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122 - 2011, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés pour la commémoration des accidentés du travail.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Nous passons maintenant au v?u n° 65, pour la commémoration des accidentés du travail, qui a été déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

Je redonne la parole à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Voilà, je crois, un sujet qui mériterait bien aussi une grande cause nationale, car dans le silence médiatique, dans l'indifférence, chaque année, meurent 2.200.000 personnes.

Le travail, ou plus exactement les mauvaises conditions de travail imposées aux salariés tuent plus que l'insécurité routière qui fait l'objet de plus de publicité (et c'est bien), plus que les guerres qui s'étalent sur nos écrans de télévision, cela sans que l'on parle jamais des accidentés du travail qui meurent tous les ans.

Léa FILOCHE et moi-même sommes conscientes des limites évidemment de notre v?u. Les victimes d?accident de travail ont d?abord droit à ce que leur famille soient correctement indemnisées. Elles ont droit à ce que les employeurs, lorsqu'ils sont responsables, soient durement sanctionnés.

Nous sommes également conscientes que la priorité doit être à l'amélioration des conditions de travail, et plus exactement des postes de travail, pour faire baisser ce nombre de victimes.

Que cela ne nous empêche pas de trouver le moyen de leur rendre hommage, à ces victimes oubliées, par un monument ou par une plaque commémorative à Paris. Nous suggérons également que cet hommage, cette forme d'hommage puisse être généralisée par une initiative au plan national.

Voilà, c'est tout simplement le but de ce v?u que je vous appelle à soutenir.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Merci, Madame BACHE. Pour vous répondre, je donne la parole à M. Jean-Marie LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci à Léa FILOCHE et à Marinette BACHE, de ce v?u très important.

Nous ne prenons pas toujours suffisamment la mesure du retard de notre pays en termes de reconnaissance des risques professionnels, à la fois dans leurs conséquences mortelles, mais aussi et surtout dans leur prévention.

En tout cas, je suis favorable à ce v?u. Je pense notamment à un drame, qui n'est pas suffisamment pris en compte aujourd'hui dans l'Histoire de notre pays, qui est celui du drame de l'amiante. Plus de 100.000 personnes sont décédées ou décéderont, à la suite de l'exposition à l'amiante.

Je pense qu'il serait important, à la fois pour la mémoire de ces personnes et plus largement de celle de tous les accidentés du travail, de faire en sorte que nous ayons à Paris un mémorial autour de cette affaire.

Mais l'importance aussi de ce rappel, c'est d'intervenir sur l'opinion publique et notamment dans les relations sociales, et singulièrement en direction des responsables d'entreprise, pour leur demander d'être beaucoup plus vigilants.

On entend souvent, ici et là, des gens protester contre le principe de précaution. Je pense que si ce principe de précaution avait été adopté, s'agissant de l'amiante, on aurait eu une autre situation que le drame que nous avons connu.

Avis favorable donc.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Merci, Monsieur LE GUEN.

Pour l'explication de vote, je donne la parole à M. CONTASSOT pour le groupe E.E.L.V.A.

M. Yves CONTASSOT. - Évidemment, nous ne pouvons que souscrire à la nécessité d'avoir une politique préventive, en matière d'accidents du travail, à la Ville comme ailleurs. C'est vraiment une priorité absolue.

Cela étant, ce v?u soulève des questions dans sa forme et pas dans son fond. On dit "rendre hommage aux victimes parisiennes", mais il y a bien des victimes qui meurent à Paris d'accidents du travail et qui ne sont pas parisiennes. On a l'impression que cela vise essentiellement le B.T.P. et les chantiers.

Il y a bien d'autres causes, y compris malheureusement j?ai eu à le vivre et je sais la douleur que cela représente, quand ce sont des salariés de la Ville qui meurent, notamment je pense à des éboueurs qui se font tuer sur la voie publique par des automobilistes totalement inconscients.

Ce v?u ne nous semble pas tout à fait bien rédigé, je le dis, et il mériterait sans doute d?être retravaillé. On ne va pas voter contre évidemment, mais en même temps il faut vraiment aller plus loin et travailler sur le fond.

C'est pourquoi nous ne voterons pas, ni contre ni pour, nous ne participerons pas au vote, même si nous en comprenons la démarche.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Une explication de vote de M. LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Madame la Présidente.

Une fois n?est pas coutume, nous sommes du même avis que M. CONTASSOT sur la rédaction de ce v?u. Je rejoins effectivement M. LE GUEN quand il évoque ce drame. Les difficultés qu'il y a à reconnaître, il faut bien le dire, les différentes victimes, qu'elles viennent d'ailleurs pas simplement des métiers du B.T.P., mais d'autres aussi qui ont été d'une façon ou d'une autre exposées à l'amiante.

On le voit d'ailleurs très bien dès qu'on veut, à Paris, rénover un bâtiment ancien, je pense en particulier aux écoles ou des bâtiments de bureaux comme la rue Olivier-de-Serres, l'immeuble de grande hauteur de cette rue, on constate aujourd'hui les trésors de précaution que nous prenons pour éviter une pollution atmosphérique, qui serait évidemment préjudiciable aux riverains.

Je souhaiterais effectivement, sinon nous ne prendrons pas part au vote, que ce v?u soit réécrit et que nous nous mettions d'accord à l?occasion d'une réunion intergroupe pour qu'on puisse exprimer cette dimension de reconnaissance, mais pas dans des termes qui mélangent un peu tout, et qui sont finalement très parcellaires quant à cette reconnaissance.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Madame BACHE, est-ce que vous maintenez le v?u tel qu?il est rédigé ou ferez-vous une autre proposition ?

Mme Marinette BACHE. - Bien évidemment, je maintiens le v?u et si M. LAMOUR fait un v?u beaucoup plus large, je le voterai.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Monsieur LE GUEN ?

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Je constate, sous réserve de contradiction, que c'est la première fois que nous abordons cette question au Conseil de Paris. Elle est peut-être imparfaite, et évidemment toute rédaction peut être améliorée mais je crois qu'il est important que nous prenions date aujourd'hui sur ce texte.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Merci, Monsieur LE GUEN.

Monsieur POZZO di BORGO, vous voulez aussi une explication de vote ?

M. Yves POZZO di BORGO. - J'ai écouté avec attention Jean-François et Sylvain. J'ai tendance un peu à penser comme lui, mais en même temps, ce qui me plaît dans ce v?u, c?est que c?est la première fois qu'on marque une existence des accidents du travail.

Je le dis à Marinette, vraiment, Jean-François l?a aussi remarqué, intellectuellement, conceptuellement, je trouve que c'est une bonne chose.

Ce v?u n'est pas parfait, mais malgré cela, compte tenu de la force qu'il représente et du symbole qu'il représente, nous le voterons.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2011, V. 82).