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Fevrier 2011
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42 - 2011, SG 15 - Aménagement des berges de Seine. Approbation du bilan de la concertation préalable et approbation du projet. Vœu déposé par le groupe EELVA pour le maintien de Voguéo et pour l’extension du service public de transport fluvial. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. demandant l’extension de “Paris Respire” au samedi sur la rive droite des berges de la Seine. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif à l’aménagement des quais hauts de la Seine rive droite en boulevard urbain. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif à l’aménagement des quais hauts de la Seine rive gauche entre les ponts de Sully et Saint-Michel. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. pour le réaménagement des quais hauts dans le 15e. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. pour le réaménagement des quais bas dans le 15e. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. pour la reconquête de la biodiversité sur l’Ile aux Cygnes. Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif à l’offre de bus à Paris. Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif à la prise en compte de la population sans domicile fixe des berges de Seine. Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l’aménagement des berges de Seine du 15e. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif au lancement d’un concours international d’architectes urbanistes. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à la mise en place d’une expérimentation sur une période de 6 mois. Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif à la mise place d’un système de bus en site propre rive gauche. Vœu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2011



 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, en juillet dernier, je présentais à notre Assemblée le projet d?aménagement des voies sur berge.

Je vous le disais alors, les bords de Seine sont l?un des plus beaux endroits du monde, d?ailleurs reconnu comme tel par l?UNESCO qui les a classées au patrimoine mondial de l?humanité.

Or, aujourd?hui, sur 26 kilomètres de berges, 7 sont exclusivement dédiés à la circulation automobile. Nous devons mettre fin à cette anomalie. Il n?est pas acceptable qu?un lieu imprégné de tellement d?histoire et qui s?étend sur près de 15 hectares demeure une autoroute.

Notre Capitale doit reconquérir son fleuve, qui est sa ligne de vie.

Vous connaissez le principe de notre projet : rive droite, transformer la voie autoroutière en boulevard urbain, rive gauche, fermer entièrement les voies sur berges au trafic automobile sur 2,3 kilomètres entre Solferino et l?Alma à partir de l?été 2012.

Comme nous en étions convenus, ce projet a été soumis pendant six mois à une vaste concertation.

Le moment est venu d?en rendre compte devant notre Assemblée et d?adopter des orientations générales.

La concertation a été largement ouverte à tous les publics. Elle s?est déclinée sous les formes les plus diverses : des réunions, bien sûr, mais aussi des expositions, des appels à idées, des forums sur Internet.

J?insisterai sur la dimension métropolitaine sans précédent. Les communes limitrophes de Paris comme les collectivités riveraines de la Seine ont été saisies et leurs habitants ont été étroitement associés à la réflexion.

Une large réunion a rassemblé les élus en présence du Président de ?Paris Métropole?, Jacques JP MARTIN.

Les jeunes, même les enfants, trop souvent éloignés des processus de décision, ont été entendus, et nous comptons bien retenir un nombre significatif de leurs propositions souvent très inspirées.

Quant aux différents acteurs institutionnels, ils ont, bien sûr, été sollicités et consultés.

Le premier enseignement de cette concertation est un véritable enthousiasme qui émane des Parisiens et des habitants de la métropole dans leur ensemble. Quand ils sont recueillis sans exclusive et au-delà des limites d?un seul arrondissement parisien, les avis se révèlent à plus de 70 % favorables au projet.

Mais nous prenons aussi en compte les inquiétudes qui ont pu être soulevées et qui sont notamment liées aux déplacements et à la circulation.

Pour y répondre, nous devons bâtir notre projet comme une étape de plus dans la conception de parcours piétons, cyclables et automobiles cohérents dans tout Paris.

Nous devons aussi le penser comme un encouragement aux transports collectifs. Ceux-ci continueront à être améliorés dans les prochaines années, avec l?automatisation de la ligne 1 du métro ou la mise en place des rames à grande capacité sur le RER A.

Sur la circulation automobile, des analyses très poussées, de nombreuses réunions de travail, notamment avec la Préfecture de police, ont permis de s?accorder sur le fait que cet aménagement n?aura pas d?impact important sur la circulation métropolitaine.

L?implantation de feux sur la rive droite ne ralentira, en effet, la circulation d?Issy à Ivry que de cinq à six minutes.

S?agissant de la rive gauche, ces discussions techniques ont permis d?esquisser des solutions efficaces en réponse aux réserves des services de l?État qui portaient sur le risque de ralentissement à l?entrée du pont de la Concorde.

Au-delà de cet aspect qui a été traité avec le plus grand sérieux, ce qui se dessine à l?issue de cette consultation, c?est l?organisation du site avec une véritable continuité pour les vélos, les piétons et pour les activités diverses.

Le projet soumis à la concertation ne concernait que les arrondissements centraux, mais il apparaît aujourd?hui indispensable de lancer des aménagements complémentaires dans les 12e, 13e et 15e arrondissements.

L?Ile aux Cygnes devra être embellie, une piscine devra voir le jour au niveau du jardin André-Citroën.

Dans le 13e, il faudra permettre la continuité vers le 5e arrondissement et dans le 12e, nous travaillons à des aménagements au port de Bercy.

Se dessine, en outre, l?idée de regrouper les activités en plusieurs pôles, chacun ayant ses caractéristiques et sa vocation. Ainsi, par exemple, le pôle nature offrirait l?occasion d?étudier le développement d?un archipel de petites barges sur le fleuve, le pôle économique permettrait des mini-foires ou salons, avec des péniches, sur lesquelles seraient installées des connexions à Internet.

On le voit, l?inspiration, l?imagination, n?ont pas été découragées.

L?idée est aussi de créer de nouvelles activités commerciales, culturelles, ludiques, en donnant plus de place aux bateaux et aussi en organisant des activités spécifiques en lien avec le fleuve, comme la pêche, qui n?est pas anecdotique et qui témoigne d?un renouveau de la faune du fleuve, car c?est également une occasion unique de faire vivre ou revivre la biodiversité dans Paris.

Je préfère faire sourire que l?inverse, donc la pêche, le plan biodiversité - c?est sérieux -, que je vous soumettrai dans les prochains mois, intégrera d?ailleurs le rôle essentiel de la Seine.

De même, l?accent sera mis sur le développement de nouvelles logistiques fluviales, ainsi que le transport de passagers. La réflexion s?engage avec le S.T.I.F. pour la mise en ?uvre d?un service de transport sur la Seine entre le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine.

Nous concevons ce projet avec Port de Paris qui est, sur l?ensemble de ce dossier, un partenaire central, très constructif et efficace. Il s?agit en somme de redonner vie à un lieu unique, en le respectant tout en le réinventant.

Des suggestions émises, nous retenons la volonté de faire vivre ce site pour tous, en laissant les Parisiens et les amoureux de Paris se l?approprier pleinement, mais aussi proposer des projets ambitieux.

A cet égard, le pôle Culture et événements du Port de Solferino donnera une dimension très neuve à cette aventure urbaine. Il nous faudra, sur ce lieu, édifier un très bel objet, pour cet emmarchement permettant au parvis du musée d?Orsay de se prolonger jusqu?au fleuve.

Je précise enfin que nous ne devrons, bien sûr, négliger aucune des contraintes. Nous prenons notamment, tout à fait aux sérieux, les risques d?inondation et le choix se portera sur des équipements qui puissent prémunir de tous les risques et s?adapter à toutes les éventualités.

Mes chers collègues, après la concertation et en s?appuyant sur elle, il est temps de passer aux actes. Le projet dont nous débattons ce matin n?est pas seulement important pour le visage de Paris. Il contribue à l?invention d?une autre façon de vivre dans la ville pour en profiter pleinement.

Il permet de réunir des partenaires très divers, de toute la métropole, autour d?un objectif particulièrement stimulant : retrouver l?accès à la Seine. Il contribuera au dynamisme de notre capitale, à son attractivité, à son rayonnement. Et, à ce titre, il sera bon pour les entreprises parisiennes et il sera créateur d?emplois. Je veux en conclusion remercier très chaleureusement Anne HIDALGO, parce qu?elle conduit ce dossier avec beaucoup de créativité, de compétence et de subtilité. Il en faut.

Et je le réaffirme, au nom des Parisiens, qui m?en ont donné le mandat - car je vous signale que ce projet a été présenté, même si c?était en termes d?intention, aux Parisiens avant les élections municipales de mars 2008 - et donc, je veux réaffirmer au nom des Parisiens, qui m?en ont donné le mandat, que je suis déterminé à ce que ce projet aboutisse.

Je vous remercie.

La parole est d?abord à M. le Préfet de police.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers.

Vous venez de le souligner, Monsieur le Maire, nous sommes dans ce projet à une étape intermédiaire, après la concertation préalable mais avant l?enquête publique. Mes propos d?aujourd?hui qui précisent, grâce à l?acquis des études, ceux du 6 juillet dernier, sont donc marqués par un double souci.

D?une part, une volonté de clarté et de loyauté vis-à-vis de la collectivité parisienne. Je souhaite n?entretenir aucun faux suspens inutile et retardateur s?agissant de responsabilités qu?il me revient d?assumer.

D?autre part, l?entier respect des procédures applicables au projet public, telles qu?elles sont fixées par la loi dite Bouchardeau. Ce n?est donc qu?à l?issue du débat structuré par l?enquête publique que je pourrais légalement prendre une position définitive.

Premier point, Monsieur le Maire, le 6 juillet dernier et à plusieurs reprises depuis, vous avez évoqué le principe de légitimité, et vous venez de le redire d?ailleurs, ce qui est tout à fait normal, je veux rappeler que l?avis que j?exprime ainsi que les décisions que je serais amené à prendre sont eux-mêmes pleinement légitimes.

Cela a été peu souligné jusqu?ici, les berges de la Seine comme tout le domaine public fluvial français appartiennent à l?Etat. Celui-ci sera donc amené à exercer les droits du propriétaire. Le réaménagement des berges ne pourra être mené à bien que dans le cadre d?un accord liant la Ville à l?Etat ou ses opérateurs.

C?est notamment, vous venez là également de le souligner, le Port autonome de Paris, qui est un établissement public de l?Etat. Et je note avec beaucoup de satisfaction, d?ailleurs, que vous avez signalé l?attitude constructive de cet établissement public de l?Etat. Il y aura donc une négociation des conventions de superposition de gestion des berges.

De surcroît, en matière de circulation, il est inutile de le répéter, comme tous les préfets de France, il m?appartient de veiller à la fluidité de la circulation sur les grands axes, et les voies sur berges appartiennent bien sûr à cette catégorie d?intérêt régional. Chacun sait par ailleurs le contexte global et que, chaque matin et chaque soir, nous avons environ 200 kilomètres de bouchons.

Deuxième point, le projet d?aménagement vise à réduire significativement la place et le nombre de véhicules à moteur sur les berges au profit d?autres usages, tout particulièrement au profit des piétons et des loisirs.

Le principe d?un urbanisme renouvelé, davantage fondé sur le développement durable et sur le lien étroit des habitants de la ville avec son fleuve, est un horizon que nous avons en partage. Les réflexions des architectes missionnés dans le cadre du projet du Grand Paris ont montré l?importance de cette réflexion dans l?ensemble du bassin de vie. Dans ce contexte global, qui est celui du Grand Paris, l?Etat souhaite que l?Atelier international du Grand Paris soit saisi du projet parallèlement à l?enquête publique.

La Préfecture de police, quant à elle, est une institution, je l?espère, en prise avec son temps, qui s?inscrit résolument dans les mutations contemporaines. Elle a montré qu?elle savait accompagner les politiques de transport mises en ?uvre par les collectivités et l?Etat. S?agissant des questions de sécurisation, où nous poursuivrons bien sûr, dans le cadre de la préparation de projet du métro du Grand Paris, et s?agissant également des questions de sécurité routière, notamment liées au report modal vers les vélos ou demain vers Autolib?.

Demain, je récuse tout dogmatisme en matière de transport individuel motorisé. L?exemple du réaménagement de la place de la République et sans doute sous votre initiative la mise à double sens des grands boulevards, si les études complémentaires confirment les premières conclusions techniques, démontrent que la P.P. peut valider, au titre de ses compétences de circulation, des projets de réaménagements urbains ambitieux, en termes de redéfinition du partage de l?espace public, dès lors qu?ils respectent le principe de progressivité.

En effet, en matière de circulation routière, les mutations s?enregistrent dans le temps. Dans le temps long d?ailleurs et le recalibrage des axes, induit par le projet, doit être compatible avec les possibilités de report des usagers, soit vers d?autres axes routiers, soit vers d?autres moyens de transport.

S?agissant de la rive droite, le projet de réaménagement transformera la voie Georges-Pompidou en boulevard urbain, par l?introduction de feux, le rétrécissement des voies et la possibilité pour les piétons d?accéder plus facilement aux berges.

L?allongement des temps de parcours, que vous avez signalé, réduira l?attractivité de cet axe pour le trafic de transit par rapport au périphérique sud. Des études techniques montrent, aux heures de pointe du matin et du soir, qu?ils seront sans doute étendus en amplitude. La capacité maximale de trafic sera réduite de 25 % passant de 4.000 à 3.000 véhicules par heure.

On ne peut donc minimiser l?importance du projet de la rive droite ni l?impact des reports de circulation qui vont s?opérer, notamment sur le périphérique ou le boulevard Saint-Germain, via le Pont de la Concorde. Cependant, le fait de conférer un caractère plus urbain à cet axe rapide ne saurait soulever d?objection dans son principe.

Sur proposition des services en charge de la sécurité routière, j?ai moi-même, depuis que j?exerce ces fonctions, uniformisé en 2007 la vitesse maximale à 50 kilomètres/heure sur tout le linéaire de la rive droite. J?ai également noté, au cours des discussions techniques, le souci municipal d?éviter tout risque d?engorgement de la place de la Concorde. En raison de l?implantation d?un feu au niveau des Tuileries, la suppression de l?échange de files situé à ce niveau sera donc nécessaire.

A ce stade, aucun élément suffisant ne me paraît fonder un avis défavorable rive droite même si, je souhaite le dire, il faut être conscient des difficultés qui seront enregistrées sur une période dont on espère qu?elle sera la plus courte possible.

En revanche, la situation me paraît plus compliquée rive gauche car aujourd?hui, sur les 3.600 véhicules enregistrés aux heures de pointe, deux tiers empruntent les quais bas, dont la fermeture est envisagée d?un seul tenant. Il s?agit donc d?un impact considérable sur la circulation. Nous avons cherché à vérifier si l?impact était le même tout au long de la voie sur berge de la rive gauche. Or, les études montrent que la vulnérabilité est beaucoup plus forte sur la partie amont, entre le musée d?Orsay et le pont de la Concorde qui représente 40 % du trajet, que sur la partie aval entre ce pont et le pont de l?Alma, c?est-à-dire bien sûr sur les 60 % restants de ce trajet.

Que l?enjeu et le risque principal soient situés au niveau du pont de la Concorde peut se résumer ainsi : la voie sur berge permet à une bonne partie des flux automobiles de se superposer. Demain devront se croiser au même niveau, et non pas dans un système de superposition, trois axes importants de circulation :

- le flux est/ouest de la rive gauche ;

- le flux nord/sud depuis les Champs-Élysées et la Madeleine par le pont de la Concorde, vers Saint-Germain et Invalides ;

- le flux sud/nord depuis les Invalides vers la Concorde.

Je sais gré, après nos travaux, à la Ville d?avoir pris conscience de cet enjeu et d?avoir proposé récemment l?aménagement d?une file de passage supplémentaire sur 200 mètres, au niveau de ce feu, tout en préservant le principe d?un couloir nécessaire aux bus, aux taxis et aux services d?urgence.

Il n?en reste pas moins que, dans le meilleur des cas, le débit maximal sera de 2.400 véhicules par heure, soit un tiers de moins qu?aujourd?hui.

Les récentes inondations n?ont pas permis de tirer beaucoup d?enseignements pertinents dans la mesure où la fermeture est intervenue en période de vacances et de jours fériés et, pourtant, l?allongement des temps de parcours relevé par les services est déjà significatif.

J?ajoute que, comme toute capitale, Paris connaît un nombre très important de manifestations revendicatives ou récréatives sur la voie publique, tout particulièrement les samedis et, l?an dernier par exemple, 160 événements ayant un impact sur la voie publique ont dû être gérés (67 impactant les abords des quais, 143 les grands axes). Les voies sur berge constituent alors une soupape d?évacuation très utile.

D?autre part, lorsque l?on se situe à un niveau d?encombrement très souvent proche de la saturation, ce qui est le cas dans le centre de Paris, il faut avoir à l?esprit les limites de la fiabilité des outils de modélisation théorique ; un surcroît minime de circulation peut entraîner des effets disproportionnés surtout dans un pays comme le nôtre où la discipline sur le passage aux carrefours encombrés mérite évidemment une plus grande attention, semble-t-il.

Il est donc de mon devoir d?avertir solennellement des risques que la fermeture de la voie sur berge rive gauche entraînera pour la fluidité de la circulation sur le tronçon amont (dont je rappelle qu?il ne constitue que 40 % de la distance du trajet) et des effets potentiels en cascade sur les carrefours et les voies avoisinantes.

Nous devons d?ailleurs tout particulièrement veiller à préserver la vitesse moyenne de circulation des bus et des taxis, car ils représentent une alternative à la voiture individuelle ; la gestion déjà difficile des cars de tourisme à partir de Notre-Dame vers le musée d?Orsay et le musée Branly sera aussi à prendre en compte.

Monsieur le Maire, vous m?avez fait part à plusieurs reprises, et vous venez de le redire, du caractère stratégique de ce projet pour votre municipalité et de votre volonté de procéder à ce réaménagement d?un seul tenant.

En raison des risques de congestion, je reste convaincu qu?un phasage aurait pu être envisagé sur la base de ce principe de progressivité que j?évoquais.

