Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2011
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

11 - 2011, I - Question d’actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés à M. le Maire de Paris, relative à la baisse des moyens pédagogiques accordés par le Rectorat de Paris à l’enseignement du premier et du second degré public dans la Capitale.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2011



 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons, d?abord, par la question d?actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

La parole est à M. Philippe DUCLOUX

M. Philippe DUCLOUX. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, depuis bientôt dix ans, la Municipalité parisienne, sous votre impulsion, Monsieur le Maire, n?a de cesse de faire de Paris une ville en mouvement. En témoigne notamment le fait que la Capitale de la France ait regagné 100.000 habitants en une décennie. Il s?agit d?un mouvement qui va croissant puisque, entre 2009 et 2010, il faut compter 18.621 Parisiens et Parisiennes de plus.

Comment comprendre dès lors l?attitude du Gouvernement et de l?Académie de Paris qui, pour tout accompagnement de cet incomparable dynamisme démographique parisien, répond par une baisse continuelle, année après année, des moyens pédagogiques alloués aux établissements scolaires parisiens ?

C?est ainsi que, s?agissant de la prochaine rentrée, l?Etat a décidé de supprimer pas moins de 77 postes dans le premier degré qui, notons-le, s?ajoutent aux 86 postes déjà supprimés au total lors des deux précédentes rentrées. En clair et pour ne prendre que les postes de professeurs des écoles, 30 postes de R.A.S.E.D. sont supprimés, soit 1 en moyenne par circonscription - et je reviendrai demain dans le v?u que je présenterai pour la situation dans le 11e arrondissement -, ainsi que 28 postes de remplaçants.

Et la saignée ne s?arrête pas là !

Pour 500 élèves supplémentaires, l?Académie propose un solde fermetures/ouvertures de classes nul.

Pour ce qui concerne le second degré, lors du Conseil départemental de l?Education nationale auquel j?ai participé le 1er février dernier, les propositions académiques étaient telles que les représentants des parents d?élève, les syndicats et l?ensemble des élus de la majorité municipale s?y sont tous opposés. On ne peut pas être plus clair face à une telle désinvolture du Gouvernement : répondre par une suppression pure et simple de 27 postes d?enseignants à l?augmentation avérée des effectifs parisiens, soit 695 élèves pour les collèges notamment en plus. Quelle incohérence, quel manque de lucidité ! Et ceci, tout simplement pour faire une application aveugle et sourde d?un des plus tristes principes du sarkozisme, s?il en est un, le non-remplacement d?un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

On connaissait les lois ou grands principes du service public dégagés par la jurisprudence : égalité, continuité, mutabilité, transparence. Faudrait-il, mes chers collègues,  dorénavant y ajouter un petit nouveau inspiré du sarkozisme : celui de réductibilité à tout prix du service public, consistant à tout faire pour le casser, principe particulièrement inique lorsqu?il s?agit de l?Education nationale !

Certes, mes chers collègues, Paris n?est pas la seule victime, puisque le Gouvernement supprime 16.000 postes dans la France entière. Il reste qu?au regard de la démographie parisienne notamment, on aurait pu s?attendre à une évolution des moyens académiques concordant au moins avec la hausse des besoins.

C?est pourquoi, sans avoir les coudées franches puisque les compétences municipales et départementales s?arrêtent, si j?ose dire, à la porte de la classe, les initiatives et l?effort budgétaire de la Ville de Paris sont à regarder avec solennité. À titre d?exemple, mes chers collègues, je ne renvoie qu?au soutien à hauteur de 1 million d?euros qui sera, je l?espère, voté tout à l?heure à l?unanimité, soutien du Département de Paris en faveur des collèges parisiens fragilisés par la politique gouvernementale d?assouplissement de la carte scolaire. Ma collègue Anne-Christine LANG y reviendra plus longuement lors du débat qui va suivre.

Monsieur le Maire, ma question est simple, c?est la suivante : l?éducation n?est pas une charge à réduire mais un investissement pour l?avenir. C?est le mot d?ordre de celles et ceux qui refusent le rabotage et le sabotage de l?école publique. Quelles actions avez-vous et allez-vous entreprendre pour donner corps à ce mot d?ordre à Paris ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Qu?est-ce qui dérange dans le fait que ce sont des opinions différentes qui sont exprimées ?

J?écoute bien des choses encore plus désagréables. J?en ai même entendu ce matin !

Soyez sereins !

La parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Très sereinement, merci, Monsieur le Maire.

Merci, Monsieur DUCLOUX.

J?entendais, pendant votre intervention, Monsieur DUCLOUX, M. LAMOUR soupirer en disant ?toujours plus?, comme si votre intervention était extravagante.

Eh bien, oui, parce qu?on est là effectivement dans une logique du toujours moins : moins d?enseignants, moins de formation - même plus de formation pour les enseignants -, moins de carte scolaire, moins de moyens, moins d?accompagnement, moins d?accompagnement pour les enfants les plus en difficulté, moins d?éducation prioritaire.

Et la caricature, elle est justement dans ce que vous venez de dire : ?on rase gratis? !

Quand on abaisse perpétuellement, en permanence, les moyens, quand on ne prend pas en compte le fait que la vitalité, notamment dans notre ville, voit revenir des enfants et qu?à ces enfants, il faut leur apporter ce bien minimum que la Nation peut leur apporter, c?est le droit à l?éducation et le droit à une éducation de qualité, alors oui, là, on est en train de détruire un système.

Le Maire de Paris le disait dans un autre cadre à l?instant : lorsqu?on réduit en permanence les moyens d?un service public et que, par ailleurs, on dénigre ceux qui, au quotidien, le font vivre, alors c?est bien le lien de confiance entre ce service public et les habitants du pays que l?on est en train de dégrader.

C?est aujourd?hui ce qui est en train d?être fait au sein du service public de l?Education nationale, c?est la dégradation de ce lien de confiance entre les citoyens, entre les parents, les enfants, les enseignants et ce service public.

Alors, oui, il faut bien un autre projet, cet autre projet nous y participons comme collectivité en participant bien entendu aux discussions et aux réflexions qui existent sur ce sujet.

Je pense évidemment à l?appel de Bobigny, je pense aussi à l?ensemble des mouvements pédagogiques avec lesquels nous travaillons. Nous y participons aussi bien entendu avec des moyens et l?accompagnement de la Ville de Paris en la matière est important.

Nous reviendrons sur le second degré tout à l?heure, je vous propose de ne pas m?appesantir.

Nous y participons aussi en soutenant et en accompagnant la mobilisation qui existe concernant ces fermetures de postes dans le premier degré. Nous étions avec un certain nombre d?élus de la majorité municipale la semaine dernière devant le Rectorat pour soutenir les 36 délégations d?écoles qui sont venues protester contre l?abaissement des moyens qui leur est proposé et qui va mettre en péril un certain nombre de projets et d?innovations pédagogiques.

Ils avaient raison d?être là. Leur parole n?a absolument pas été entendue puisque rien n?est ressorti de ces 36 rendez-vous qui leur ont été accordés, rien n?est ressorti de la réunion qui s?est tenue.

Nous serons bien entendu de nouveau à leurs côtés pour les défendre et pour défendre le droit à une éducation de qualité qui permette la réussite de tous, de tous les petits Parisiens, cette semaine, les 10 et 11 février.