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Mars 2011
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Conseil Municipal
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121 - 2011, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif aux locaux de l'association "Halte aide aux femmes battues", située dans le 20e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2011



 

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Nous passons maintenant à l'examen de v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération. Il s'agit du v?u n° 64, relatif aux locaux de l'association "Halte aide aux femmes battues", située dans le 20e arrondissement, déposé par le groupe U.M.P.P.A.

Je donne la parole à Mme Marie-Laure HAREL.

Mme Marie-Laure HAREL. - Il s'agit d'un v?u que je voudrais défendre avec une ardeur particulière parce que c'est une association que nous avons visitée avec Jean-François LAMOUR à l'occasion de la Journée de la femme.

Cette association a monté un foyer qui recueille les femmes battues et qui accomplit un travail absolument exemplaire malgré un manque cruel de moyens. Nous avons échangé tout l'après-midi avec les travailleurs sociaux et ils nous ont demandé de les aider à trouver un nouveau local, pas forcément plus confortable, mais simplement plus pratique, puisqu'ils sont aujourd'hui contraints de voyager entre deux unités différentes, ce qui complique techniquement leur travail déjà difficile.

Madame LALEM, vous avez manifesté deux remarques à l'occasion de l'exposition de ce v?u en Commission.

La première était un étonnement parce que cette demande ne vous était apparemment pas remontée malgré vos contacts réguliers avec cette association.

Je m'en étonne un peu parce que je pense que si vous connaissez cette association, vous avez forcément dû vous rendre dans les lieux tout comme nous, et force est de constater que les locaux ne sont pas des plus adaptés.

Deuxièmement, vous avez dit que l'État devait assumer sa part de responsabilité. Je préfère ne pas revenir sur tout ce que l?État a déjà fait en la matière.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Oui, vous avez déjà dépassé la minute.

Mme Marie-Laure HAREL. - Nous en sommes à notre troisième plan, nous avons fait une loi au mois de juillet, nous avons renforcé les moyens de la plateforme d?écoute téléphonique, nous avons créé des référents locaux, etc., etc.

Quand bien même l'État ne ferait rien, si vous étiez de mauvaise foi à ce point, ce ne serait qu'une double raison pour la Ville d'en faire deux fois plus.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Madame HAREL, je vous demande de conclure : vous en êtes déjà à une minute trente !

Mme Marie-Laure HAREL. - Notre v?u ne vous oblige même pas à trouver des locaux, ne vous met pas face à une obligation de résultat : nous vous demandons juste d'envisager toutes les solutions envisageables. Il serait donc pour nous incompréhensible que vous ne le votiez même pas.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Fatima LALEM.

Mme Fatima LALEM, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Chère collègue, je ne vous ai pas vue à la 6e Commission à laquelle vous faites référence. Je m'étonne un peu de votre agressivité, largement infondée.

Cela étant, pour votre gouverne, je voudrais vous dire que le réseau associatif est un réseau que je fréquente toute l'année, pas seulement le 8 mars.

"Halte aux femmes battues" est une association avec laquelle j'ai un partenariat depuis de très nombreuses années et que j'ai rencontrée six fois. J'ai même passé une demi-journée à écouter les femmes qui sont dans le centre d'accueil.

Mon étonnement n'était pas de découvrir votre v?u, mon étonnement était lié au contenu et à l'objet même de ce v?u.

Effectivement, chers collègues, un problème a été évoqué avec la maire du 20e arrondissement au sujet des locaux.

Je suis particulièrement mobilisée aux côtés de Frédérique CALANDRA pour regarder les suites qui peuvent être données à cette demande.

Mais, ce que vous omettez dans ce v?u, c'est la réalité de cette association comme de celle de beaucoup d'autres, dans l'exercice de leurs fonctions et de leur activité.

Vous oubliez de dire que ce sont 12 % de manque à gagner qui sont annoncés, pour cette association qui travaille sur les violences faites aux femmes - comme pour les autres, puisqu'il y a une diminution du budget actée à 4 % sur trois ans -.

C'est aussi un projet de plafonnement du prix du tarif journée pour ces associations et - on a fait le calcul avec cette association -, cela se traduit par trois postes pour le travail d'accompagnement, d'écoute et d?hébergement sur le court terme.

J'aimerais vous rappeler que le désengagement de l'État a déjà conduit une association à mettre des clefs sous la porte, qui pourtant était reconnue depuis 25 ans pour son travail en direction des femmes, autour de la question des mariages forcés, je veux citer "Elélé".

Regardez ce qui se passe, je crois qu'il y a une mobilisation ce week-end de tous les acteurs qui travaillent sur l?hébergement des femmes et au-delà, dans les C.H.R.S., pour signifier à ce Gouvernement que le désengagement actuellement en ?uvre représente un danger réel.

Je voudrais également vous rappeler quelques vérités. Vous faites référence à la grande cause nationale, Monsieur LAMOUR, dont acte, mais qu?y a-t-il eu derrière cette grande cause nationale ? Il y a eu une campagne d'information secrète. Très peu de gens ont pu bénéficier de cette campagne d'information.