La nécessité de garantir la continuité de la circulation au centre de la capitale, tout comme la loyauté à votre égard, me conduisent à vous informer aujourd?hui que je serai amené à proposer que l?État, dans sa négociation avec la Ville, prévoie une clause de réversibilité dans les conventions de gestion des berges, sans frais pour l?État.

Le Préfet de Région a d?ailleurs aussi constaté que la garantie du libre écoulement des eaux en cas de crue rendait nécessaire également la réversibilité des installations sur le site.

Je précise immédiatement que, même dans le cas de figure où la réversibilité s?imposerait en raison d?une congestion au-delà d?une période raisonnable d?observation, la Préfecture de police n?adoptera pas, bien sûr, une position de tout ou rien, au regard des études techniques, mais cela demande confirmation. Il est possible que la partie aval puisse être traitée indépendamment du secteur amont et il y a des solutions, à moindre coût, qui pourraient être recherchées.

Avant de terminer, je voudrais dire un mot sur les propositions de fermeture sur la voie sur berge rive droite le samedi.

Le constat que nous faisons est celui d?une circulation très dense ce jour-là, notamment parce qu?il s?agit d?un jour où nos concitoyens de banlieue profitent de l?offre culturelle et commerciale de la capitale, pas seulement d?ailleurs pour leurs achats de Noël. Je n?y suis donc pas favorable.

Restant à l?écoute des conseillers qui vont s?exprimer lors du débat qui va avoir lieu, je tiens à vous assurer Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers, du fait que bien sûr la Préfecture de police demeurera, sur ce dossier comme sur tous les dossiers, un partenaire fiable pour votre collectivité, en s?efforçant bien sûr de répondre à toutes les préoccupations qui peuvent s?exprimer et sans ne prendre en compte que ceux qui seraient hostiles ou bien très favorables.

Il y a des équilibres à trouver, une progressivité et nous sommes tous en tout cas favorables à la reconquête des berges de la Seine, mais nous ne pouvons pas ne pas prendre en compte les habitudes de vie de nos concitoyens et la situation au regard de la circulation dans cette Ville.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet.

Je vous remercie effectivement et je vous donne acte tout à fait de la fiabilité et de la loyauté de nos relations, chacun dans nos responsabilités qui ne sont pas les mêmes.

Premièrement, à ma connaissance, l?Exécutif n?a pas envisagé de fermer la rive droite le samedi. Voilà déjà un point sur lequel je vous donne une indication.

Deuxièmement, dans un travail extrêmement constructif, nous avons trouvé une solution sur 300 mètres vers la place de la Concorde pour créer une deuxième file sans toucher, comme vous l?avez dit, à la voie de bus.

A ma connaissance, cette file absorbe le flux qui est transféré en haut par la fermeture des voies sur berge.

Ne vous énervez pas, on va débattre tranquillement !

Ensuite, je vous ai dit, comme j?ai dit à M. CANEPA, Préfet de région, que toutes les règles qui devront être appliquées par rapport au risque d?inondation le seront. Ce n?est pas discutable.

Troisièmement, vous m?avez parlé de réversibilité, notamment parce qu?on a travaillé aussi tous les deux. Sur la réversibilité, j?accepte le principe. Ce que je n?accepte pas, c?est de dire que l?on fait cela pour six mois.

On le fait en prenant le risque de considérer que cela marchera et que cela durera des années. Bien entendu, j?accepte tout à fait que, à un moment donné, une évaluation soit faite et que l?on en tire des conclusions.

Enfin, dernièrement, ce n?est pas tellement au Préfet de police que je le dis, dans toutes les villes du monde (c?est valable aussi pour Bordeaux), chaque fois que l?on crée un dispositif écologique et qui dissuade?

Attendez ! Vous ne savez pas ce que je vais dire.

? Et qui dissuade l?utilisation de l?automobile individuelle polluante, cela crée des changements d?habitude.

On l?a vu à Paris pour les couloirs de bus, vous étiez contre. On l?a vu pour le tramway sur le boulevard des Maréchaux, vous étiez contre.

Bien sûr que cela a pris un temps d?adaptation.

Personnellement, je pense qu?il en sera de même, sur les quais, aussi bien rive droite que rive gauche (surtout Rive gauche).

Mais, entre les inconvénients provisoires, le temps d?adaptation et l?immense plaisir citadin?

C?est drôle parce que sur le tramway vous vous êtes trompés. Vous vous trompez sur tout et vous continuez ! Quelque part, cela arrange peut-être la majorité que vous vous trompiez.

Chers collègues, je crois qu?il y a des élections municipales en 2014. On verra donc à ce moment-là ce que penseront les Parisiens de ce que nous aurons livré en 2012 pour les voies sur berge, comme cela à été le cas pour le tramway du boulevard des Maréchaux entre le pont du Garigliano et la porte d?Ivry.

Je n?ai pas oublié qu?une partie des élus étaient tellement contre qu?ils ne sont même pas venus à l?inauguration ; il y avait pourtant un ministre? À quelques exceptions près.

Un intervenant (hors micro). - On a quand même gagné !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez gagné? J?ai été plutôt mieux élu en 2008 qu?en 2001. Donc, si c?est pareil de 2008 à 2014, c?est bon ! Dans le 15e, nous avons progressé largement : il n?en manquait pas beaucoup.

En tout cas, je vous remercie, Monsieur GOUJON, de considérer que l?aménagement des voies sur berges permettra à la majorité municipale de connaître la même progression de 2008 à 2014 que celle qu?elle a connue de 2001 à 2008.

Ce n?est pas pour cela que nous le faisons. Nous le faisons pour la beauté de Paris et pour le droit légitime des Parisiens à vivre avec leur fleuve, et donc, je répondais à M. le préfet de police mais vous m?avez amené à dire d?autres choses, ce que j?ai fait bien volontiers.

Je vous remercie.

Je donne la parole à M. Jean-François LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Monsieur le Maire, j?ai envie de vous dire aujourd?hui : sept mois pour rien.

Nous sommes aujourd?hui le 8 février, et le 6 juillet dernier, vous nous avez fait délibérer sur votre projet de réaménagement des voies sur berges.

Que s?est-il passé entre-temps ? Qu?avez-vous fait des autres propositions ? Qu?avez-vous fait surtout des oppositions formulées par la Chambre de commerce, les milieux économiques et surtout, la plupart des maires riverains de la Seine ? Rien !

Qu?avez-vous fait des interrogations et réticences formulées notamment par la R.A.T.P., et surtout par la Préfecture de police ? Je viens d?entendre le Préfet de police : il semble maintenir ses inquiétudes et ses interrogations malgré ce que vous voulez bien nous dire.

Et ce n?est, Monsieur le Maire, que le 13 janvier dernier que vous vous êtes décidé à saisir le Préfet de Région, compétent sur une très grande partie du dossier.

Pour le reste, vous vous en êtes remis à un simulacre de concertation.

Qu?en est-il ressorti ? Une chose est certaine : le projet d?aménagement que vous proposez manque toujours autant d?ambition malgré les évolutions extrêmement modestes que vous y apportez.

Il s?inscrit toujours dans une logique strictement parisienne et n?intègre aucune stratégie de développement durable à l?échelle métropolitaine.

Évidemment, vous n?avez cessé de le répéter : vous êtes légitime à envisager l?aménagement de ce site exceptionnel que sont les berges de la Seine au c?ur de la Capitale. Mais, Monsieur le Maire, nous ne le sommes pas moins, en particulier les maires des arrondissements baignés par le fleuve.

Alors, pouvez-vous décider unilatéralement de privilégier les loisirs de quelques-uns au détriment du quotidien des autres ?

Pouvez-vous ignorer une fonction historique de desserte et de transit essentielle aux échanges avec les départements limitrophes ?

Je ne le crois pas ; je le crois d?autant moins que Paris est aujourd?hui au c?ur du projet du Grand Paris, un projet ambitieux, un projet de longue haleine, et surtout un projet collectif. Et là, Monsieur le Maire, sur ce dossier, vous ne jouez pas collectif.

Vous refusez de considérer que l?aménagement des berges n?est pas la seule affaire des Parisiens, mais celle de tous ceux qui s?y rendent chaque jour pour travailler et de tous ceux dont l?activité dépend économiquement, socialement, culturellement de ce c?ur, qui insuffle la vie à la région et à notre pays tout entier.

Aussi, ai-je vraiment la conviction que votre vision n?est pas adaptée à ce que nous attendons pour ce site, site désormais indissociable du défi que constitue la construction de la métropole. Je regrette que vous n?ayez pas choisi d?aller dans le sens du mouvement et de l?intérêt général. Je regrette aussi que vous n?ayez pas choisi de travailler autrement.

Car sur le plan de la méthode, vous ne nous avez pas convaincus, qu?il s?agisse de la conception ou de la ?concertation?.

La conception, tout d?abord : elle mérite il me semble, un véritable appel à projets, une consultation d?envergure des urbanistes, des architectes, comme ceux du génie civil, ou dans le domaine environnemental. Or vous avez choisi les seuls services de l?A.P.U.R. qui, quelles que soient d?ailleurs leurs qualités et leurs compétences, ne peuvent être la seule source de réflexion et d?innovation pour un tel sujet.

Cette conception aurait dû être aussi une occasion pour nous de travailler ensemble dans l?intérêt de tous. Mais vous avez préféré communiquer sur une proposition quasiment ficelée, quasiment aboutie, soumise ensuite à une pseudo consultation dont vous dites avoir tiré les conséquences en proposant, je le disais tout à l?heure, à la marge, quelques ajustements mineurs.

Le bilan qui nous est proposé aujourd?hui est éloquent tant il est dépourvu d?honnêteté intellectuelle. Choix partial des acteurs, des avis, des contributions, de la place et de la valeur qui leur sont accordés, comme d?ailleurs de l?ordre qui leur a été attribué dans la présentation du document. Que dire des trois lignes consacrées aux opinions défavorables, contre trois pages aux favorables ? Que dire de la page et demi consacrée aux contributions des enfants contre huit lignes concédées aux Chambres de commerce ?

Sans oublier le point d?orgue : la considération anecdotique accordée à l?analyse des maires d?arrondissement et l?absence de l?avis du Préfet de Région. Ah ! Si, j?ai lu trois lignes dans l?amendement que vous avez déposé sur nos tables hier soir.

Quant au nombre de réponses exploitables et donc exploitées, il n?est pas sérieux.

Résumons-nous, désinformation - je pense notamment au 15e, et Gérard D?ABOVILLE y reviendra -, absence de réelle concertation, manque de transparence, déni des réalités objectives eu égard aux conséquences sur le trafic parisien, vision unilatérale et étriquée de l?avenir de Paris et de la région capitale.

Malgré tout, vous persistez et allez même jusqu?à refuser toute expérimentation préalable. J?insiste sur ce mot qui signifie dans mon esprit ?antérieur à tout aménagement?. Sinon, elle ne prendrait évidemment pas tout son sens.

Avez-vous peur de son résultat, Monsieur le Maire ? Avez-vous peur de porter un coup fatal à votre projet ? Pourquoi ne pas prendre le temps, comme le demande le Préfet de police ?

Cette précipitation nous semble coupable car elle ne fait qu?exprimer un calcul politique visant à vous parer de la couleur verte qui vous a manqué lors de vos dernières campagnes européennes et régionales si l?on en croit les résultats.

Acceptez, Monsieur le Maire, cette expérimentation réversible d?une durée de six mois que nous appelons de nos v?ux, car il faut fixer un délai raisonnable situé en dehors des périodes estivales pour être significatif.

Profitez-en pour engager une véritable réflexion qui mettra en cohérence l?ensemble des projets dans la perspective du Grand Paris ; c?est aujourd?hui l?Atelier international du Grand Paris qui est en quelque sorte la conscience commune et le moteur de l?action. Vous avez d?ailleurs vu les architectes de l?AIGP vendredi : vous auriez pu leur proposer.

Confiez donc à cet atelier cette étude autour de l?axe Seine, qui doit se faire de manière transversale, sur le long terme, afin de valoriser et d?identifier les potentiels qui pourraient s?y développer. L?enjeu, Monsieur le Maire, est crucial pour l?avenir.

Monsieur le Maire, vous ne pouvez résumer la Seine à sa portion de voies circulées au c?ur de Paris. Ne persistez pas dans une approche réductrice du réaménagement des berges qui aboutirait finalement à un Paris ?respirant? en bord de Seine, pendant qu?il ?suffoque? sur les quais hauts.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame CUIGNACHE-GALLOIS, vous avez la parole.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

71 % des Parisiens seraient favorables à un réaménagement des voies sur berges : c?est le résultat du sondage que vous avez commandé.

Pour tout vous dire, nous aussi, groupe centre et indépendants, nous en aurions fait partie si nous n?avions été bien informés des modalités de votre projet et surtout de ses conséquences.

Car c?est vrai, a priori, l?idée de réaménagement des bords de Seine, qui pourrait être contre ? Seulement dans ce même sondage, on note précisément que 57 % ont justement le sentiment d?être mal informés, c?est-à-dire que le panel des 1.400 personnes qui ont été interrogées par téléphone s?est prononcé sur un projet qu?il ne connaît pas.

Bien sûr que l?on ne peut être que pour plus de bonheur ! Plus de plaisir ! Plus de beauté ! Moins de bagnoles ! Plus de petits canards ! Plus de poissons rouges ! Moins de pluie ! Moins de froid ! Plus de soleil ! Plus de promenades ! Moins de stress ! Plus de rêve ! Moins de crise et moins d?emmerdes !

Mais le maire d?une ville monde est-il là pour offrir plus de rêve ou plus de réalisme ?

Une ville monde se dessine-t-elle avec des crayons de couleur ou avec pragmatisme ? Le rôle d?un politique est-il de faire rêver ou d?accompagner ses concitoyens dans leur vie au quotidien et de préparer l?avenir de la cité ?

Alors, moi, je voudrais moi-même, même si c?est beaucoup moins glamour, revenir sur la réalité du bilan de la concertation de votre projet.

Vous semblez en être très satisfait, clamant partout que les Parisiens débordent d?enthousiasme, que les réunions se sont déroulées de façon formidable.

Alors, rappelons vos propres chiffres : 1.700 personnes pour l?ensemble des réunions publiques dans les 20 arrondissements : cela fait 85 personnes en moyenne. C?est cela, votre enthousiasme débordant ?

Surtout que l?audience, le plus souvent, était loin de chanter les louanges de votre projet, contrairement à ce que vous laissiez entendre.

Et comparons avec la votation citoyenne qui a été organisée dans la mairie du 7e arrondissement qui a, elle, réunit 5.116 votants, pour un seul arrondissement ! Le résultat a été sans appel : 90 % contre la fermeture des voies sur berge et, pourtant, ils réclament depuis longtemps une piscine.

Je me réjouis d?ailleurs de cette initiative de la maire du 7e, car elle reprend un v?u que j?avais déposé ici même, dès mai 2010, proposant une votation populaire citoyenne.

Plus de 5.000 personnes, donc, dans le seul 7e arrondissement.

Vous n?avez pas le droit d?ignorer une mobilisation aussi importante, alors que ce sera l?arrondissement le plus impacté !

Et puisque vous êtes sensible au sondage pour faire valoir votre projet, je vous en livre un autre, réalisé par ?lefigaro.fr? le 18 octobre et auquel ont participé 9.612 personnes : 58 % sont contre la transformation des voies sur berges en promenade. La réponse est claire : la majorité des Parisiens et des Franciliens considèrent que la circulation sur les berges est une priorité et, j?ajouterai, dans l?état actuel des choses, compte tenu de la situation catastrophique des transports en commun.

C?est d?ailleurs sur ce point que nos points de vue diffèrent. Que les choses soient bien claires : bien sûr que je suis pour un embellissement des quais de Seine et un aménagement des bords de Seine, bien sûr que j?aime la beauté, le vélo et la marche à pied, mais pas à n?importe quel prix, pas s?ils consistent à fermer des axes stratégiques de circulation qui sont indispensables quotidiennement aux Parisiens et aux Franciliens.

Parce qu?il n?existe pas d?offre alternative de déplacement pour cet axe reliant l?Ouest et l?Est de la Capitale.

Or, je vous le rappelle, cette offre alternative, vous en aviez vous-même, Monsieur le Maire, fait une condition préalable et nécessaire à tout projet d?aménagement des bords de Seine. Et vous aviez raison ! Dans le Plan de déplacements de Paris, de 2007 d?abord, vous indiquiez que l?idée ne pourrait être envisagée qu?une fois que l?offre de transports en commun serait suffisante pour supporter le report de trafic ; ce sont exactement vos termes. Dans votre programme de campagne des municipales de 2008, Monsieur le Maire, vous précisiez que ?l?offre alternative et simultanée?, entre guillemets, serait un élément préalable à l?aménagement des berges de Seine. Que ne l?avez-vous fait ? Ces conditions ne sont aujourd?hui tout simplement pas respectées !

Le fonctionnement du R.E.R. C ne s?est pas amélioré de façon substantielle et n?offre pas de capacité d?absorption supplémentaire. Le TC Est-Ouest dont vous parliez ne constitue pas non plus une structure de transports collectifs lourds et rapides répondant aux besoins.

Enfin, ce n?est pas une liaison de transport fluvial de personnes quand on voit l?échec de Voguéo qui pourrait apporter une réponse pertinente à ce sujet. Le Préfet lui-même a demandé au S.T.I.F. l?arrêt de Voguéo ?en raison des déficits accumulés et de la fréquentation microscopique? : plus de 4 millions d?euros par an pour moins de 7 personnes par course en moyenne.

Que ce soit au regard du P.D.P. de 2007 ou de votre programme de 2008, Monsieur le Maire, vous passez outre vos engagements, sans même regarder derrière vous.

