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Fevrier 2011
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35 - 2011, Point d’information sur l’avancement d’Autolib’. Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la fourniture d’électricité dans le cadre d’Autolib’.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2011



 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons maintenant à la 3e Commission.

Nous passons au Point d?information sur l?avancement d?Autolib?, ainsi qu?à l?examen du v?u référencé n° 32 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la fourniture d?électricité dans le cadre d?Autolib?.

La parole est à Mme DOUVIN, pour cinq minutes. M. BAUPIN se prépare.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

En février 2009, le Conseil de Paris votait en faveur de la création d?un syndicat mixte chargé d?étudier la mise en place de voitures en libre service. Depuis lors, le débat sur Autolib? nous a totalement échappé. Les quelques informations que nous avons pu recueillir sont arrivées par voie de presse ou bien par l?intermédiaire de nos collègues des autres collectivités membres du syndicat, une façon un peu cocasse de procéder.

Récemment, nous avons appris que la délégation de service public venait d?être attribuée au groupe ?Bolloré?. Devant l?absence, encore une fois, de toute information relative à son contenu, le président de notre groupe, Jean-François LAMOUR, a écrit au Maire de Paris afin d?obtenir légitimement les informations manquantes.

Nous n?avons pas obtenu le contenu de la D.S.P., mais, en 3e Commission, des éléments qui nous permettent aujourd?hui de préciser notre position et nos questions.

Je déclarerai, pour commencer, que nous sommes tout à fait favorables au développement des formes d?utilisation collective de la voiture. Autant il est clair que celle-ci reste et restera un mode de déplacement urbain, autant le passage d?un usage privé à un usage collectif doit être favorisé.

Nous sommes également en faveur du développement des véhicules électriques, car il s?agit d?un progrès incontestable en matière de pollution atmosphérique et sonore, mais par rapport à la formule que vous nous proposez avec Autolib?, nous avons de vraies réserves.

D?abord parce que la formule choisie consiste à introduire dans la circulation parisienne plus de 2.000 véhicules supplémentaires dont on peut craindre qu?ils ne se substituent pas à des voitures particulières mais s?additionnent à celles-ci.

A cet égard, je dénonce formellement les soi-disant études portant sur l?intérêt potentiel du système avant le lancement du projet.

Selon une technique employée systématiquement dans vos enquêtes, les questions consistent à demander : ?Voulez-vous du ciel bleu et des petits oiseaux ? ?Qui va répondre ?non? ? ?Voulez-vous vous promener en bord de Seine au clair de lune ? ?Qui va répondre ?non? ? ?Voulez-vous une voiture que vous pourrez utiliser à la demande ? ?Qui répondra ?non? ? Ce qui n?a évidemment aucune valeur d?engagement.

En optant pour la trace directe, vous mettez en place une incitation, de fait, à prendre occasionnellement une automobile.

Alors que vous fermez la voie sur berges rive gauche pour avoir moins de voitures, vous en introduisez 2.000 de plus. N?y a-t-il pas une certaine contradiction ?

Cette incitation au système de la trace directe est renforcée par votre choix de placer un maximum de véhicules sur la voirie, prenant ainsi 2.000 places supplémentaires au stationnement des Parisiens qui est déjà caractérisé par une totale pénurie que l?on peut parfaitement mesurer par le taux de vide du système de stationnement de surface ; pénurie en matière de stationnement souterrain aussi : pas une place créée depuis 2001 en sous-sol.

Nous vous avions demandé de placer un maximum de véhicules dans les parcs souterrains ; cela n?a pas été votre choix.

Ce système s?oppose à celui de l?autopartage, bien plus responsable, car répondant à des besoins programmés, ceux auxquels il est légitime de répondre, puisqu?il y a alors réservation du véhicule, prise en main et retour au même point. Il n?y a plus là incitation à l?utilisation d?un véhicule mis à disposition sur la voirie, mais réponse à une nécessité.

Sur la mise au point du système tel qu?il nous a été présenté, je n?insisterai pas. Il est fort complexe, notamment sur les questions d?assurance, de constatation de l?état du véhicule et les problèmes liés à la disponibilité des voitures, à leur acheminement et à la sécurité du système restent posés.

Mais je voudrais surtout insister sur deux aspects.