Je voudrais vous rappeler, que sous le Gouvernement Jospin, nous avions des campagnes régulières, répétées et largement diffusées dans l'ensemble des chaînes de télévision et au niveau des radios.

Je voudrais vous dire que, au niveau de notre petite structure parisienne, c'est-à-dire avec l'Observatoire de l'égalité, avec des moyens forcément limités par rapport à ceux que devraient mettre l'État, dont c?est la responsabilité première en matière de lutte contre les violences faites aux femmes dans ce pays, je voudrais vous rappeler que, avec nos faibles moyens, nous avons mené six campagnes depuis 2001, six campagnes sur les mariages forcés, sur les violences dans le couple, sur l'excision et j'en passe.

Et je peux vous donner un peu plus d'informations, Madame HAREL.

Je voudrais également vous demander, Monsieur LAMOUR, d'intercéder auprès de vos amis du Gouvernement pour que l'on arrête ce désengagement en direction des associations qui luttent contre les violences faites aux femmes.

Je sais que cette question vous préoccupe : pesez de tout votre poids pour qu'on arrête d'avoir une politique d'affichage et qu'on arrête les déclarations, comme celle intervenue dernièrement, le 22 mars, au niveau de l'Assemblée nationale sur l'égalité femmes/hommes et qu'on passe enfin à l'action au quotidien.

Les femmes veulent une égalité salariale, professionnelle, garante de leur autonomie. Elles veulent un accès réel à l?I.V.G. Elles veulent la possibilité d'avoir une représentation égalitaire, tant dans les entreprises que dans la vie politique.

Elles veulent une action efficace contre les violences faites aux femmes et, je vous l'affirme, elle ne veulent plus de cet affichage qui est une coquille vide, personnellement et comme beaucoup d'autres, j?irai plus loin : elles ne veulent plus non plus de cette instrumentalisation de leurs droits, dans des débats qui divisent des Français et qui vous divisent également.

Je vous remercie.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Merci.

Je voudrais ajouter qu'elles veulent aussi faire de la politique et les résultats sur la parité aux dernières cantonales doivent nous faire réfléchir sur les efforts que nous devons faire pour la parité, pour tout le monde, l'U.M.P. aussi, je crois, est dans le peloton de queue en matière de parité femmes/hommes.

Je le rappelle, même s'il n'y a pas eu de cantonales à Paris, c'est un sujet qui nous est cher à nous, femmes, qui faisons de la politique au quotidien.

Je pense que le v?u reçoit un avis défavorable.

Mme Fatima LALEM, adjointe. - Oui, j'ai donné un avis défavorable.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Monsieur DUCLOUX, vous voulez la parole pour une explication de vote ?

M. Philippe DUCLOUX. - Juste un mot, puisque Marinette BACHE va s?exprimer au nom de notre groupe.

Je voulais féliciter et remercier Fatima LALEM pour son exposé qui montre véritablement la différence entre ce que nous faisons et ce que ne fait pas le Gouvernement.

Marinette BACHE va s?exprimer au nom de notre groupe pour une explication de vote.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - J?avais envie de remercier le groupe U.M.P. du dépôt de ce v?u, mais je crains - et je crois que les débats d'aujourd'hui le prouvent - qu'il ne s'agissait en fait que de la volonté des élus de Droite de faire de la publicité pour le Gouvernement.

Nous attendrons les résultats parce que nous avons l'habitude des engagements de M. SARKOZY qui ne sont pas suivis des actes et des grandes causes nationales qui font "flop".

Dans le 20e, nous agissons concrètement ensemble (montage d'un réseau "violences conjugales", confection d'un guide des victimes, accompagnement juridique et psychologique, etc.).

Nous avons, grâce à l'action menée autour de la Municipalité et d'un comité d'usagers, obtenu la réouverture du centre d'I.V.G. de Tenon que vous aviez fermé.

Il n'en reste pas moins que nous connaissons, parce que nous travaillons avec elle, Mme LALEM vient de le dire, les difficultés de cette association et le problème de ses locaux éclatés.

Je veux rassurer tout le monde, Frédérique CALANDRA et l'ensemble de la majorité du 20e travaillent sérieusement à régler cette question et nous y travaillions sans attendre l'interpellation de ce v?u.

Que cet échange ne cache pas la réalité, l?arbre de ce v?u ne peut cacher la forêt de la réduction des moyens financiers de la part de l?État.

Pour l'instant, les moyens dont cette association aurait eu besoin pour faire une campagne qu'elle avait prévue, d'affichage dans le métro et dans le bus, viennent de lui être refusés. Pas de moyens supplémentaires, donc, liés à cette fameuse "grande cause nationale" mais des menaces sur trois postes, suite à la réduction de 12 % du budget.

C'est la réalité que vous cachez.

Ce v?u n'est pas sérieux et la décence aurait voulu qu'il fût retiré. Puisque ce n'est pas le cas, vous l?avez compris, nous voterons contre.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. Merci pour cette explication de vote.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 64 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est donc repoussé.