Vous passez outre vos engagements mais vous faites également peu de cas des doléances et des doutes émis mêmes par vos propres amis politiques. Ainsi, Jean-Paul HUCHON, dans un courrier qu?il vous a adressé, avec son langage très diplomatique, vous exhorte à étayer plus précisément la dimension régionale de votre projet et à en mesurer les incidences. Il s?inquiète - je le cite toujours - ?des capacités d?absorption des reports vers les infrastructures routières et les lignes de transports en commun qui devront y faire face?, vous indiquant - je cite encore - qu??il conviendrait de regarder précisément les parcours impactés pour apprécier les trafics supplémentaires?.

Finalement, il insiste sur le fait - et je le cite encore - qu??en termes de trafic automobile, le report sur les quais hauts et sur le boulevard périphérique doit être bien mesuré?. Je ferme les guillemets.

Je n?aurais pas mieux dit !

En tant que Président de la Région, il est vrai que ses inquiétudes sont bien légitimes, car votre projet parisien, Monsieur le Maire, aura de réelles répercussions sur la circulation dans la Capitale mais aussi pour toutes les communes de la proche couronne.

Et s?il y a bien quelqu?un qui peut s?interroger sur les capacités d?offre alternative en termes de transports en commun, c?est bien M. HUCHON, Président du S.T.I.F. Si lui-même exprime des réserves et des demandes d?études supplémentaires plus précises, il ne serait pas inutile de votre part de tenir compte de son avis.

C?est pour les mêmes raisons que notre groupe réclame une expérimentation grandeur nature des aménagements sur une durée de six mois. C?est le seul moyen de disposer d?une vision pertinente et réaliste des reports de circulation.

Plus fondamentalement, votre projet, qui se concentre dans les arrondissements de l?hyper-centre, conduit une politique des plus privilégiés. Vous aviez oublié les arrondissements périphériques. Il a fallu que nous vous le fassions remarquer pour que vous vous en rendiez compte. Alors, je note bien que vous souhaitez maintenant inclure les 12e, 13e et 15e, mais ce ne sont pas ces petits aménagements additifs qui viendront infirmer l?idée qu?ils n?étaient pas la réalité de votre ambition.

Vous aviez là l?occasion de mener pourtant un véritable rééquilibrage vers l?Est, à travers des opérations d?embellissement de ces quais de Seine et des dotations en équipements pour ces quartiers.

Votre projet, c?est aussi la politique des plus privilégiés parce qu?en supprimant les voies sur berges, qui sont les portes d?entrée dans la Capitale, vous renvoyez finalement les banlieusards en banlieue.

C?est vrai que ceux-là ne votent pas pour vous, ni pour ni contre vous.

Une logique des plus privilégiés encore, car ce droit s?adresse à ceux qui peuvent vivre la Capitale comme un village, qui n?ont pas de problème de déplacement et qui ne subissent ni les contingences de la vie ni les effets de la crise, car vous ne devez pas l?ignorer, votre projet va fortement pénaliser le monde du travail : les salariés d?abord qui utilisent quotidiennement ces axes de circulation (60.000 rive droite, 35.000 rive gauche) mais aussi les entreprises dont la mobilité est un facteur essentiel du dynamisme de leur activité.

Ce n?est pas un petit sujet, Monsieur le Maire. Vous avez dû noter le nombre d?entreprises qui ont quitté Paris pour la banlieue ! Est-il bien opportun d?aggraver ce mouvement de fuite des sièges sociaux ?

En continuant sur cette voie, vous risquez de transformer le centre de Paris en centre de loisirs, mais peut-être est-ce là votre conception de la responsabilité politique ! La Seine est un élément symbolique de la dimension métropolitaine, elle mérite une réflexion commune sur le rôle du fleuve par l?ensemble des acteurs du Grand Paris, une vision globale qui serait partagée par toutes les composantes régionales et non pas un projet exclusivement centré sur Paris intra-muros. Nous avons la chance de disposer de l?Atelier international du Grand Paris qui réunit 10 équipes d?architectes urbanistes dont la compétence et la créativité sont reconnues. C?est là une grande chance de pouvoir bénéficier de leur expertise et de pouvoir confronter différentes visions sur le sujet.

C?est pourquoi, Monsieur le Maire, nous vous demandons de saisir l?Atelier international du Grand Paris en ce sens, afin que plusieurs projets puissent être élaborés dans une vraie dimension métropolitaine et alors que le Grand Paris est en marche.

Il conviendrait que la Ville de Paris, et c?est ma conclusion, ne s?enferme pas et pense à son développement, à son rayonnement, à la vie des vrais gens, à la vie de tous les Franciliens.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame la porte-parole des vrais gens, je voudrais quand même?

Elle m?a dit que je ne m?intéressais pas aux vrais gens ! Donc, Madame la porte-parole des vrais gens, Monsieur LAMOUR, ne protestez pas !

Je voudrais vous informer que l?immense majorité des salariés sont dans les transports en commun.

Deuxièmement, je vous informe, et Christian SAUTTER se tient à votre disposition, que l?attractivité économique de Paris s?est considérablement renforcée depuis 10 ans. Pourtant, nous avons fait baisser la circulation automobile de 24 %.

Vous me direz : dans le même temps, le monoxyde de carbone et le benzène ont baissé de 80 %. Chacun ses choix !

Enfin, chère Madame, vous ne pouvez pas dire que notre concertation est bidon et, en même temps, vous plaindre que l?on ait ajouté, effectivement, trois arrondissements dans le projet ! Une concertation, c?est fait pour influencer. Donc, moi, j?ai entendu la maire du 12e, le maire du 13e, les élus du 15e et voilà ! Et on a ajouté parce que, contrairement à d?autres, je ne suis pas immobile.

La parole est à M. Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Monsieur le Maire...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Les élus du 15e, j?ai dit.

Maintenant, c?est Jean-Pierre CAFFET seulement.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci.

Chers collègues, le projet de reconquête des berges de la Seine, dont nous avons débattu l?été dernier, a franchi une étape considérable grâce à une concertation intense, riche, associant bien entendu tous les acteurs institutionnels concernés mais aussi les Parisiens et les Franciliens qui ont été nombreux à s?exprimer.

Je dis d?ailleurs volontiers les Franciliens, parce que c?est sans doute la première fois qu?une concertation se déroule à une échelle métropolitaine aussi vaste et il est vrai que le sujet le méritait.

Il nous appartient donc, aujourd?hui, de tirer les conclusions de cette concertation, de mesurer ses différents apports au projet initial et, finalement, d?approuver un nouveau projet.

Pour ma part et au nom de mon groupe, je tirerai trois enseignements de cette phase de consultation.

Le premier, c?est l?adhésion très large de nos concitoyens à l?idée de reconquête des voies sur berges, mais aussi aux principes qui ont présidé, tant rive droite que rive gauche.

Le deuxième, c?est l?enrichissement pour le moins non négligeable du projet soumis à la concertation grâce à la mobilisation de tous ceux qui ont participé.

Quant au troisième enseignement, c?est que des oppositions persistent, peut-être irréductibles, l?avenir le dira, mais que ces oppositions apparaissent d?un autre âge.

Adhésion très large à l?idée et aux principes de ce projet, disais-je, c?est un fait, Monsieur LAMOUR, que le sondage réalisé à cette occasion montre que 70 % des personnes interrogées selon des méthodes scientifiques, et j?insiste sur ce terme, selon des méthodes scientifiques, y sont favorables, dont 58 % très favorables.

Cette adhésion ne s?est pas démentie lors des nombreuses réunions de concertation organisées au plan local ou sur le site dédié à cet aménagement sur Internet.

Enfin, la dimension métropolitaine évidente de ce projet a permis l?approfondissement des échanges entre Paris, les collectivités et les départements riverains, le dépassement de certaines interrogations ou inquiétudes, comme en a témoigné d?ailleurs la réunion publique du 30 novembre dernier qui a vu l?expression d?avis globalement très favorables des collectivités représentées, au-delà des clivages politiques traditionnels, y compris du Président de ?Paris Métropole?, je veux parler, bien évidemment, de Jacques JP MARTIN.

Deuxième enseignement : l?enrichissement du projet.

Si les objectifs généraux de ce projet ont été plébiscités, les avis ont été divers sur les usages des espaces ainsi libérés et les activités qui pourraient s?y implanter, sachant qu?au premier rang des attentes - excusez-moi, Madame CUIGNACHE-GALLOIS, dont je ne savais pas que vous étiez, en même temps que la porte-parole des vrais gens, la porte-parole du Président de Région, c?est une nouveauté - figurent la promenade, les loisirs et la détente le long du fleuve, ce qui n?exclut pas les activités économiques et l?utilisation de la Seine pour un renforcement de la logistique fluviale.

Cette prise en compte de la concertation se traduit, et c?est une excellente chose, par le choix d?une organisation des aménagements en plusieurs pôles : mode autour de Docks en Seine, culture au port de Solferino, lieu de rencontres et de festivités au pont Alexandre III, sport et nature au niveau du port du Gros-Caillou.

En outre, force est de constater que les préoccupations relatives aux risques de crues et aux questions de circulation ont été soigneusement examinées et des réponses apportées.

S?agissant de ce dernier sujet, celui de la circulation, ô combien importante, bien sûr, on ne peut que se féliciter des solutions proposées, comme l?élargissement du quai haut Anatole-France à trois files de circulation pour régler le seul problème sérieux, à savoir le risque de difficulté de circulation entre le pont Royal et celui de la Concorde.

N?ayant jamais été partisan de la thèse selon laquelle, pour réduire la circulation automobile, il fallait organiser la congestion, ces propositions nous conviennent parfaitement.

Enfin, je crois qu?il faut saluer l?extension du projet ou les aménagements complémentaires prévus dans quatre arrondissements supplémentaires : les 4e, 12e, 13e et 15e arrondissements.

Bien sûr, et c?est le troisième enseignement, des oppositions persistent ; elles ont les mêmes protagonistes (la C.C.I.P., le M.E.D.E.F. et une partie de la Droite parisienne), la même constance (opposition aux couloirs de bus en 2001, opposition au tramway des Maréchaux pendant la précédente mandature, opposition à l?aménagement des voies sur berges aujourd?hui), la même argumentation selon laquelle toute diminution de la circulation automobile serait préjudiciable à l?activité économique, le M.E.D.E.F., allant même, contre toute raison, jusqu?à évoquer des millions d?heures de travail perdues si le projet dont nous débattons aujourd?hui était réalisé.

Peu leur importe que les études réalisées par la Ville et validées par l?État montrent une augmentation de six à sept minutes au maximum de la traversée de Paris à l?heure de pointe.

Peu leur importe que selon une étude conduite, non pas par la Ville mais par la R.A.T.P., près de 90 % des commerçants riverains du tracé du tramway des Maréchaux se déclarent satisfaits de ce nouveau mode de transport collectif.

Peu leur importe que, malgré les couloirs des bus, le tramway, ces ?crimes? commis par notre Municipalité contre l?économie parisienne, le nombre d?entreprises dans Paris ait progressé de 25 %, celui des touristes de 15 %, l?emploi augmenté et le chiffre d?affaires des grands magasins battu des records l?an dernier.

Par quels mystères peut-on être ainsi aveuglé ?

Par l?incompréhension des principes nouveaux de développement des métropoles modernes qui tablent sur la qualité de la vie pour être plus attractives ? Par nostalgie de l?époque pompidolienne, où il fallait adapter la ville à la voiture ?

Sans doute les deux, mais peu importe, ne nous laissons pas distraire par ces combats d?arrière-garde et poursuivons nos efforts pour faire en sorte que Paris, Madame CUIGNACHE-GALLOIS, soit véritablement toujours en mouvement.

Vous nous avez dit, Monsieur le Maire, votre détermination à ce que ce projet aboutisse. Sachez que la nôtre est à l?aune de celle que vous affichez et que pour le mener à bien, nous serons à vos côtés.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela avait de la tenue, Monsieur CAFFET !

Et alors, vous croyez que je n?ai pas d?avis ? Je l?exprime. Ma liberté d?expression vaut bien la vôtre !

Monsieur NAJDOVSKI, vous avez la parole.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

En juillet dernier, notre Assemblée avait approuvé les modalités de la concertation en vue de l?aménagement des berges de Seine.

La Seine, vous l?avez dit, c?est le c?ur de Paris, sa colonne vertébrale, sa ligne de vie.

Alors que, de tous temps, les Parisiens ont vécu près de leur fleuve, les aménagements urbains de l?ère du tout automobile, chers à Georges Pompidou et, il faut le croire, à la partie droite de cet hémicycle encore aujourd?hui, ont coupé Paris de son fleuve, sur sa rive droite comme sur sa rive gauche.

Les écologistes se sont depuis toujours opposés à ces aménagements qui défigurent la ville et la déshumanisent. Nous l?avons déjà dit, les berges de Seine offrent aujourd?hui un paysage indigne de notre Capitale, celui d?une autoroute urbaine en plein c?ur de la ville, alors qu?elles sont pourtant classées au patrimoine mondial de l?Humanité.

Cette aberration urbanistique, cet anachronisme, nous avons pris l?engagement d?y mettre fin il y a 10 ans déjà, lorsque la majorité municipale de gauche et écologiste est arrivée aux responsabilités à Paris.

Comme vous le savez, Monsieur le Maire, pour les élus du groupe ?Europe Ecologie - Les Verts et Apparentés?, l?aménagement des berges de Seine mérite d?être pensé dans sa globalité, en tenant compte non seulement des berges, mais aussi des quais hauts, tant leur fonctionnement est étroitement imbriqué.

C?est d?ailleurs à l?échelle métropolitaine qu?il convient de réfléchir au devenir des berges de Seine. Cela a été acté lors de la première phase de concertation, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir.

Nous avions proposé en février 2010 qu?un concours international d?architecture puisse être lancé pour imaginer l?avenir des berges et des quais hauts, mais nous n?avons, hélas, pas été entendus sur ce point.

Nous regrettons aussi que le scénario d?une reconquête globale des berges, incluant la rive droite, que nous avions proposé comme deuxième variante à présenter au public, n?ait pas été soumis à la concertation.

Si nous approuvons, bien entendu, la reconquête de la rive gauche, permettez-nous de réaffirmer nos interrogations sur l?aménagement proposé en rive droite.

La transformation d?une partie de la voie expresse en boulevard urbain est certes une avancée, mais, pour nous, bien trop timide. Nous nous interrogeons notamment sur la façon dont pourront cohabiter une circulation automobile qui restera extrêmement intense et une circulation piétonne que l?on fera descendre sur la berge, là où elle est aujourd?hui interdite.

D?ailleurs, nous notons que le résultat de l?enquête réalisée auprès de 1.400 habitants de Paris et de quatre communes riveraines de la Capitale montre une moindre adhésion à l?aménagement rive droite - 63 % d?avis favorables - que pour celui de la rive gauche, plébiscité à hauteur de 71 %.

Il serait intéressant de connaître votre analyse de ce moins fort enthousiasme.

Nous pensons qu?un scénario de reconquête plus large des berges aurait pu être soumis au débat et à la concertation avec un renforcement concomitant et conséquent de l?offre de transports en commun sur les quais hauts.

Le dossier de présentation, remis en mai dernier, précisait bien, je cite :

?En 2001, les berges du 7e comme du 4e arrondissement sont restées fermées plus de deux mois en pleine période de plein trafic.

Si les temps de parcours ont été globalement augmentés, le fonctionnement métropolitain n?a cependant pas été affecté dans un contexte où le niveau de circulation était globalement supérieur?.

D?autant que la réduction de capacité de circulation liée à la fermeture des berges est de loin inférieure à l?augmentation de l?offre de transports collectifs que nous avons réalisée ou qui est programmée pour les années à venir avec l?amélioration de la ligne 1 du métro et des RER A et C.

Nous proposons également que la Ville étudie dans les plus brefs délais la mise en site propre systématique des bus sur les quais hauts, en particulier dans les 5e et 15e arrondissements, et qu?elle mette à l?étude la réalisation d?un transport en commun en site propre à haute qualité de service sur les quais hauts, en rive droite.

Nous réaffirmons aussi notre volonté forte que le service public fluvial ?Voguéo? soit pérennisé, étendu à l?ensemble du bief de Paris, soit de Maisons-Alfort à Suresnes, et qu?il soit amélioré dans sa fréquence et sa connexion aux autres modes de transport en commun.

La Ville de Paris s?est battue pour que ?Voguéo? existe et notre collègue Denis BAUPIN a beaucoup ?uvré sous la précédente mandature en faveur de ce mode de transport qui peut apporter un plus indéniable à l?offre de transports publics métropolitaine.

Au moment où l?expérimentation de ?Voguéo? risque de tourner court, il est plus que jamais indispensable que notre collectivité réaffirme son attachement à ce mode de transport.

C?est le sens d?un des v?ux que nous déposons.

Il est primordial en effet de ne pas réduire le débat des berges à la seule circulation automobile, mais de raisonner en termes de mobilité globale et soutenable en incluant l?offre de transports en commun.

De même, pour nous, la vocation économique de la Seine doit être affirmée car le développement du fret fluvial en substitution du fret routier constitue un élément de la conversion écologique de l?économie que nous souhaitons promouvoir.

A l?issue de la première phase de concertation, nous sommes satisfaits de noter que certains des amendements que nous avions portés aient été repris et intégrés au projet, je pense par exemple à la liaison piétonne entre le port Henri-IV et le Bassin de l?Arsenal ou bien encore à l?étude de l?élargissement du port de la Rapée au niveau de la voie Mazas pour assurer une continuité piétonne de qualité sur la berge en rive droite.

Je pense aussi à l?étude de la liaison sous le Pont Royal, entre le port de Solférino et le port des Saints-Pères, en rive gauche, ou bien encore au réaménagement du port de Bercy sur lequel pourraient être développées des animations culturelles et citoyennes, avec des péniches associatives comme tente de le faire aujourd?hui, non sans mal, la péniche associative Alternat.

