette triste affaire de la disparition de la plaque, et comme nous l'a très justement indiqué Karen TAÏEB, il était intéressant d'amender le v?u et de faire en sorte que la plaque soit, non pas réalisée à l'identique, mais puisse réexpliquer et recontextualiser.

Ainsi, je vais vous lire la plaque dont vous avez sans doute le texte sous les yeux, vous enlèverez la faute d'orthographe qui est à la quatrième ligne puisqu'il y a un s a fait. Je vous lis donc ce texte :

"Attentat antisémite le 9 août 1982. Ici, dans le restaurant Goldenberg, une fusillade et l'explosion d'une grenade ont fait 6 morts et 22 blessés.

À la mémoire de Mohamed Benemmon, Andre Hezkia Niego, Grace Cuter, Anne Van Zanien, Denise Guerche Rossignol, Georges Demeter, victimes du terrorisme".

Je voudrais rappeler aussi que cette rue des Rosiers a été particulièrement frappée le 16 juillet 1942 et que des enfants qui ont échappé à la dramatique rafle nous ont raconté combien il était poignant de voir jeter par terre toutes les photos et tous les documents qui jonchaient le sol. On est donc bien dans un lieu où l'âme juive dont a parlé Karen était très forte, et qui disparaît effectivement. Il nous semblait important de recontextualiser et de rappeler que c'était bien au restaurant Goldenberg, et non pas sur une boutique qui s'appelle "le temps des cerises" et qui n'a pas grand-chose à voir avec le Pletzl et toute sa culture.

Voilà, mes chers collègues, et je vous demande d'approuver cet amendement.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 19 bis.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

L'amendement est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 23 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté à l'unanimité. (2011, DAC 23).