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Mars 2011
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58 - 2011, DDEEES 43 - Création d'un Institut des métropoles durables.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons à présent au projet de délibération DDEEES 43. Il s'agit de la création d'un Institut des métropoles durables.

Je donne la parole à Mme Fabienne GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, notre métropole parisienne a beaucoup évolué, bien au-delà de ce que nous imaginons aujourd'hui.

Par la mutation des modes de vie, par les nouvelles organisations du travail et par les nouveaux modes de consommation, tout cela dans un contexte de mondialisation et de crise environnementale qui demande des réponses de plus en plus rapides et de plus en plus complexes.

Ce constat est très bien décrit dans le rapport rendu par Pierre VELTZ, rapport qui a permis de préfigurer l'Institut des Métropoles Durables. La mise en place d'un forum qui soit un lieu d'interpellation réciproque, d'apprentissage partagé pour explorer de nouvelles pistes d'action et susciter des échanges d'expérience avec d'autres métropoles mondiales doit intéresser les élus de notre collectivité.

Les formations organisées pour les élus de notre collectivité sur les politiques urbaines des métropoles européennes par le C.A.U.E. de Paris ont été très stimulantes. Je remercie mon collègue Pierre MANSAT, président du C.A.U.E. de Paris, de nous avoir permis de découvrir des innovations urbaines à Amsterdam et Rotterdam en décembre 2005, à Barcelone en juin 2005, et à Berlin en décembre 2006.

Je citerai de mémoire la rénovation du centre historique de Barcelone, avec sa collecte pneumatique de déchets, et les opérations d?habitat groupé à Berlin.

Hélas, depuis deux ans, ces formations ont été interrompues pour des raisons budgétaires.

Sans forcément reproduire le travail qui avait été fait par le C.A.U.E., quel lien aura l'Institut des Métropoles Durables avec les élus franciliens ? Va-t-il être à l'initiative de colloques et de formations ? Est-ce que ses travaux seront rendus publics et de quelle manière ?

D'autre part, nous sommes depuis le début de cette mandature partie prenante de la création d?une structure qui travaille sur le devenir de notre métropole, comme le Syndicat mixte d?études Paris métropole et le G.I.P. de l'Atelier International du Grand Paris.

Face à la complexité des enjeux, il n'est pas étonnant que les collectivités se dotent de moyens d'expertise. Avec la réforme des collectivités territoriales, où les conflits sont de plus en plus ouverts sur le partage des compétences, au moment du rapport de force sur les projets du Grand Paris, ces structures deviennent un appui d'influence. On l'a vu récemment avec le débat organisé sur les transports et la proposition de synthèse de l'Atelier International du Grand Paris, qui a permis de changer d?échelle et a pesé sur le projet à retenir.

Mais que va-t-il se passer lorsque chaque territoire, groupement, va se doter de ses propres structures d'expertise mandatées pour donner leur avis ? À nous, élus, de bien nous interroger in fine sur les limites et les compétences de ces structures pour ne pas prendre le risque que les arbitrages politiques soient déplacés dans ces nouvelles arènes.

Ces structures sont amenées à aider les collectivités à voir au-delà des effets induits par le millefeuille territorial. À nous d'être vigilants pour ne pas reproduire un autre millefeuille de par l'accumulation de ces structures qu'alimentent d'ailleurs souvent les mêmes experts.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Fabienne GIBOUDEAUX.

Je donne la parole à M. Jean-Louis MISSIKA pour vous répondre.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Merci beaucoup, Madame GIBOUDEAUX, de cette présentation et de cette interrogation sur l'Institut des métropoles durables. Je dois peut-être retracer brièvement l'historique qui nous a conduits à la création de cette structure en partenariat avec la Région Ile-de-France et le Syndicat "Paris Métropole".

Depuis un moment déjà, des interrogations existaient sur la façon de faire travailler les chercheurs qui travaillent sur la ville durable, les élus et les praticiens de la ville, notamment les services des grandes organisations publiques municipales ou régionales.

Il est clair que le sujet de la métropole durable est un des grands sujets du XXIe siècle sur lequel travaillent des disciplines extrêmement variées ; pas seulement des architectes et des urbanistes, pas seulement des démographes et des économistes, mais également des physiciens, des chimistes, des biologistes et je passe pas mal de disciplines.

La pluridisciplinarité sur la question de la ville durable est un sujet essentiel. J'irai jusqu'à dire que la question de la ville durable est trop importante pour être laissée uniquement aux mains des architectes et des urbanistes.

Je pense que le dialogue entre les chercheurs, les élus et les praticiens de la ville n'est pas encore correctement organisé, et je crois que c'est vraiment à la racine de la création de cet Institut des métropoles durables, qui a vocation à être un forum, qui n'est pas un institut de recherche au sens traditionnel du terme ; c'est un forum dans lequel le dialogue entre les différents parties prenantes de la ville durable sera organisé.

Dans le cadre des manifestations qu'organisera cet institut, la formation des élus sera évidemment un élément essentiel, de même que les discussions approfondies entre élus et chercheurs.

Deuxième partie de votre question, celle du risque de la multiplication de structures. Évidemment, quand un sujet est à la mode, il subit les effets de la mode, et ceux-ci sont que beaucoup de structures sont créées. Nous avons bien conscience qu'il s'agit d'un problème et que nous devons faire extrêmement attention à ne pas nous retrouver dans une sorte de millefeuille de petits organismes qui se tirent dans les pattes et qui ne travaillent pas ensemble.

Cet Institut des métropoles durables, d'abord, est adossé à l'Université Paris-Est, c'est-à-dire au pôle de recherche et d'enseignement supérieur entièrement consacré à la question métropolitaine, à la question de la ville durable. De ce point de vue, c'est une garantie que nous avons un outil qui n'est pas un outil hors-sol, qui est entièrement dans le cadre scientifique et universitaire, l'un des plus sérieux que nous puissions trouver puisqu'il a obtenu quatre labellisations de Labex sur ses cinq projets lors de l'appel d'offres des investissements d'avenir. Il y a donc là une première garantie au niveau scientifique.

La deuxième chose, c'est que la dimension internationale de cet institut est clairement affirmée dans le rapport VELTZ. Il a donc vocation à travailler avec les laboratoires du monde entier qui travaillent sur la ville durable. C'est ce qui le distingue fondamentalement de l'Atelier international du Grand Paris. En effet, ce dernier, comme son nom l'indique, est centré sur le Grand Paris.

En l'occurrence, cette institution a vocation à travailler sur les questions qui se posent à toutes les métropoles denses de très grande taille dans le monde, y compris dans les pays en voie de développement ou dans les pays émergents.

Si je prends par exemple les structures qui sont directement concernées par le sujet et qui dépendent de la Ville ou de la Région - je pense notamment à l?A.P.U.R. ou à l?I.A.U. -, ils sont parties prenantes du projet depuis le début, ils y participent, ils auront leur place dans le Conseil scientifique.

Nous avons donc là un outil tout à fait exceptionnel, qui doit permettre justement de résoudre ce problème de la transversalité du dialogue, du forum, de la délibération, de la confrontation des points de vue et c'est la raison pour laquelle l'Institut des métropoles durables a sa place dans la gamme des outils qui existent sur les questions métropolitaines aujourd'hui, aussi bien du point de vue de la recherche que du point de vue de la pratique de la politique de la ville.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération très important DDEEES 43 sur l'Institut des métropoles durables.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2011, DDEEES 43).