D?un point de vue urbain, relier le parc de Bercy dans le 12e arrondissement au parc André-Citroën dans le 15e arrondissement par les berges de Seine, sans discontinuité pour les piétons, mais aussi pour les cyclistes, doit pouvoir devenir une réalité.

Nous insistons également sur l?importance des aménagements et des animations proposés sur les berges reconquises.

Pour les élus de notre groupe, il est primordial d?ouvrir des lieux de détente et de promenade sur les berges de Seine.

La reconquête du lien vers le fleuve est d?ailleurs une réalité dans des villes comme Bordeaux ou Lyon, où les nouveaux espaces ouverts à la population sont plébiscités.

Nous insistons à nouveau pour que les espaces nouveaux qui seront ouverts restent des espaces préservés de la marchandisation, où l?on pourra avant tout se promener et bénéficier d?un paysage exceptionnel au c?ur de la ville.

C?est d?ailleurs le souhait d?une majorité des personnes interrogées à l?occasion du sondage réalisé par la Ville de Paris.

C?est bien à une renaturation à laquelle nous aspirons, à la préservation de la biodiversité de ce corridor écologique que constitue la Seine, à la découverte de lieux où nous pourrons tous (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, personnes en situation de handicap) jouir de ce site exceptionnel.

A cet égard, la situation de l?Ile aux Cygnes dans le 15e arrondissement mérite que l?on s?y attarde. Par sa morphologie et ses dimensions, elle constitue un espace propice au maintien de la biodiversité, de la faune et de la flore aquatique à Paris.

Nous proposons un réaménagement de l?Ile et de l?allée des Cygnes en concertation avec les habitants. La mise en valeur de la statue de la Liberté, élément du patrimoine parisien trop méconnu, pourrait aussi faire partie du programme d?aménagement de l?Ile.

Nous sommes aussi bien entendu favorables aux animations, mais nous souhaitons qu?elles restent essentiellement gratuites et qu?elles offrent à tous la possibilité d?y accéder : jeux pour enfants, rampes de skate et terrains de sport pour ados, espaces pour les piétons distincts de ceux pour les cyclistes ou rollers, bancs pour que les personnes puissent s?asseoir, pelouses accessibles, espaces libres où chacun pourra, à son gré, se déplacer ou faire une pause.

L?augmentation substantielle du coût de fonctionnement entre le projet initial et le projet présenté aujourd?hui nous interpelle.

Il y a un risque, selon nous, à vouloir privilégier des activités rentables au détriment des activités non lucratives pour financer le coût de fonctionnement des aménagements réalisés.

Nous souhaitons pour notre part que la Ville de Paris privilégie la simplicité pour un coût de fonctionnement restant dans l?ordre de grandeur de l?enveloppe initiale.

L?agrément qu?offrent les berges contribue également au rayonnement international de la Capitale.

Il suffit de voir le succès de ?Paris Respire? et de ?Paris Plage?, cette dernière manifestation étant populaire autant auprès des touristes que des Parisiens et Franciliens qui ne partent pas ou ne peuvent pas partir en vacances, faute de moyens.

L?accès aux berges de la Seine, c?est non seulement l?accès à des espaces en plein air, mais c?est aussi faire jouer à l?espace public un rôle social fédérateur.

Nous vous proposons dans un v?u, Monsieur le Maire, que nous étendions l?opération ?Paris Respire? au samedi afin que les berges de la rive droite soient accessibles à tous pendant tout le week-end.

Nous pourrions aussi réfléchir ensemble à une extension de ?Paris Respire? sur une cinquième semaine pendant l?été.

Comme le disait ma collègue Danielle FOURNIER lors de notre débat de juillet dernier, cette liberté laissée à chacun de pouvoir apprécier le paysage des berges, c?est ce qui fait une ville vivante et agréable, une ville où l?on prend le temps de s?arrêter aussi et de ne rien faire, une ville qui vit le jour et la nuit.

Nous sommes satisfaits à cet égard que des lieux soient prévus aussi pour les noctambules.

Nous insistons aussi sur l?indispensable continuité des aménagements qui seront réalisés, tant pour les piétons que pour les cyclistes, car ce qui caractérise aujourd?hui les berges, c?est leur morcellement, leur illisibilité et leur manque de continuité.

Monsieur le Maire, en conclusion, je voudrais vous dire que les élus du groupe ?Europe Ecologie - Les Verts et Apparentés? considèrent que le projet que vous proposez constitue une première étape de la reconquête des berges de Seine.

Conscients de notre responsabilité, du caractère historique de cet aménagement qui fait rentrer Paris de plain-pied dans le XXIe siècle et lui fait définitivement tourner le dos aux chimères du tout automobile, nous estimons que nous devons résolument avancer et offrir aux Parisiens, aux Franciliens, aux gens du monde entier qui aiment Paris, un nouvel espace de liberté et de beauté au c?ur de Paris.

C?est la raison pour laquelle nous approuverons ce projet avec raison mais aussi avec fierté.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur BROSSAT, vous avez la parole.

M. Ian BROSSAT. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues, l?Opposition municipale nous avait pris de haut en juillet dernier, au moment de la présentation de l?avant-projet de réaménagement des berges de Seine.

Pourtant, le bilan de la concertation préalable démontre le soutien des Parisiens à notre ambition d?une ville plus douce et plus apaisée.

Dans leur grande majorité, à plus de 70 %, cela a été dit par mes collègues, ils y sont favorables.

N?en déplaise à l?U.M.P., l?époque a changé et les habitants de Paris veulent marquer l?entrée dans notre collectivité dans le XXIe siècle, au c?ur même de la ville, à son point de départ, son origine géographique, économique et culturelle.

La rupture est consommée avec une seconde moitié de XXe siècle qui érigeait la voiture en mode de déplacement principal, comme marqueur social et comme signe de progrès technologique.

La vitesse appartient désormais à des systèmes de communication dématérialisés, l?habitant d?une grande métropole moderne aspire, lui, à d?autres pratiques urbaines, d?autres rythmes.

Cela va dans le sens des efforts de notre Municipalité depuis 2001, et c?est une excellente nouvelle, la ville doit changer elle aussi, nous la changerons avec les Parisiens.

Au c?ur de la métropole, au pied d?un paysage architectural exceptionnel, classé par l?UNESCO au patrimoine mondial de l?Humanité, passe aujourd?hui une voie rapide dédiée au dioxyde de carbone et au bruit ininterrompu des moteurs.

Les Parisiens ne veulent plus de ce stigmate d?une époque révolue. Nos collègues de l?U.M.P., vous vous en souvenez, avaient l?ambition de le mettre sous cloche sans y toucher.

Chacun son idée du patrimoine, ce n?est pas la nôtre, ni celle des habitants de notre ville, qui préfèrent, à la voie Georges Pompidou, la Seine, le Louvre et le Musée d?Orsay, heureusement.

Nous les rendrons donc aux Parisiens, et je souhaite que la mise en ?uvre de ces nouvelles berges de Seine à taille humaine soit exemplaire de notre volonté de service, de nos exigences de solidarité et de nos ambitions de partage.

Les Parisiens doivent trouver là un refuge contre l?accélération du temps, des communications et des transactions, qui caractérisent et déshumanisent l?extrême modernité.

Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche avait souhaité que la concertation préalable au réaménagement des berges de Seine soit étendue au maximum d?habitants de Paris et de sa métropole, et pas seulement aux arrondissements concernés.

Le résultat de cette concertation et du sondage commandé par la Ville montre que les berges de Seine sont un enjeu pour l?ensemble des Franciliens. Certains acteurs de l?agglomération et d?habitants de Paris expriment cependant des interrogations.

En vérité, la principale interrogation touche l?offre de transport et la fluidité des déplacements au c?ur de notre ville. Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche a déposé un v?u en ce sens.

Les résultats des études d?impact démontrent que la circulation automobile et les temps de déplacements ne seront que marginalement altérés par le réaménagement des berges de Seine, mais la réussite de notre projet en dépend. Non seulement la collectivité doit veiller à ce que l?ensemble des Parisiens et des Franciliens?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Attendez un seconde, parce que je ne sais pas pourquoi mais par moments il y a un bruit de fond. Voilà. Donc, je demande que tous les orateurs, quels qu?ils soient, soient écoutés. Voilà.

Vous dérangez Jean VUILLERMOZ et cela me contrarie beaucoup.

Non, il est toujours très vigilant et le sport est très important sur les voies sur berges. Donc, on s?écoute tous. On s?écoute tous ! Et on tient les réunions où on veut, je n?ai rien contre, mais pas pendant les interventions.

Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT. - Merci, non seulement la collectivité doit veiller à ce que l?ensemble des Parisiens et des Franciliens ne soit pas pénalisé dans leurs déplacements, mais elle doit créer de nouveaux itinéraires et de nouvelles mobilités.

C?est un principe auquel les élus de notre groupe sont profondément attachés. Toute réduction de la place de la voiture doit s?accompagner d?un accompagnement des transports en commun. C?est d?ailleurs ce que Jean VUILLERMOZ disait au cours de la précédente mandature, quand il occupait ma place. Pour précisément que les Parisiens et les Franciliens se réapproprient les berges de Seine, il faut en faciliter l?accès.

La concertation montre que de plus en plus d?habitants considèrent le vélo et circulations douces comme des modes de circulation à part entière, et non pas seulement comme une activité de loisirs, mais ces modes de circulation dépendent de l?offre globale de transports collectifs.

Pour que les uns puissent faire du vélo, les autres doivent délaisser leur voiture et pour qu?ils la délaissent il faut une offre de transport collectif cohérente. Une offre qui viendra irriguer aussi ce c?ur de la ville que nous réaménageons.

Pour fluidifier les déplacements, rediriger les Parisiens vers les berges de Seine, la Ville doit interpeller le S.T.I.F. Pour densifier l?offre globale de bus, de nouveaux itinéraires, de nouveaux arrêts doivent être également définis avec la R.A.T.P. C?est l?objet d?un des v?ux que nous présentons.

Car c?est le mouvement qui doit commander nos projets : un mouvement qui réconcilie, qui rassemble et qui ne divise plus. La voie Georges Pompidou aura été, pendant des décennie, le symbole de ce mouvement qui divise, qui sépare, qui éloigne, un mouvement par exclusion du reste, de tout le reste. C?est la vision d?une ville, conçue comme une machine infernale, qui transporte ses habitants d?un point à un autre, par nécessité, par fonction.

Les nouvelles berges de Seine doivent symboliser un autre mouvement, doux, apaisé, alternatif à l?accélération moderne des rythmes de vie urbaine, un mouvement qui réconcilie rive droite et rive gauche, qui réconcilie les transports et la promenade, le déplacement et les activités culturelles et sportives.

Surtout un mouvement qui rassemble tous les Parisiens et tous les Franciliens, et n?abandonne personne. Vous l?aurez compris, nous soutenons ce projet et nous souhaitons vivement que nos v?ux puissent être adoptés.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur MARTINS, vous avez la parole.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, comme je l?affirmais en juillet dernier, je partage votre double ambition sur ce projet.

La première, celle de reconquérir le fleuve et de rendre aux Parisiens l?élément naturel constructeur de l?histoire de leur ville, de leur histoire et de son développement. La deuxième ambition que je partageais avec vous était celle de réduire la place de la voiture individuelle polluante dans Paris. C?est autant le sens de l?histoire que notre responsabilité environnementale à destination des générations futures. Donc, je partageais cette double ambition.

Pour autant, si ces ambitions étaient justes, elles appelaient déjà en juillet et elles appellent toujours certaines réserves et remarques.

La première, Monsieur le Maire, est que, non, vous n?inventez pas les voies piétonnes le long du fleuve et, non, on ne peut pas prétendre aménager le fleuve quand on n?investit que sur trois tout petits kilomètres du centre de la capitale. Dès juillet dernier, Monsieur le Maire, je vous avais exhorté à investir sur les quais piétons existant dans les autres arrondissements, qui manquent eux aussi cruellement d?aménagement, de mobilier et d?ambition urbaine.

C?est le sens de l?amendement que je défendrai par ailleurs, car seul cet investissement sur l?ensemble du fleuve nous permettra de créer réellement une continuité des mobilités douces le long de la Seine, et de créer ainsi ce que nous appelons, nous, une coulée bleue et qui permettra attractivité pour la capitale et lieu sympathique de cadre de vie pour nos concitoyens.

La seconde réserve, Monsieur le Maire - je ne vais pas la développer plus avant -, concerne évidemment la circulation automobile et nos inquiétudes sur l?encombrement probable du centre de la Capitale, et l?absence totale qui était celle du premier projet sur l?offre complémentaire de transports en commun.

Et miracle ! Miracle, Monsieur le Maire, une fois n?est pas coutume, vous avez écouté et, fait encore plus incroyable, vous avez entendu la concertation. Elle a eu lieu et elle a confirmé, par ailleurs, les remarques que nous avions faites. Je dois reconnaître qu?une grande partie des remarques et des inquiétudes que j?avais soulevées en juillet ont été levées dans ce projet modifié. Je regrette peut-être que cette écoute de la concertation ne soit pas la règle dans certains projets, tout aussi majeurs, comme l?aménagement des Halles ou Roland Garros

Si je vous reconnais, Monsieur le Maire, le mérite d?avoir su lever une partie des réserves, je veux vous dire ceci : on peut avoir raison sur l?ambition, sur l?objectif et sur le projet, et tort sur la méthode et sur l?exécution.

C?est pourquoi je vous invite vraiment à rejoindre le camp de ceux qui préfèrent la conduite du changement à faire le bonheur des gens contre leur gré et la réforme à la brutalité.

Et c?est pourquoi, Monsieur le Maire, je vous invite à accepter l?idée d?une mise en place progressive de ce réaménagement de voirie, qui permettra de conduire nos concitoyens vers des choix de déplacement plus responsables, plus écologiques et qui permettront à nos concitoyens d?accepter et d?intégrer les nouvelles données de voirie que ce projet engendrera.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Je vous remercie de votre note. Si j?ai bien compris, c?est : peut mieux faire ! Et en fait, je ferai vraiment bien quand je serai au MoDem, quoi ! Mais je ne garantis rien.

Mais j?aime bien l?échange qui est très cordial. Je le dis avec beaucoup de gentillesse.

Madame DATI, vous avez la parole.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous pourrions, en ce qui nous concerne, nous arrêter effectivement à l?intervention extrêmement brillante et complète de notre collègue Edith CUIGNACHE-GALLOIS, mais on voudrait aussi repréciser certains éléments.

D?abord, évoquer dans quelles conditions vous avez lancé ce projet de fermeture des voies sur berges, au cours d?une conférence de presse, le 14 avril 2010, sans concertation préalable et sans y avoir associé ni les élus, ni les maires d?arrondissement en particulier, et encore moins les Parisiens et les Franciliens. C?est vrai que votre déclaration avait provoqué la surprise et l?émoi de certains Parisiens, pour ne pas dire plus globalement des Franciliens.

C?est pourquoi j?ai organisé, dès le 31 mai dernier, une réunion publique, à laquelle j?avais convié les élus de la mairie de Paris. Aucun n?a souhaité venir. Ce sont donc les responsables techniques de l?A.P.U.R. et de la Ville qui ont dû faire face à l?hostilité des habitants, et particulièrement des gens qui travaillent.

Il vous aura fallu six mois pour organiser la concertation, à laquelle vous ne pouviez plus échapper dans ces conditions.

Il ressort finalement du bilan de votre concertation que votre projet ne passionne pas. Que l?on en juge les 2.113 avis anonymes, recueillis par vos services, soit moins de 0,1 % de la population parisienne.

Je ne reviens pas sur le contenu et les questions posées dans le cadre de ce sondage, si bien décrit par Edith CUIGNACHE-GALLOIS avec réalisme, mais aussi avec poésie. La consultation nominative, que j?ai organisée sous contrôle d?huissier, donne en revanche des résultats sans appel, puisque près de 6.000 votants ont répondu et qu?à plus de 90 %, ils se sont prononcés contre le projet.

Comme vous pouvez le constater, nous avons mobilisé près de trois fois plus, Monsieur le Maire, avec des avis nominatifs, fiables, dépouillés sous contrôle d?huissier, sans recours à aucun cabinet de communication, et encore moins à un institut de sondage.

Oui, nous sommes encore en lien avec les réalités ici. Vous répondiez avec beaucoup de hauteur en qualifiant notre collègue Edith de Madame le Peuple, nous, nous sommes encore en lien avec eux, effectivement, et les Parisiens en particulier.

Il faut bien avouer que l?opposition à la fermeture des voies sur berges transcende les clivages partisans, même parmi vos amis politiques et y compris sur les bancs de cette Assemblée.

Les personnes publiques les plus concernées ne vous ont pas non plus donné leur aval, ni le Préfet de police comme on l?a encore entendu ce matin, qui est responsable de la fluidité des déplacements et de la sécurité des Parisiens, ni la R.A.T.P. qui refuse la suppression des couloirs de bus, ni les pouvoirs économiques, ni mêmes plusieurs collectivités territoriales ne vous ont donnés leur blanc-seing.

C?est, cependant, sur le fond que demeurent les problèmes les plus lourds. En concevant un projet uniquement tourné vers les loisirs et les activités ludiques, vous avez oublié ceux qui travaillent, ceux pour lesquels cet axe est stratégique et vital économiquement, mais, également, vous avez oublié le rôle stratégique que les berges ont toujours joué dans l?histoire de Paris pour le transport et la logistique.

Ce rôle est pourtant appelé à se renforcer avec la montée des préoccupations environnementales et les engagements du Grenelle de l?environnement.

C?est d?ailleurs tout le sens du courrier que Dominique BUSSEREAU, alors ministre des Transports, vous a adressé, en vous rappelant que les berges sont destinées en priorité au transport fluvial, au transport de passagers et à la logistique urbaine.

L?Ile-de-France est l?agglomération la plus embouteillée d?Europe et cette fermeture brutale nuirait gravement à notre productivité et à notre attractivité économique.

Qu?allons-nous faire des près de 4.000 véhicules par heure qui circulent aujourd?hui sur ces voies sur berges et qui viendront aggraver les problèmes d?embouteillages et empêcheront l?accès aux services de secours, les pompiers et le S.A.M.U. ?

Londres, qui devance encore Paris dans les classements, a réussi la reconquête des berges de la Tamise, avec des projets centrés sur la volonté d?accroître son attractivité économique, facilités par le vaste périmètre du Grand Londres, à Paris plus de 1.200 kilomètres carrés contre 105 kilomètres carrés.

Vos propositions en matière de transports de substitution relèvent de l?utopie, pour ne pas dire de la plaisanterie.

Qui peut croire que la ligne n° 1, qui est déjà la plus chargée du réseau, pourra servir d?exutoire ? Ne parlons pas des bus, dont la moitié des lignes parisiennes seront ralenties par votre projet selon la R.A.T.P. elle-même. Qui paiera d?ailleurs pour les heures perdues par les transports collectifs ?

Rappelons l?échec de ?Voguéo?, que vous proposez pourtant comme une idée nouvelle, pour ne pas dire comme une solution.

Vous n?êtes pas sûr vous-même de votre projet, puisque vous l?avez revu en proposant de réaménager le quai Anatole-France, au risque de confisquer le couloir de bus, de supprimer l?espace cyclable, à nouveau sans aucune consultation.

En vérité, les reports de circulation se feront dans les rues de Paris et sur le périphérique. Ce sont donc les conditions de vie des Parisiens que vous sacrifiez au profit de quelques loisirs éphémères, comme l?a indiqué le Préfet de police.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de mettre en danger nos concitoyens par le ralentissement ou le blocage des véhicules de secours.

Il faudra également surveiller les quais bas, propices aussi parfois aux trafics douteux, sans parler de la crue centennale qui se chargera d?emporter tous ces aménagements que vous souhaitez. Que ferons-nous et que deviendront les barges et les autres jardins flottants en cas de crue ?

Monsieur le Maire, un tel projet ne doit pas s?ajouter aux autres échecs et autres gouffres financiers, qu?il s?agisse des Docks de Seine, du ?104?, du stade Jean-Bouin, des Halles et de bien d?autres.

Paris a déjà été assez massacrée architecturalement et matraquée fiscalement pour ne pas en rajouter. Pour développer les activités artistiques et culturelles, je préférerais améliorer l?accueil du Conservatoire municipal du 18e arrondissement qui refuse tous les ans 300 élèves, je préférerais également que les 40 millions d?euros soient utilisés pour construire 10 crèches de 66 berceaux afin d?aider à répondre aux 15.000 enfants encore en liste d?attente à Paris.

Nous ne sommes pas sectaires. Nous sommes parfaitement disposés à nous investir dans un projet utile d?aménagement des berges, mais à la bonne échelle, celle du Grand Paris, comme cela a été fait dans le cadre du Grand Londres, mais avec le conseil et la vision prospective des professionnels et de l?Atelier international du Grand Paris.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, chère Madame, de votre sens de la nuance, notamment sur tous mes échecs qui me submergent.

Je remercie gentiment, ne m?engueulez pas !

Demandez à Rachida DATI si j?ai du mépris pour elle ! Pas du tout.

La parole est à Mme Dominique BERTINOTTI.

Mme Dominique BERTINOTTI, maire du 4e arrondissement. - Je vais être dans le propositionnel et dans le constructif.

Nous voici arrivés à la fin d?une première phase de concertation parisienne et je me félicite que des éléments de la concertation du 4e arrondissement aient été repris dans la délibération qui nous est proposée aujourd?hui.

J?aimerais rappeler rapidement le sens de cette concertation, les principaux éléments conclusifs et les axes sur lesquels nous attendons de la Ville des approfondissements.

Les travaux du Conseil de quai mis en place dans le cadre de la concertation sur ce projet nous enseignent que les habitants du 4e, au-delà d?une approche strictement locale, ont intégré à leur réflexion une dimension plus globale sur le devenir des arrondissements centraux d?une Métropole, autrement dit, du futur rôle de l?hypercentre de Paris Métropole.

Des principes forts ont guidé notre travail collectif fondé sur l?exigence d?une multifonctionnalité : à la fois développer un arrondissement qui accueille et garde ses habitants, mais aussi un quartier qui génère une pluralité d?activités économiques, afin d?assurer une mixité sociale et professionnelle, meilleure garante contre une muséification de ces arrondissements centraux.

Cette concertation approfondie dans le 4e a débouché sur des propositions indispensables à un réaménagement ambitieux des bords de Seine. Elles se sont articulées autour de cinq axes :

- redonner un vrai rôle urbain aux berges en retrouvant des usages variés et utiles à la Ville (économiques, transports, marchands, loisirs) ;

- créer une promenade piétonne continue en bord de Seine depuis l?Hôtel de Ville jusqu?à Bastille ;

- réimplanter des activités économiques en bord de Seine, dont le transport fluvial des marchandises, pour faciliter l?approvisionnement des commerces de centre-ville. Ce conseil de quai a également proposé d?organiser un marché alimentaire de producteurs franciliens, dont les vivres seraient acheminées par voie d?eau, suggestion à laquelle nous travaillons dès à présent ;

- améliorer le lien entre les quais hauts et les quais bas, afin de concilier la vie des habitants des quais hauts avec les nouvelles finalités des voies sur berges ;

- enfin, développer un véritable paysage urbain de bord de Seine de qualité, ce qui suppose un projet qui aille au-delà d?un simple réaménagement de voirie.

Comme vous le voyez, les riverains, habitants et commerçants de notre arrondissement ont exprimé avec force et détermination leur volonté de redonner à la Seine sa vocation de transport des hommes et des marchandises, dans la perspective d?une ville durable, d?en faire un nouvel axe déterminant pour la Ville de Paris et pour sa région.

Je souhaiterais néanmoins insister tout particulièrement sur la desserte des commerces de centre-ville par la voie d?eau, car il nous faut développer des formes innovantes de logistique urbaine pour le transport de marchandises.

55 % des Français considèrent le transport fluvial comme étant le plus respectueux de la nature. Mettre fin au tout routier représente une urgence écologique manifeste. Des villes étrangères l?ont déjà valorisé et sachons nous inspirer d?initiatives étrangères en la matière, et je pense en particulier à celles des pays du Nord tels que les Pays-Bas, qui présentent des expériences et des réussites à prendre en considération.

A titre d?exemple, la ville d?Utrecht, qui pratique depuis plus de 10 ans déjà la livraison de ces commerces de centre-ville par voie fluviale, plus de 65 commerces qui se font ainsi approvisionner à l?aide d?une barge municipale chaque matin pendant deux heures.

Ce mode de livraison coexiste parfaitement avec le paysage urbain de quais offerts également aux habitants et aux touristes.

Cette expérience nous montre combien il est important que nous engagions au plus vite une étude sur la desserte des commerces de centre-ville par voie fluviale.

Afin d?atteindre ces objectifs, et cela démontre bien que le monde économique y trouve aussi son compte dans ce réaménagement des voies sur berges, j?ai engagé une discussion avec les grandes enseignes de Paris : Galeries Lafayette, B.H.V, Monoprix, qui m?ont confirmé, cela encore très récemment, leur volonté de s?investir dans la mise en place à partir du fleuve de la desserte de leurs commerces.

Le 4e arrondissement est donc prêt à travailler en ce sens avec tous les partenaires et à devenir ainsi un terrain d?expérimentation de ces nouvelles pratiques.

A cet effet, le quai Henri IV jusqu?au bassin de l?Arsenal constitue dans sa configuration actuelle l?emplacement idéal pour accueillir une plateforme de livraison de marchandises.

La grande accessibilité de ces quais via la rampe qui relie les quais bas et la voie circulée des quais hauts pourrait permettre un transfert facile des marchandises vers les rues du Centre de Paris. Aujourd?hui, ces quais sont dédiés prioritairement à un usage de luxe, mais rien n?exclut qu?il soit envisageable d?imaginer un nouveau concept de port de centre-ville, intégrant la notion de partage de l?espace dans le temps entre activités à cet endroit-là.

Le transport final des marchandises vers les commerces du centre, soit le dernier kilomètre, serait effectué à l?aide de transports doux principalement électriques.

Quant au transport des passagers, et c?est un défi, il faut créer des arrêts de navette fluviale en plein centre ville. Certes, ce service ne fonctionne pas aujourd?hui de façon satisfaisante car a été perdue cette culture de l?utilisation de la voie d?eau pour les déplacements des passagers, mais une station en bordure de Seine au pied du Pont-Marie permettrait la création d?un véritable lieu de transport intermodal, essentiel pour appréhender le centre de la capitale autrement. Cette halte fluviale pourrait constituer par ailleurs un excellent lieu d?information concernant ses quartiers centraux, son patrimoine, ses activités culturelles abritant une multiplicité d?institutions culturelles.

Vous le comprendrez, cette délibération constitue pour nous une première étape qui se doit d?être engagée, poursuivie, approfondie, car comme le souligne si justement Laurent THÉRY, Grand Prix de l?urbanisme en 2010, le fleuve ne doit plus être considéré comme le support d?usages qui lui sont extérieurs mais être ce qui donne sens à l?histoire des lieux. La vocation de ces lieux ne peut être uniquement ludique. Elle doit renouer avec son histoire plurielle, dynamique, fondée sur la pluralité de ses fonctionnalités.

Nous, nous comptons bien nous donner tous les moyens pour que les Parisiens se réapproprient la Seine, et le fleuve redeviendra alors un véritable moteur économique, culturel, social de notre ville.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis d?accord avec cette intervention.

Monsieur CORBIÈRE, vous avez la parole.

M. Alexis CORBIÈRE. - Merci.

Mon intervention, bien sûr, s?inscrit dans la continuité de ce que disait tout à l?heure mon ami le président de mon groupe Ian BROSSAT. Nous soutenons ce projet. Il était inscrit dans les grands projets de la mandature. Il y a donc eu un choix démocratique qui a été fait, il reste maintenant à aller vers sa réalisation, et je dois avouer avant d?en dire un peu plus sur ce que nous comptons associer et rajouter à ce projet général, ma surprise d?entendre certains arguments de la part de nos collègues de l?opposition.

Certains vantent les mérites de la concertation citoyenne, mais pourquoi ne le font-ils pas sur des sujets touchant l?ensemble des Français ? Je pense notamment à la retraite, où pour ma part, je continue à demander un référendum. La retraite à 60 ans, elle, n?avait pas été annoncée par le Président de la République lors de l?élection présidentielle.

De plus, lorsque Mme DATI nous vante les mérites de la concertation qu?elle aurait faite, je rappelle qu?elle n?est peut-être pas totalement experte en concertation et que le mouvement actuellement en cours dans les tribunaux de justice est aussi la conséquence, pas seulement des propos du président de la République, mais de son manque de tact et de doigté quand il s?agit de concerter, et la façon dont elle a fermé de nombreux tribunaux démontre que sur ce sujet, elle n?a peut-être pas de leçons à donner !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ah ! C?est difficile, la démocratie ! Écoutez-vous !

M. Alexis CORBIÈRE. - De plus, pour en rajouter, puisque vous réagissez positivement à mes propos, j?affirme ici que vos réunions du 7e n?étaient pas réellement des réunions de concertation publique, mais plutôt parfois des réunions d?affolement public.

Oui, je le dis, certains arguments qui ont été avancés, non pas par vous, Madame DATI, mais qui se sont dits parfois au cours de ces réunions, n?étaient pas le visage du Paris que nous souhaitons mais plutôt un affolement généralisé au motif que ce projet aurait pour conséquence que la jeunesse de banlieue viendrait notamment dans le 7e arrondissement.

Eh ! Oui, les raisons de certains résultats ne sont pas toujours très dignes.

Alors, revenons à l?essentiel.

Ce projet a pour ambition la reconquête des voies sur berges.

Reste à savoir, cette reconquête au profit de qui ? Des choses ont été dites. Nous voulons moins de voitures, nous le voulons parce que c?est une exigence écologique. Mais qui va profiter de cette reconquête ? C?est la question que nous posons, sur laquelle nous serons particulièrement exigeants en tant que groupe.

C?est aux citoyens et aux Parisiens d?en profiter et non pas aux marchands. Si de nouveaux espaces sont libérés, ce n?est pas pour faire toujours plus de profits, aller toujours plus vers une société de consommation et transformer Paris en un gigantesque supermarché dans lequel des gens viendraient pour consommer, consommer sans cesse?

Premièrement, parce que c?est une vue de l?esprit, et cela ne crée pas de l?emploi de créer des zones plus importantes de consommation et deuxièmement, parce que ce n?est pas cela qu?attendent aujourd?hui nos concitoyens.

Nous voulons que sur ces voies de berges libérées, il y ait de la culture, il y ait des possibilités, notamment à travers des expériences d?économie sociale et solidaire, d?autres choses que de simples lieux de consommation. Nous serons vigilants à ce qu?il en soit ainsi. C?est un enjeu majeur pour faire de Paris une ville véritablement moderne à l?aube du XXIe siècle. Ce n?est pas gagné ! Nous le disons franchement, et nous serons, je le répète, attachés à ce qu?il y ait des services publics parisiens, car seul le service public est garant de l?égalité entre les citoyens ! Le reste ne fait qu?aller vers toujours plus d?inégalités : ceux qui ont les moyens de consommer pourront profiter de ces voies de berges, et les autres ne le pourraient pas, ce n?est pas le projet que nous soutenons !

Nous savons que de ce point de vue, nous partageons les grandes lignes de nos orientations, Monsieur le Maire. Nous avons souvent vu que c?est ce qui remonte des concertations, et je pense notamment à ce qui a été dit dans le 12e arrondissement : ce sont des lieux de culture et de rencontre, et j?insiste, pas des lieux de marchandisation et de consommation qui doivent se mettre en place.

Sur ces mots, ce sujet est une belle démonstration que l?exigence écologique ne peut être portée que par la puissance publique, la Ville seule ou en concertation avec l?État et la Préfecture. C?est ce nous appelons au Parti de gauche, et avec nos amis du Parti communiste, la nécessaire planification écologique que seule, j?insiste, la puissance publique peut porter pour faire reculer les intérêts privés qui sont contraires aux intérêts généraux.

Un dernier mot sur le v?u que nous avons présenté. Il y a actuellement, bien souvent sur les voies de berges, toute une série de nos concitoyens les plus frappés par la crise, que certains appellent parfois les sans domicile fixe, toute une série de nos concitoyens qui sont réduits à y habiter dans des logements précaires. Il ne s?agirait pas que ce projet ait pour seule conséquence de les chasser.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur CORBIÈRE.

M. Alexis CORBIÈRE. - Je conclus en invitant notamment à lire le v?u que nous présentons : nous reviendrons là-dessus tout à l?heure. Nous souhaitons que ce projet aille de pair avec des permanences sociales et sanitaires pour qu?il soit porteur de nos valeurs d?égalité.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, mais je rappelle à tout le monde que l?on plaide, que l?on développe ses arguments sur les v?ux pendant le débat général, il n?y a pas de retour.

J?en profite d?ailleurs pour informer le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés qu?il leur reste 10 minutes 52 pour trois orateurs, et le groupe U.M.P.P.A. qu?il leur reste 12 minutes 16 pour quatre orateurs.

Monsieur LECOQ, je serai équitable.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Un projet qui n?a pas lieu d?être avant l?heure?

Monsieur le Maire, mes chers collègues, avec le projet que vous nous présentez aujourd?hui assorti du bilan de la concertation, vous vous êtes surpassés dans tous les domaines où vous excellez, c?est-à-dire ceux d?une communication boursouflée et d?une pseudo concertation.

Rappelons tout d?abord que les voies sur berges sont restées en 2001 sous la responsabilité préfectorale alors que la quasi-totalité de la voirie parisienne passait sous votre responsabilité.

La Préfecture de police en a gardé le contrôle en raison de leur caractère stratégique de liaison transversale et de leur connexion au réseau autoroutier et de voies rapides franciliens.

À travers ce projet, vous n?hésitez pas à faire fi de cette réalité géographique et réglementaire en proposant un projet d?aménagement ludique dont les conséquences multiples sont manifestement sous-estimées.

Premièrement, reprenant les méthodes de vos alliés verts, vous n?hésitez pas à afficher des données fantaisistes en matière de temps de parcours supplémentaires, de report de circulation et de pollution.

Enfin, qui peut croire que les temps de parcours supplémentaires se limiteront à 6 minutes entre la gare d?Austerlitz et le pont de Bir-Hakeim, comme vous osez le prétendre dans votre projet ?

Nous avons vu fin décembre, lorsque la crue de la Seine a submergé les quais rive gauche, que la réalité était tout autre : en pleine période de vacances, le boulevard Saint-Germain était totalement saturé et les embouteillages, comme souvent, remontaient jusqu?au pont Alexandre III.

Alors que les études internationales montrent que Paris est malheureusement l?une des villes les plus embouteillées du monde, les multiples travaux sur le réseau francilien, notamment sur les tunnels, qui vont arriver, vont encore compliquer la donne.

Or vous n?hésitez pas à concevoir un projet qui va aggraver cette situation.

Lorsque dans 15 ou 20 ans, les progrès réalisés en matière de transports de banlieue à banlieue, lorsque le métro du Grand Paris sera en service et permettra à des millions de personnes d?éviter la capitale, alors le projet d?aménagement, voire de suppression de la circulation sur les berges de la Seine sera pertinent.

C?est d?ailleurs ce que vous avez répondu systématiquement aux ?Verts? pendant la première mandature lorsqu?ils vous avaient proposé à plusieurs reprises cette idée.

Comme vous, nous ne sommes pas défavorables à un aménagement raisonnable et réversible qui pourrait d?ailleurs être limité en fonction de la saison, voire à l?intérieur de la journée.

En revanche, l?aménagement définitif que vous proposez n?est pas acceptable, pour toutes les raisons exposées.

Parmi elles, permettez-moi d?évoquer l?insécurité qui risque de s?emparer de cette vaste zone, allant du musée d?Orsay jusqu?aux abords de la Tour Eiffel. Alors que nous sortons, Monsieur le Maire, avec lenteur d?une période hivernale qui a commencé en novembre, il est évident que fort peu nombreux seront les usagers des berges aménagées entre les mois d?octobre et d?avril.

En revanche, nous risquons certains soirs, et notamment les vendredis et samedis, d?attirer des personnes dés?uvrées et alcoolisées qui créeront un foyer d?insécurité permanent lors de la seconde partie de la nuit.

La situation que nous connaissons à partir du printemps sur la Passerelle des Arts justifie cette analyse.

Vous comprendrez donc, Monsieur le Maire, qu?au terme de mon intervention, je me prononce en faveur d?une expérimentation de la fermeture des berges, expérimentation aisée à mettre en ?uvre mais qui devra être d?une durée suffisante pour apprécier pleinement les mesures de compensation indispensables à prendre aussi bien rue de Rivoli que boulevard Saint-Germain.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela me rappelle un éditorial que vous aviez fait dans votre journal du 6e arrondissement après la victoire de la Gauche aux législatives de 1997 où tout y passait. Du même style ! Vous vous en souvenez, Monsieur LECOQ ?

Eh bien, moi aussi !

La parole est à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Monsieur le Maire, à n?en pas douter, ce projet marquera durablement le paysage urbain.

Comme les Halles, c?est une restructuration urbaine d?importance majeure. Comme Vélib? ou le tramway, c?est une avancée considérable pour la qualité de vie de nos concitoyens, une autre conception de notre cité.

Les opposants sont toujours les mêmes et utilisent les mêmes vieilles ficelles. A en croire la Chambre dite de commerce et d?industrie de Paris, il s?agit là d?une monstruosité ; ce projet serait un coup de poignard au petit commerce ; ce serait la fin de la liberté de circuler dans la Capitale ; ce serait même, selon le M.E.D.E.F., des millions d?heures de travail qui s?envolent.

Que le M.E.D.E.F. et la C.C.I.P. s?opposent à la volonté de notre Municipalité de Gauche, soit ! Ce n?est que la preuve que nous souhaitons bien des projets de société opposés et qu?ils nous considèrent à juste titre comme des adversaires.

Mais de là à tomber dans de telles outrances et vilenies, réussir à structurer un argumentaire reposant uniquement sur des contrevérités, il fallait oser. Cela est d?autant plus inadmissible que notre Municipalité n?a de cesse de développer la concertation la plus large.

Ce projet, c?est une première, a même été soumis à l?avis de ?Paris Métropole? et des communes limitrophes. Il n?y a que les Hauts-de-Seine - mais peut-on s?en étonner ! - qui aient émis un avis non favorable au motif suivant : Paris n?a pas assez consulté, oui, je sais, c?est risible ! - et doit inclure leur projet de 2x2 voies?? pour lequel eux n?ont consulté personne !

Bref, cette consultation a été menée de manière large et sérieuse. Pour s?en convaincre, il suffit d?y voir l?apport constitué par toutes les contributions, des associations, collectivités, institutions, citoyens. Ce sont les zones de pêche, escales fluviales, continuité des parcours cyclistes, inclusion de la circulation des poussettes, des rollers, liaison entre musée du Louvre et musée d?Orsay, rénovation des ports par Port de Paris, troisième file de circulation sur le quai haut Anatole France pour fluidifier le trafic automobile. Bref, ce n?est pas une consultation d?opérette comme en pratique le Gouvernement mais une véritable prise en compte de soucis individuels, collectifs, géographiques qu?Anne HIDALGO et son cabinet réussissent à rendre compatibles, autant que faire se peut, avec l?intérêt général et à inclure dans le schéma d?aménagement des voies sur berges que nous souhaitons.

Les élues républicaines socialistes pensent d?ailleurs que le meilleur gage de l?efficacité d?une telle démarche est l?avis favorable de tous les arrondissements, sauf le 7e et le 15e quelle surprise ! - et leur volonté d?enrichir le projet.

Je tiens seulement à remercier les élus U.M.P. du 15e qui ont permis à leur Conseil d?arrondissement d?illustrer une brillante cohérence : le 15e est contre le projet mais souhaite en même temps que nous poussions l?aménagement jusqu?à l?Ile aux Cygnes !

Les Franciliens, comme les commerces de proximité des bords de Seine, ont bien sûr tout à gagner à cet embellissement des quais. Ils le savent d?ailleurs, puisque 71 % soutiennent ce projet. Les artisans et les commerçants se rendent bien compte de l?intérêt évident d?avoir des personnes qui flânent à deux pas de chez eux plutôt que de les voir filer en voiture.

Je comprends bien sûr que la C.C.I.P., en retard d?un siècle, et le M.E.D.E.F. soient choqués que notre projet ne prévoie pas de donner la Seine aux promoteurs immobiliers et à la Jet Set. Et oui ! Je me souviens des premières déclarations de l?U.M.P. !

U.M.P. que je sens aujourd?hui très agacée de découvrir que près de trois quarts des Parisiens et des Franciliens, de toutes origines géographiques, sociales, professionnelles et politiques, sont favorables au projet. Même, plus de 40 % des lecteurs du Figaro, c?est dire et cela devrait vous interpeller !

Alors, pourquoi cette attitude tellement à contretemps ? On se perd en conjonctures : une telle ringardise étonne ! Est-ce de l?incompétence, de l?inconséquence ? Une méconnaissance du projet ? Est-ce une impossibilité de vivre et de construire le XXIe siècle ? Est-ce une forme d?humour que l?on ne comprend pas ? Car vous finissez par être drôles à force d?être pathétiques, mes chers collègues, particulièrement quand, au nom d?un référendum dans le 7e arrondissement, vous prétendez défendre les salariés de banlieue !

Pour ce qui nous concerne, je fais confiance au Maire de Paris, à sa Première adjointe, aux adjoints concernés, pour mener à bien un projet qui allie, dans une volonté de mixité sociale, sport, culture, nature et activités économiques.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur TRÉMÈGE, vous avez la parole.

M. Patrick TRÉMÈGE. - Si j?ai bien compris, Monsieur le Maire, il s?agit pour notre Assemblée d?approuver aujourd?hui le bilan de concertation préalable relatif à l?aménagement des berges de Seine. Je dis ?concertation? parce que, à vous écouter, je ne suis pas convaincu que vous sachiez bien de quoi il s?agit quand on parle de concertation !

Monsieur le Maire, comment pourrions-nous, en responsabilité, approuver le bilan d?une si faible concertation et si totalement tronquée ?

Vous tirez notamment gloire des 1.750 personnes qui ont participé aux réunions publiques, dont 300 enfants, et - mieux encore ! - des 2.284 contributions dont vous considérez que 65 % ont émis un avis favorable. Autrement dit, avec 1.484 avis favorables, vous considérez sans rire que la concertation a eu lieu, qu?il n?y a plus rien à voir et que le dossier est bouclé.

Cette concertation est tronquée et elle n?est pas sincère, dans la mesure où, tout au long de son déroulement, elle a été conduite de façon partisane et politicienne par vos adjoints qui avaient comme feuille de route d?aboutir à la conclusion que vous nous proposez aujourd?hui : rendre les berges aux piétons, développer et diversifier les usages en offrant des activités sportives et culturelles, valoriser ce site unique porteur de l?identité de Paris, renforcer la continuité écologique de la Seine. Comment et qui ne pourrait pas être d?accord sur de telles propositions ? C?est carrément Noël, comme l?a souligné excellemment Edith CUIGNACHE-GALLOIS !

Je m?étonne d?ailleurs qu?il n?y ait pas eu sur ce sujet de véritable plébiscite ! Mais avez-vous, lors de vos présentations, éclairé les publics sur les conséquences de telles mesures, sur les utilisateurs de ces voies et les risques économiques que ne manqueraient pas d?avoir de telles dispositions ?

D?ailleurs, qui sont-ils, ces utilisateurs, et combien sont-ils ? De façon empirique, parce que vous n?en dites rien, ils seraient 8 sur 10 à venir de banlieue. Mais que viennent-ils faire à passer par Paris ? J?imagine que ce n?est pas pour le plaisir d?embouteiller la Capitale mais bien pour quelque chose : s?y cultiver, y travailler, y acheter, faire du tourisme !

Et s?ils viennent en voiture, Monsieur le Maire, ont-ils d?autres moyens de venir ? Et, sinon, que vont-ils faire ?

Cet aspect économique est notamment soulevé par la C.C.I.P. et la C.G.P.M.E. et, dans la situation qui est la nôtre, est-ce bien le moment d?ajouter des difficultés aux difficultés ? 5 ou 10 ou 15 minutes de temps supplémentaire pour un trajet peuvent vous apparaître, à vous, comme supportables mais qu?en pensent les livreurs ou les taxis ? C?est autant de livraisons et de courses non faites et une pénibilité accrue.

Je veux souligner à ce propos que les taxis sont étrangement absents de votre document.

J?en reviens, si vous le voulez bien, à ces utilisateurs. Ils nous rappellent nos relations avec les banlieues qui nous entourent, directement et indirectement. La Ville de Paris n?est pas la seule ville de France. Là encore, vous faites une curieuse concertation.

L?un de vos adjoints, M. MANSAT je crois, a envoyé de belles lettres à nos voisins avec sûrement une belle brochure en leur demandant : ?Alors, vous pensez quoi de mon beau projet ??

Vous faites une relation des réponses pour le moins surprenante ! Car, à vous lire, tous seraient enthousiastes à votre projet. Seul petit bémol avec les Hauts-de-Seine où vous êtes obligé de reconnaître une opposition franche mais, pour le reste, pas de souci.

Or, quand on prend la peine de lire avec attention ces courriers, il n?en va pas de même, et je prendrai pour preuve la lettre de Mme Corinne VALLS, représentante du Département de la Seine-Saint-Denis et vice-présidente. Elle vous écrit : ?Les temps de parcours dans Paris seront dégradés à l?intérieur de Paris mais c?est compréhensible et, vu la nature des projets, cela me semble acceptable.? Merci de ce jugement. Elle continue : ?On ne dispose toutefois pas d?éléments sur la dégradation des temps de parcours des usagers de banlieue et, sur ces aspects, il me serait agréable de pouvoir disposer d?informations complémentaires : la provenance notamment des usagers de transit ou en lien avec la banlieue, les impacts éventuels sur le fonctionnement des portes de Paris notamment en Seine-Saint-Denis et les modifications des conditions de circulations pour les flux de transit entre Paris et banlieue.?

Madame VALLS, comme M. BRÉTILLON, Président de la Communauté de communes Charenton/Saint-Maurice, comme M. ÉBLÉ, Président du Conseil général de Seine-et-Marne, comme M. GAUTIER, au nom des maires des Hauts-de-Seine, tous, en reconnaissant l?intérêt d?une mise en valeur des berges, font part de leur grande inquiétude quant à l?interruption des circulations Est/Ouest.

Monsieur le Maire, le groupe U.M.P. ne dit rien d?autre. Acceptez de considérer qu?une expérimentation avec réversibilité serait de nature à rassurer et à apaiser les inquiétudes que tous manifestent et appellent à ce que ce projet s?inscrive dans le cadre du Grand Paris dessiné par le Président de la République et non pas celui d?un tout-petit Paris égoïste et étriqué tel que vous l?envisagez.

Par ailleurs, dans les berges de Seine, il y a certes les berges mais il y a aussi et surtout la Seine qui reste notre plus fabuleuse avenue et que vous ne traitez que très accessoirement.

Le temps me manque pour évoquer complètement les pistes qui auraient pu être évoquées et débattues à cette occasion.

Le groupe U.M.P. profite de ce débat pour vous demander d?inscrire rapidement, Monsieur le Maire, un débat sur l?utilisation de la Seine.

Un mot rapide, si vous me le permettez, sur les amendements que vous nous proposez, notamment dans le 13e arrondissement.

Certes, vous accédez à nos demandes de prolongation des itinéraires entre le 5e et le 13e arrondissement, c?est bien, mais n?attendez pas de moi un satisfecit tant que ne seront pas déménagées les usines à béton polluantes, à tous points de vue, qui continuent d?être sur les quais.

Il est paradoxal, Monsieur le Maire, que vous proposiez des aménagements à des arrondissements largement dotés en animation et que vous les refusiez à ceux de l?Est, très déficitaires.

En conclusion, Monsieur le Maire, et vous l?avez clairement exprimé tout à l?heure, vous vous situez dans une attitude purement et totalement électoraliste. Pour vous, tout se passe comme si la Ville de Paris se résumait aux loisirs des habitants avec des week-ends de 7 jours.

Faut-il rappeler, Monsieur le Maire, que Paris vit aussi de ses activités économiques ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur TRÉMÈGE, vous avez laissé moins de trois minutes à vos deux collègues qui sont encore inscrits.

Je le dis à Michèle BLUMENTHAL, il y a 6 minutes 47 pour les deux intervenants du groupe.

Madame BLUMENTHAL, vous avez la parole.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - L?aménagement des berges de Seine est une attente ancienne des habitants du 12e, renforcée par l?ouverture de la passerelle Simone-de-Beauvoir.

Depuis 2006, celle-ci enjambe la Seine de l?esplanade de la Bibliothèque nationale au jardin de Bercy, créant ainsi du lien entre le 13e et le 12e arrondissement.

Cette passerelle répond à la nécessite de donner à la Seine un rôle central urbain, en continuité avec les quais. De ce fait, elle est devenue un lieu de vie, d?animation où les Parisiens ont plaisir à se retrouver.

Dans le 12e arrondissement, la Seine est à la fois proche et lointaine de ses habitants, avec des quais difficilement accessibles et peu aménagés.

Pour autant, l?attente est grande, c?est d?ailleurs en ce sens que de nombreux habitants se sont exprimés le 4 octobre dernier lors de la présentation de l?aménagement des berges de Seine par Anne HIDALGO.

Je me réjouis donc de constater qu?à l?issue de cette phase de concertation, le projet d?aménagement des berges de Seine a été étendu à de nouveaux arrondissements dont le 12e.

C?est pourquoi nous soutenons largement les orientations que vous proposez, Monsieur le Maire, afin que soit améliorées la continuité, la sécurité et la convivialité des promenades piétonnes sur les berges.

Le prolongement de la promenade piétonne depuis le port de l?Hôtel de Ville jusqu?au bassin de l?Arsenal par une liaison pardessus l?écluse, sous forme de ponton, entre le port de la Rapée et celui de l?Arsenal...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous savez qu?une maire d?arrondissement est légitime, comme tous les maires d?arrondissement.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - ? paraît ainsi primordiale. Elle permet de relier les 4e et 12e arrondissements.

L?aménagement constituera également l?amorce d?un cheminement animé et familial vers le port de Bercy et au-delà s?inscrit ainsi pleinement dans la dynamique du projet Bercy-Charenton.

Ces propositions confirment d?ores et déjà notre volonté de transformer ces espaces, de les embellir, d?en réinventer les activités afin de permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de se les réapproprier.

Ce projet concrétise un engagement fort de cette mandature, et marquera plus que notre ville. Elaboré en lien avec les communes limitrophes, je suis convaincue qu?il jouera un rôle fédérateur pour l?agglomération parisienne.

Paysage exceptionnel, berceau historique de notre Ville, les berges de Seine ne peuvent se limiter au simple rôle de site touristique, pour ceux qui voient Paris du fleuve, ou d?autoroute urbaine avec son cortège de nuisances pour ses riverains, comme c?est actuellement le cas.

Pensé autour du partage des espaces publics, de la mixité des populations, des fonctions et usages, ce réaménagement est emblématique de notre vision de Paris de demain.

A cette étape, je veux souligner la concertation préalable dont le projet a fait l?objet, son niveau d?exigence est récompensé par la pertinence, la qualité et la richesse du bilan que nous votons aujourd?hui.

A cet égard, comment ne pas citer le travail fourni par les deux conseils de quartier riverains de la Seine dans le 12e arrondissement ? Armés de carnets, de crayons, d?appareils photos, ils ont effectué des marches exploratoires, analysant les coupures urbaines, les difficultés d?accès aux berges pour proposer des pistes de réalisation qui permettraient de rompre l?actuelle autoroute urbaine.

Leur contribution présentée en annexe de la délibération démontre par son esprit de synthèse, sa qualité et sa rigueur, la vitalité de la démocratie locale, la pertinence de notre volonté d?associer durablement les citoyens aux évolutions de Paris et de sa métropole.

De plus, la concertation a fait la place aux enfants, que ce soit dans le cadre des centres de loisirs ou dans celui des ateliers Ville, comme celui auquel j?ai participé ce lundi à l?école de la rue Marsoulan.

Les élèves de CM2, après une visite sur site, ont décidé des aménagements qu?ils souhaitaient, alliant activités économiques et ludiques, dans un souci du respect de l?intérêt général.

La concertation confirme les orientations que nous avions nous-mêmes présentées pour ce projet, elle les a aussi enrichies grâce à la créativité des acteurs et à leur volonté d?action.

Rendre ces espaces aux piétons, diversifier les usages du fleuve, organiser une offre autour du thème du sport, de la culture et de la nature, tels sont nos objectifs.

Pour les atteindre, nous choisissons d?engager dès cette année des aménagements légers, rompant toujours un peu plus avec les pratiques urbanistiques de ces dernières décennies.

Aménager les berges de Seine ne signifie pas sacrifier les activités économiques aux améliorations du quotidien des habitants. Les deux peuvent être traités sans pour autant s?opposer, les usages doivent et peuvent être conciliés.

Vous assurant à nouveau de l?engagement du 12e dans la réussite de ce beau projet, je nous souhaite à tous de persévérer.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je dois dire que vous battez des records pour dire un maximum de choses en un minimum de temps.

La parole est à M. d?ABOVILLE.

M. Gérard d?ABOVILLE. - Merci, Monsieur le Maire.

Des moyens considérables ont été déployés pour cette concertation et, comme il a été dit, 2.284 contributions, cela fait à peine un Parisien sur 1.000 et moins de deux habitants sur 10.000 de l?agglomération parisienne, par rapport à l?objectif déclaré de faire s?exprimer l?ensemble des Parisiens, de recueillir l?avis et les propositions des métropolitains.

Vous criez victoire, j?appelle cela un fiasco.

Quant au bilan de cette concertation, il est parfaitement tendancieux. Le poids accordé aux réponses est sans mesure avec leur importance relative.

De nombreuses contributions émettent les plus vives réserves quant aux reports de circulation, à l?impossibilité pour les transports collectifs de faire face, aux conséquences en termes de pollution.

Cela n?empêche pas d?écrire avec aplomb dans le projet de délibération :

?Il ressort des avis exprimés par les partenaires et collectivités une orientation globalement favorable?.

On met en avant un sondage dans lequel 71 % des Parisiens approuveraient le projet, mais qui ne répondrait pas ?oui? à la question simpliste : ?Etes-vous favorable au réaménagement des berges ??

Que signifie un tel sondage quand on sait que la majorité des Parisiens n?a pas de voiture, alors que les automobilistes qui empruntent ces voies sont, pour la plupart, des habitants de la Région parisienne ?

Pour ce qui est du 15e arrondissement, suite à nos interventions en juillet, voilà que des aménagements complémentaires seraient ajoutés au projet.

En fait, il s?agirait d?inclure des aménagements qui sont déjà et par ailleurs plus qu?initiés et qui ont fait l?objet depuis des années de maintes réunions en mairies, organisées par Philippe GOUJON et par Claire de CLERMONT-TONNERRE avec le Port de Paris et avec les exploitants, aménagements qui font l?objet du v?u que nous vous présentons.

On nous reparle de la piscine, déjà promise d?année en année, maintenant présentée comme un cadeau et, suprême faveur, de l?entretien de l?Ile aux Cygnes qui, vu son état, est à faire de toute façon.

En revanche, concernant les conséquences des reports de trafic avec le périphérique sud déjà saturé, bloqué en période de salons, c?est tout le Sud de notre arrondissement, je pense notamment à la rue de la Convention, qui connaîtra l?embolie.

En ce qui concerne le projet lui-même, Jean-Pierre LECOQ l?a rappelé, nous ne sommes pas, bien au contraire, opposés à l?idée d?un réaménagement à terme des berges de la Seine.

Sa réalisation devrait être accompagnée, précédée même, par une offre de transports en commun, sans mesure avec ce qu?elle est aujourd?hui, intégrant pourquoi pas des bateaux dédiés au transport des touristes, qui remplaceraient les autocars pour desservir les sites en bordure de Seine.

Voilà qui aurait plus de sens que des v?ux incantatoires destinés à ranimer un Voguéo encalminé qui restera un échec tant que l?on persistera à vouloir en faire un RER bis.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez épuisé le temps de parole du groupe U.M.P.P.A.

Je donnerai une minute à M. TIBÉRI, évidemment, comme ancien maire.

Monsieur d?ABOVILLE, concluez, cela s?applique aux socialistes et à tout le monde.

M. Gérard d?ABOVILLE. - Je conclus : nous voterons contre ce projet parce que, faute de prendre le temps d?une réflexion globale, il se limite, Monsieur le Maire, sous prétexte de pseudo modernisme et de plaisir citadin, à une énumération de gadgets dignes d?une fête au village, version 1950.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Ne dites pas de mal de 1950, c?est mon année de naissance. C?est une année aussi respectable que les autres.

La parole est à M. Jérôme COUMET.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

M. d?ABOVILLE est tellement fort qu?il arrive même à ramer à contre-courant.

Je souhaite me réjouir d?une telle distance entre l?Opposition municipale et l?opinion des Parisiens. C?est vrai que, pour le membre de la Majorité que je suis, cela m?est agréable.

Mais il y a tout de même un élément nouveau. Ce qui est le plus étonnant, c?est la distance qui est en train de se créer entre les élus U.M.P. (ou plus largement de l?Opposition municipale) et leurs propres collègues d?Ile-de-France, eux-mêmes U.M.P.

M. TRÉMÈGE s?étonne d?un travail itératif, mais il n?en a pas écouté les conclusions.

Lors de la grande réunion organisée à l?Institut de la Mode et du Design, j?ai été étonné de voir des nombreux élus franciliens et notamment des communes limitrophes venir exprimer leur solidarité avec la Ville de Paris, leur intérêt pour cette démarche, que certains entament également dans leur commune et venir dire qu?ils trouvaient cette action légitime et souvent qu?ils l?approuvaient. Ces élus représentaient tout l?échiquier politique des communes d?Ile-de-France.

Chers collègues de l?U.M.P., vous avez trouvé un seul véritable soutien dans cette opposition d?arrière-garde, finalement très réactionnaire, c?est le Conseil général des Hauts-de-Seine.

Je livre cette remarque à votre sagacité.

Revenons à cette concertation sur les berges de Seine.

Il y a eu une deuxième surprise.

Comme dans toutes les concertations, nous avons entendu des critiques, des préventions, des oppositions et, de manière plus générale, des questions somme toute bien légitimes.

Mais, je crois que c?est une première, nous sortons de cette concertation avec une adhésion plus forte des Parisiens et un projet plus ambitieux qu?au début.

Oui, cela me semble une première. Mais cela ne m?étonne guère, finalement. Je sais qu?il n?y a pas de plus belle perspective que de reconquérir l?accès à l?eau, l?accès à la mer ou au fleuve. Au fil du temps - je n?oserais dire au fil de l?eau - cet accès a été rogné par des installations industrielles, car l?eau était le moyen souvent mobilisé pour les transports lourds.

Ce mouvement de reconquête, nous le retrouvons dans bien d?autres villes. Regardez Barcelone qui a reconquis son front de mer, Lyon ou Bordeaux qui réaménagent leurs quais. Il s?agit là aussi de réussites remarquables !

Dans le 13e arrondissement, nous avons un quartier de la Gare. Ce n?est pas en référence à la gare d?Austerlitz, comme on le croit souvent, mais à une gare d?eau, à un port. Le 13e arrondissement, au fur et à mesure des installations industrielles et de l?arrivée de la gare de chemin fer cette fois-ci, fut coupé de la Seine.

Je peux témoigner, en tant que maire d?arrondissement, de l?enthousiasme des habitants du 13e à l?idée de pouvoir à nouveau regagner le fleuve, de pouvoir se promener sur les berges, de pouvoir rejoindre le parc de Bercy par la passerelle Simone de Beauvoir. Et pour les publics jeunes, c?est bénéficier des animations des péniches culture ou se baigner dans la piscine sur Seine.

C?est sans doute la force de ces exemples qui a conduit à élargir la réflexion, à renforcer les interventions dans les 4e, 12e, 13e et 15e arrondissements, et décider notamment - c?est une proposition que je portais - d?engager au plus vite des aménagements au niveau du quai d?Austerlitz, pour permettre la constitution d?un véritable linéaire entre Jussieu, le Jardin des Sculptures du 5e, l?Institut de la Mode et du Design, le port de Tolbiac avec ses animations et la piscine sur Seine. Bientôt le lien entre 5e et Ivry pourra être réalisé.

Bien des lieux de promenade, d?animation, de sorties familiales s?ouvriront aux Parisiens. ?Paris Plage? ne sera pas que l?été et, Monsieur le Maire, je vous en remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi aussi, je vous remercie beaucoup, parce que vous avez notamment, comme Michèle BLUMENTHAL et Dominique BERTINOTTI, pour vos arrondissements, aidé à améliorer le projet. Je suis demandeur de ces concours. Il n?y a plus le temps pour le groupe U.M.P.P.A, mais il y a toujours un peu de temps pour un ancien Maire de Paris.

Monsieur TIBÉRI, vous avez la parole.

M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Je partage tout à fait, vous l?imaginez, la position générale du groupe, qui a été développée par les différents orateurs et notamment par M. LAMOUR, et l?idée générale d?un aménagement ne me gêne pas du tout.

D?ailleurs, sur le plan du 5e arrondissement, l?aménagement existe déjà. Je souhaite, en revanche, qu?il y ait une expérience, et surtout que tout cela se fasse lorsque les transports en commun annoncés seront présents.

Pour l?aménagement du 5e existant, c?est l?occasion de rappeler qu?il serait intéressant d?y consacrer quelques crédits, parmi ceux que vous envisagez, pour son amélioration.

Les conséquences dans le 5e arrondissement sont importantes sur le plan de la circulation, sur les quais de la Seine et sur le boulevard Saint-Germain.

Lorsque les berges sont fermées, la circulation est impossible sur les quais et sur le boulevard Saint-Germain. Donc, il y a une inquiétude manifestée par les habitants et les commerçants, sur le plan de la pollution atmosphérique et de la pollution sonore, notamment dans les quartiers Sorbonne et Saint-Victor.

Je regrette que dans ce dossier, important, ne figurent pas certains comptes rendus, notamment des réunions qui ont eu lieu à la mairie du 5e où il y avait plusieurs centaines d?habitants. Nous les avons organisées en lien avec M. MANSAT, et elles se sont passées dans d?excellentes conditions, où toutes ces préoccupations et les plus grandes réserves ont été exprimées par plusieurs centaines d?habitants.

Peut-être, Monsieur le Maire, saurons-nous pourquoi il n?y a pas eu le compte rendu de ces réunions extrêmement importantes ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je passe plusieurs fois par jour dans ces quartiers que vous décrivez. Honnêtement, ce n?est tout de même pas la catastrophe que vous dites, y compris sur le boulevard Saint-Germain.

En revanche si, dans le projet global d?amélioration des voies sur berges, on peut effectivement trouver quelques crédits pour entretenir, notamment vers l?Institut du Monde arabe, ce qui avait été fait précédemment, n?étant pas sectaire, moi, je serai tout à fait favorable à ce que l?amélioration soit globale.

Pour répondre à toutes ces interventions, la parole est à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je me réjouis du débat très dense que nous avons eu ce matin et qui vient conclure une période de concertation de six mois.

M. LAMOUR a parlé tout à l?heure d?une concertation pour rien, j?ai quand même plutôt le sentiment que c?est une concertation qui a été menée dans un temps maîtrisé et qui a permis d?associer énormément de Parisiens, de Franciliens, au travail que nous sommes en train d?élaborer sur les voies sur berges.

D?abord, je le redis, nous nous étions vus cet été, on avait jeté les bases de ce que pourrait être ce projet des voies sur berges. J?avais lancé la concertation en expliquant comment elle allait se dérouler : concertation dans les arrondissements, concertation également avec les habitants de la métropole et les élus de la métropole.

C?est une concertation que nous avons voulu innovante, en associant notamment des enfants. Là aussi, Monsieur LAMOUR, n?opposez pas la légitimité des enfants, futurs citoyens, à celle de la Chambre de Commerce. Soyez un peu ouvert au monde et ouvert à l?énergie que nous apporte la jeunesse de notre ville.

Donc, cette concertation a été menée et je voudrais, à ce stade, vraiment remercier non seulement mes collègues de l?Exécutif parisien, qui ont conduit ces réunions, je pense bien sûr à Annick LEPETIT, à Pierre MANSAT, à Hamou BOUAKKAZ, à Anne LE STRAT, mais également à Colombe BROSSEL, Fabienne GIBOUDEAUX ou encore Christophe GIRARD, qui m?ont accompagnée dans beaucoup de ces réunions.

Je voudrais aussi saluer le travail très intense qu?a fait notamment l?A.P.U.R., qui n?est pas un petit atelier, un petit service, c?est un atelier d?urbanisme qui nous est envié par beaucoup. D?ailleurs, il contribue très fortement à toute la réflexion métropolitaine et est directement lié au futur A.I.G.P.

Je voudrais aussi remercier, bien sûr, le Secrétariat général de la Ville, l?ensemble des fonctionnaires et les collaborateurs qui ont permis d?avancer pendant ces six mois, de façon extrêmement précise, sur tous les sujets que nous avions à aborder.

Je remercie également les services de l?Etat, notamment vos services, Monsieur le Préfet, mais aussi les relations que nous avons pu avoir avec vous, avec la Préfecture de Région, parce que je dois dire que cela s?est fait dans un esprit totalement constructif.

Chacun a évoqué effectivement les points sur lesquels on souhaitait pousser la réflexion et les études. Mais, comme vous l?avez dit dans votre intervention, nous partageons un horizon commun, celui de la diminution des voitures à Paris. Je voudrais vous remercier du travail qui a pu être fait avec vous et avec vos services, comme avec Port de Paris.

Pour aller plus rapidement et répondre à certaines des questions, dans plusieurs interventions, notamment de l?U.M.P., vous nous avez expliqué qu?on allait à nouveau contre le sens de l?Histoire, puisque le sens de l?Histoire serait toujours celui de la place de la voiture qu?il ne faudrait absolument pas revoir à Paris.

Eh bien, je vous dis, mes chers collègues de l?opposition : voyagez un peu, ouvrez vos horizons, allez voir ce qui se passe dans les autres villes du monde ! Vous verrez qu?il y a là une culture urbaine, une culture de l?écologie urbaine, qui est vraiment partagée par des villes qui sont d?ailleurs dirigées, parfois par des conservateurs, parfois des gens qui sont plutôt des progressistes, mais partout, dans toutes les villes du monde, il y a cette volonté de diminuer la pollution atmosphérique en diminuant la place de la voiture.

Nous, nous le faisons avec ambition et avec pragmatisme. C?est vrai que le choix que nous avons fait, et que nous maintenons - c?est pourquoi je dis à nos amis ?Verts? que nous n?accepterons pas les v?ux qui poussent à fermer aujourd?hui la rive droite -, nous le faisons avec pragmatisme parce que nous avons bien étudié les conditions, notamment de circulation et d?usage, des deux voies, rive droite et rive gauche. C?est cette ambition écologique de qualité de vie, mais aussi ce pragmatisme qui nous a guidés.

Mes chers collègues de l?opposition, vraiment, voyagez ! Partagez, notamment dans les associations de maires internationales qui se réunissent, partagez avec eux leur vision urbaine ! Vous verrez, vous allez être bientôt les derniers des Mohicans défendant une vision de la ville qui doit continuer, devrait continuer à s?organiser autour de la voiture ! Nous ne sommes plus à l?ère des Trente Glorieuses et notamment des années soixante-dix où il fallait construire la ville autour de la voiture.

Je voudrais vous dire aussi, assez rapidement, vous avez tous exprimé, notamment à l?U.M.P., mais aussi au Nouveau Centre, l?idée qu?il faudrait consulter l?A.I.G.P. On les a réunis d?ailleurs vendredi soir et cela s?est très bien passé Pierre MANSAT, le Maire de Paris, le Président de la Région, le Président de Paris Métropole, le Président de l?A.M.I.F., nous étions réunis avec - les 10 équipes n?étaient pas là - neuf équipes - il manquait l?équipe italienne de Bernardo SECCHI, mais les neuf autres équipes étaient là - et nous avons eu une réunion que tous ont qualifiée d?historique, tant l?envie de travailler ensemble sur les projets métropolitains est forte, tant, également, il y a, je crois, de la confiance entre les architectes du Grand Paris et les élus de nos collectivités.

Je voudrais vous le dire, parce qu?il ne faudrait pas que vous jouiez à instrumentaliser les uns et les autres. J?ai entendu d?ailleurs une forme d?instrumentalisation de M. le Préfet de police lorsque, parfois, certains élus de l?U.M.P. reprennent vos propos en disant : ?c?est au nom du Préfet de police qu?on s?exprime en tant que membre de l?U.M.P.? ; j?ai eu l?occasion de dire dans les médias que je trouvais que ce n?était pas une bonne façon d?appréhender ce qu?est le rôle d?un Préfet et d?un haut fonctionnaire que je respecte. Je pense que chacun doit rester dans son rôle, tout comme vis-à-vis de l?A.I.G.P., chacun doit rester dans son rôle. Rester dans son rôle, c?est quoi ? C?est ne pas penser? Surtout, n?imaginez pas une seconde que les architectes qui sont des grandes gueules, des gens très libres, très indépendants, instrumentalisables par personne, vont s?amuser à répondre à votre requête pour venir bloquer le projet de Paris. En tout cas, ils n?en ont absolument pas l?intention.

En revanche, que nous les sollicitions d?ici l?élaboration du dossier de l?enquête publique pour qu?ils nous apportent leur avis, leurs idées, sur ce que peut être ce beau paysage de la Seine dans sa Métropole et dans Paris, c?est déjà chose faite, puisque nous avons prévu, effectivement, de recueillir leur avis, mais surtout, respectez chacun dans la fonction qui est la sienne et n?essayez pas de faire jouer des rôles politiciens à des gens qui jouent des rôles soit de haut fonctionnaire, soit d?architecte, qui nous ont dit très précisément d?ailleurs qu?ils n?entendaient absolument pas le rôle de l?A.I.G.P. comme une rôle de super architecte voyer du Grand Paris ou même de super architecte des Bâtiments de France.

Je vous le dis, parce qu?il vaut mieux que chacun soit sûr de ce qu?il avance.

L?A.I.G.P., oui, on va travailler avec eux, mais dans l?indépendance et la liberté qui est la leur est sans qu?ils souhaitent d?ailleurs bloquer notre projet.

Je poursuis les réponses.

Madame CUIGNACHE-GALLOIS nous a dit que, notamment, l?économie parisienne souffrirait. Je vous rappelle quelques chiffres quand même : 600 entreprises créées à Paris par semaine, 3.000 par an, 30.000 habitants de plus par an, donc je crois que là-dessus, l?attractivité de l?économie parisienne n?est pas en cause. Là aussi, c?est une vision très étriquée que de penser qu?il faudrait figer la ville dans son fonctionnement des années soixante-dix pour obtenir la croissance des années soixante-dix. Cela ne marche pas comme cela, ce n?est pas du tout comme cela que cela fonctionne aujourd?hui !

Nous le savons, l?attractivité de notre ville, c?est aussi la qualité des espaces que nous proposons et quand Annick LEPETIT a reçu notamment les taxis, les professions des taxis, et qu?ils lui ont dit : ?nous considérons que ce projet, même s?il va nous compliquer un peu la vie, apportera de l?attractivité supplémentaire à Paris et donc, pour cela, nous sommes pour et nous demandons des adaptations pour avoir des déposes rapides pour pouvoir acheminer des visiteurs, des touristes, etc.?, nous répondons ?oui?, mais, vous voyez, ils sont plus constructifs que vous et pourtant, ils sont quand même aux premières loges derrière leur volant tout au long de la journée à Paris.

Je voudrais également, bien sûr, répondre à Christophe NAJDOVSKI. D?abord, lui dire que je prends acte, nous prenons acte d?ailleurs depuis longtemps, des points de différence, notamment sur la question du traitement de la Rive droite.

Un certain nombre de v?ux qui sont présentés par le groupe ?Europe Ecologie - Les Verts et apparentés? sont déjà dans la délibération, donc je vous renverrai à la délibération gentiment ; je crois qu?on est d?accord là-dessus. Il y a vraiment beaucoup de choses qui ont été reprises dans vos v?ux qui sont déjà dans la délibération.

En revanche, nous sommes tout à fait d?accord pour dire que ?Voguéo? doit être un transport à réactiver. Je voudrais vous préciser, là aussi, qu?on n?a pas attendu le débat aujourd?hui, puisque Annick LEPETIT, avec Pierre MANSAT, au sein du S.T.I.F. et avec également Bernard GAUDILLÈRE qui y siège ont déjà porté cette question depuis plusieurs mois et que nous allons la porter, y compris avec nos collègues voisins des communes limitrophes.

Je voudrais vous dire qu?en ce qui concerne le ?Paris respire le samedi?, le Maire l?a dit tout à l?heure, non, nous considérons que là, ce serait un pas qui poserait de vrais problèmes et nous voulons qu?il y ait une adhésion à ce projet et nous pensons qu?avec son caractère ambitieux et responsable que nous proposons aujourd?hui, il y a de quoi créer de l?adhésion.

Je voudrais dire également à Christophe NAJDOVSKI qu?il a raison, tout comme, tout à l?heure, Michèle BLUMENTHAL, d?évoquer notamment les quais du 12e arrondissement et la liaison autour du port de l?Arsenal, c?est un sujet qui est très cher à Michèle BLUMENTHAL et c?est un sujet qui a été porté par les conseils de quartier du 12e arrondissement. Rendons à César ce qui revient à César, ce sont les conseils de quartier du 12e, qui ont été fortement impliqués par la mairie du 12e, qui ont porté ces propositions que nous allons retrouver dans notre projet de délibération.

Je voudrais, bien sûr, dire à Ian BROSSAT que je me réjouis de ses propositions et que la question de la fluidité des transports, le fait d?avoir une offre de transport qui arrive en même temps que les aménagements, est quelque chose qui nous guide.

Je l?avais dit au mois de juillet, une partie du réseau ferré va vraiment être renforcée entre 2011 et 2013, c?est-à-dire au moment de la mise au point de nos voies sur berges reconquises ; je pense à l?automatisation de la ligne 1, je pense également au redéploiement progressif des rames à deux niveaux sur le RER A, mais nous sommes d?accord pour aller d?ailleurs dans le sens également proposé par ?Europe Ecologie - Les Verts et apparentés? et mon groupe, vers l?idée qu?il faut une offre de transport, notamment de bus, accrue ; c?est un point extrêmement important pour nous.

C?est donc un ?oui? au v?u formulé, tout comme c?est un ?oui? également au v?u formulé par Alexis CORBIÈRE sur la question des S.D.F. sur les voies sur berges, puisque nous savons qu?ils n?y habitent pas mais ils y sont, malheureusement, contraints.

Quelques mots aussi à Mme DATI qui nous a reparlé de sa consultation. Ecoutez, il suffisait d?être là le jour où nous avons présenté cette délibération et le sondage fait par l?I.F.O.P. pour entendre, non pas les élus de la majorité parisienne, mais le directeur de département de l?I.F.O.P., Frédéric DABI, qui, quand même, s?est étonné qu?on puisse mettre sur un même plan ce sondage et quelque chose qui relève d?une consultation dans laquelle vient voter qui veut? C?est vrai, il y avait un huissier qui a constaté qu?il y a des gens qui avaient voté et qu?ils avaient voté à 90 % contre le projet des voies sur berges, mais enfin, les méthodes scientifiques, comme l?a rappelé d?ailleurs Jean-Pierre CAFFET, d?un sondage fait selon des règles très strictes d?échantillonnage, de panel, n?ont quand même rien à voir avec ce que vous avez fait. Vous aviez tout à fait le droit de le faire, mais n?opposez pas quelque chose qui est fait selon des règles scientifiques et quelque chose qui ne l?est pas !

Je voudrais rassurer Mme DATI, parce que j?ai l?impression qu?elle n?a pas totalement compris - je ne vais peut-être pas la rassurer - que nous ne voulons pas supprimer les couloirs de bus, Madame DATI, mais non, on ne supprime pas les couloirs de bus ! Cela figure d?ailleurs noir sur blanc dans la délibération, nous sommes très attachés d?ailleurs aux couloirs de bus, et notamment sur le quai Anatole-France.

Je pense, Madame DATI, que vous n?êtes pas très constructive. C?est dommage de ne pas être très constructive et de véhiculer une vision aussi passéiste de Paris, mais bon, comme le disait le Maire tout à l?heure, peut-être devons-nous nous en réjouir.

En tous les cas, moi, je pense que l?on ne porte bien que des sujets pour lesquels on a une conviction. Nous, nous avons une conviction écologique et urbaine que nous portons avec ce projet des voies sur berges.

En tous les cas, je voudrais remercier aussi les orateurs de mon groupe, les maires d?arrondissement, notamment Michèle BLUMENTHAL, Jérôme COUMET, et Dominique BERTINOTTI, qui se sont beaucoup impliqués, qui ont beaucoup mobilisé les conseils de quartiers, ce qui sera fait autour du 4e et du 12e arrondissement, mais aussi dans le 13e arrondissement sera très intéressant pour l?ensemble des riverains...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Une seconde !

Depuis hier, je vois cette nouveauté maintenant : les élus de l?opposition veulent écrire les interventions des élus de la majorité ! Ce n?est pas possible.

Je suis désolé de vous contrarier.

Vous avez tout à l?heure exprimé ce que vous pensiez ; nous exprimons ce que nous pensons, Anne HIDALGO notamment.

Poursuivez !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Merci, et permettez-moi de remercier ceux qui sont dans une attitude constructive.

En ce qui concerne les maires qui sont dans cette attitude constructive, je voudrais dire à Dominique BERTINOTTI que comme elle, je partage cette idée que nous devons absolument profiter de l?aménagement de ces voies sur berges pour mieux travailler et mieux traiter la question du dernier kilomètre.

D?ailleurs, le port de Paris se situe aussi dans cette optique, et je sais notamment qu?au port d?Austerlitz, à certains endroits sur les quais, le port de Paris souhaite vraiment que nous travaillions de la même façon que cela avait été fait dans la première mandature avec la gare de Bercy, qui permet d?acheminer les marchandises des Monoprix par rail, qui sont ensuite développées par véhicule électrique dans les magasins. L?idée du port de Paris est de pouvoir travailler de la même façon en utilisant le quai ; je voudrais donc vraiment aller dans ce sens-là.

Simplement, pour conclure, je vais vous dire les étapes à venir.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Elle répond ce qu?elle veut, enfin ! Cela suffit ! Vous ne cessez d?interrompre les membres de l?Exécutif en leur disant : ?Non ! Ce n?est pas cette réponse-là que je veux !?

Nous sommes légitimes à parler selon notre conviction !

Je ne cherche pas à faire votre discours, Monsieur LAMOUR ! Vous parlez au nom de vos convictions, je le respecte. Quelque chose ne me plaît pas.

Il faut que l?on se respecte dans cette Assemblée.

Madame DATI ! Vous plaisantez, ou quoi ? Je vous ai écouté avec patience, j?ai peut-être quelque mérite.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - C?est insultant ! Insultant !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous devez écouter les interventions des adjoints. Hier, il y a eu le même problème?

Madame DATI, vous n?avez pas la parole. Mme HIDALGO a le droit de dire ce qu?elle veut. Je sais que vous voulez être en rivalité avec elle mais débrouillez-vous d?abord avec votre groupe !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Attendez ! Elle n?a pas fini ? Non mais je rêve !

Monsieur LAMOUR, un adjoint finit son intervention !

Mais vous êtes incroyables ! Je vous assure qu?il y a une intolérance?

C?est de l?intolérance, c?est quelque chose qui est du non-respect de notre vie démocratique : je vous le dis franchement.

Oui, j?y mettrai bon ordre au fur et à mesure, avec votre concours.

Madame HIDALGO ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Je continue à porter ce projet, au nom de notre Exécutif et de notre majorité, avec beaucoup de conviction et avec le sentiment d?être soutenue par une grande majorité des Parisiens. Je suis très sereine et très enthousiaste avec mes collègues sur ce dossier depuis le début parce que nous savons que nous sommes très soutenus, que cela répond vraiment à une aspiration très forte.

Que cela correspond également au sens de l?histoire des grandes métropoles durables du XXIe siècle. Je porte donc cela avec beaucoup de sérénité et de conviction.

Je conçois que vous ne soyez pas d?accord, c?est votre affaire. Les clivages en politique sont sains : cela permet de se démarquer et à nos concitoyens de choisir, le moment venu, sur des choses qui ne sont pas de l?ordre de... bref, je ne vais pas utiliser des termes qui fâcheraient? de l?ordre des sujets de fond.

Je me réjouis de cette différence entre nous.

Je voudrais vous dire que nos concitoyens, les Parisiens, les Franciliens, qui se sont prononcés nous disent qu?ils ont envie de se promener, de flâner, de jouer avec leurs enfants, de profiter de ces espaces magnifiques pour y faire du sport, pour être ensemble, toutes générations confondues.

C?est ce qu?ils nous disent ; je regrette que vous ne les entendiez pas, mais nous, nous les avons bien entendus. À l?issue de cette séance et de ce débat, où nous tirons le bilan de la concertation, nous allons élaborer le dossier pour l?enquête publique qui doit être présentée, et sur laquelle il y aura à nouveau une concertation très large avec un commissaire enquêteur.

Nous reviendrons à l?issue de l?enquête publique devant le Conseil de Paris avant l?été et ensuite, lorsque le vote définitif aura eu lieu en tenant compte des remarques du commissaire enquêteur, nous pourrons procéder, nous l?espérons, comme cela sera décidé démocratiquement, je l?espère dans cette enceinte, de mettre en ?uvre ce beau projet pour Paris auquel nous tenons, et auquel les Parisiens tiennent également.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie beaucoup, Anne HIDALGO, et je salue votre courage et votre ténacité.

Oui, j?ai le droit de saluer le courage et la ténacité de mes adjoints.

Monsieur LAMOUR, quel commentaire voulez-vous faire ?

M. Jean-François LAMOUR. - Un point de règlement.

Vous avez laissé entendre que nous souhaitons soi-disant écrire des réponses. Ce n?est pas du tout ce que nous demandons. Nous demandons simplement des réponses, et nous n?en avons pas eues, en particulier, Monsieur le Maire, sur un sujet crucial, puisque vous m?en donnez l?opportunité, qui a été évoqué d?ailleurs sur plusieurs bancs de cette Assemblée, celui la réversibilité.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vais répondre.

M. Jean-François LAMOUR. - Très bien ! On attend cette réponse.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non ! Vous ne l?attendez pas : je l?ai déjà donnée !

M. Jean-François LAMOUR. - Non, non : je ne l?ai pas entendue.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Si ! Eh bien, vous n?avez pas écouté.

M. Jean-François LAMOUR. - Madame HIDALGO, nous n?avons rien entendu sur le principe de réversibilité au préalable. Il est bien évident que la proposition que vous nous faites, c?est-à-dire commencer les travaux puis regarder dans dix ans si cela va, ce n?est pas ce que nous demandons.

Nous demandons une réversibilité, c?est ce que j?ai exprimé le plus clairement possible dans mon propos, une réversibilité au préalable qui permettrait de faire à la fois une étude d?impact, de regarder comment se reporte la circulation un peu partout dans Paris et aux limites de Paris, parce que c?est bien le sujet qui nous intéresse.

Ensuite, effectivement, de poursuivre les enquêtes et les études, y compris d?ailleurs - on a vu que c?était refusé - au travers des travaux et de la réflexion de l?Atelier international du Grand Paris.

Ce n?est pas écrire vos réponses, ce sont des réponses simples à une question qui vous a été posée, je pense avec beaucoup de calme, mais aussi beaucoup de précision, en tout cas de ma part.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur LAMOUR, d?abord, je ne suis pas surpris que les élus de l?opposition ne soient pas tout à fait satisfaits des réponses de la majorité : c?est un peu classique en démocratie et ce n?est pas une nouveauté de cette mandature.

Deuxièmement, vous parlez de la réversibilité ; c?est moi qui en ai parlé le premier ce matin après M. le Préfet de police. Je n?ai pas la même conception que vous de la réversibilité, j?ai le droit !

Je n?ai plus le droit d?avoir une position ? Anne HIDALGO, assez logiquement, est d?accord avec moi.

Attendez ! Il faut qu?elle se lève tous les matins en disant : ?Je suis d?accord avec lui? ?

Je l?ai dit, et je suis le maire de Paris !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Je suis d?accord avec vous.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Voilà ! Tu es d?accord avec moi. Merci, Anne. Et je suis d?accord avec elle.

J?ai dit tout à l?heure, Monsieur LAMOUR, que j?entendais la demande de M. le Préfet de police sur le thème...

M. Jean-François LAMOUR. - la nôtre !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Écoutez. J?entends d?abord le Préfet de police, représentant de l?État. Je vous écoute avec passion, c?est un plaisir dont je ne me lasse pas? Cela va me manquer dans quelques années !

La réversibilité, pour moi, c?est le fait que si l?on constate au bout d?un certain temps que c?est absolument ingérable, on verra. On est tous responsable et on reviendra en arrière.

En attendant, je ne conçois pas d?aménagement provisoire, éphémère. Je l?ai dit en long et en large. Voilà !

Maintenant que nous nous sommes bien expliqués et que j?ai répondu deux fois à vos questions, je propose que nous passions aux votes. Nous allons?

Attendez ! Mes chers collègues, j?aimerais que les choses se passent de temps en temps sereinement. Il y a beaucoup d?amendements et de v?ux, je vais donc dire les choses clairement de manière que vous votiez en connaissance de cause. Il y aura donc certains v?ux sur lesquels il y a des avis favorables et d?autres des avis défavorables.

Je mets d?abord aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 1 déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 1 est repoussée.

A l?amendement n° 2 du groupe E.E.L.V.A. répondent les amendements n° 18 bis et le v?u n° 18 ter de l?Exécutif. Est-ce exact ? Non ? Vous maintenez l?amendement n° 2 ? Comme vous voulez.

L?amendement n° 2...

On ne commente pas pendant les votes. Vous devriez savoir cela !

Surtout quand on a exercé de hautes responsabilités liées à la démocratie !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Calmez-vous !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Tout n?est pas un jeu ! Et un vote n?est pas un jeu.

L?amendement n° 2 est donc maintenu? avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 2 déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 2 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 3 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 3 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 4 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 4 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 5 déposée par M. MARTINS, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d?amendement n° 5 est repoussée.

Il ne faut jamais avoir peur d?avoir raison tout seul ! C?est possible.

On ne sait pas. Vive la démocratie !

Le v?u n° 6, déposé par le groupe E.E.L.V.A.?

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Il ne faut pas commenter !

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est entre les votes que je commente.

Madame DATI, vous devriez faire la différence d?abord entre le Maire, qui a le droit de parler tout le temps, et deuxièmement... C?est le Code des communes qui l?a prévu !

Vous connaissez le Code des communes ? Bon !

Deuxièmement, c?est pendant les votes qu?il ne faut pas parler !

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 6, déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d v?u est adoptée. (2011, V. 1).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 7, déposée par le groupe E.E.L.V.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d v?u est repoussée.

En réponse aux v?ux n° 8 et n° 9 déposés par le groupe E.E.L.V.A., l?Exécutif a déposé le v?u n° 18 ter. Les v?ux n° 8 et n° 9 sont-ils retirés ? Oui.

Le v?u n° 10 est-il retiré ? Oui.

Le v?u n° 11 est-il retiré ? Oui.

Le v?u n° 12 est-il retiré ? Oui.

C?est bien ce qu?il me semblait.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 13, déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de gauche, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 2).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 14, déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de gauche, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 3).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 15, déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 16, déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 17, déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Maintenant, en réponse au v?u n° 18 déposé par le groupe Centre et Indépendants, l?Exécutif a déposé le v?u n° 18 ter. Le v?u n° 18 est-il maintenu ?

Mesdames ou Messieurs du groupe Centre et Indépendants, maintenez-vous le v?u n° 18 ? Oui ? Vous le maintenez, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 18, déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet d?amendement n° 18 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet d?amendement n° 18 bis est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 18 ter déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2011, V. 4).

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 15 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2011, SG 15).