Le premier, l?étude d?impact environnemental n?a toujours pas été faite. Pire, en dépit des promesses, elle n?a même pas été lancée. On attend, paraît-il, la signature du contrat. Cela veut tout simplement dire que quels que soient les résultats de l?étude, ils n?auront aucune conséquence sur la mise en place du service. Pourquoi, dans ces conditions, la lancer ? A l?heure des préoccupations environnementales et du Plan climat, il y a là, dans cette politique, une contradiction évidente.

Le deuxième point, et ce n?est pas le moins important, il y a un vrai problème financier. L?équilibre du système est bâti sur une prévision du nombre des abonnements?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il vous reste une minute.

Mme Laurence DOUVIN. - Oui.

? sans aucun rapport avec la réalité : 200.000 abonnements, 1/10 de la population parisienne.

On nous annonce que l?équilibre doit être atteint au bout de trois ou quatre ans, mais si tel n?est pas le cas, si, comme Vélib?, les dégradations et les vandalismes entraînent des coûts bien supérieurs, qui va payer, qui va assumer ces pertes au-delà des 60 millions dont se charge ?Bolloré? sur les 12 ans, c?est-à-dire la durée de la concession ? C?est le syndicat mixte et les collectivités membres qui devront augmenter leur apport et le système risque, finalement, d?être à leur charge. Si elles veulent se retirer, les statuts du syndicat sont clairs, il leur faudra l?accord des autres collectivités et payer les pénalités de sortie. Le risque est bien plus grand qu?avec Vélib?, où je rappelle que nous en sommes déjà à trois avenants avec l?entreprise ?Somupi?, filiale de Decaux.

Mettre en place un tel système comporte une contradiction. Il est présenté comme répondant aux déplacements occasionnels des Parisiens pour des sorties et des courses hors Paris. Or, pour un déplacement programmé et d?une certaine durée, l?autopartage répond parfaitement et pourrait être développé.

De même, le recours aux offres des loueurs professionnels, qui font maintenant des conditions très performantes pour les courtes durées, existe.

Alors, Monsieur le Maire, nous avons des doutes sur l?adéquation du système par rapport à l?objectif qui est d?avoir moins de voitures dans Paris et des inquiétudes sur son financement.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Denis BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Monsieur le Maire, vous ne serez pas surpris que nous ne partagions pas votre enthousiasme quant au projet Autolib?.

Depuis que ce projet a été lancé, nous avons fait part de notre scepticisme quant à son impact écologique et à son équilibre économique. Les informations dont nous disposons aujourd?hui ne nous rassurent sur aucun de ces aspects.

Avant d?y venir, je veux rappeler, afin d?éviter tout faux débat, que notre désaccord ne porte pas sur les voitures partagées. Nous sommes favorables, et ce depuis longtemps, au passage de la voiture propriété individuelle à la voiture d?usage, qui plus est partagée entre utilisateurs.

Au cours du précédent mandat, j?avais d?ailleurs tenu à ce que ces dispositions en ce sens soient inscrites dans le Plan de déplacements de Paris approuvé par notre Conseil et inclus dans le Plan climat et nous avions adopté un label ?Paris Autopartage? qui a permis d?ouvrir ce service à Paris par quatre entreprises.

Notre préoccupation porte donc sur les spécificités du dispositif Autolib? et ses différences avec l?autopartage. C?est pourquoi vous ne nous entendrez jamais nous associer à des critiques portées sur d?autres bancs de cette Assemblée et qui l?auraient été tout autant vis-à-vis de l?autopartage, qu?il s?agisse du stationnement supprimé pour le service, du vandalisme, etc. Ce sont certes des questions qui méritent attention, mais sur lesquelles il faut aller de l?avant si l?on veut privilégier le partage par rapport à la propriété individuelle.

Par contre, nous restons sceptiques sur l?impact écologique d?Autolib?.

La solution retenue, qui permet de laisser un véhicule à l?autre bout de l?agglomération, entraîne un rapport différent aux véhicules. Là où avec l?autopartage, la voiture est en quelque sorte la voiture balai, celle qu?on utilise quand on ne peut pas faire autrement, avec Autolib?, au contraire, et ce afin d?amortir un abonnement coûteux, l?automobile risque de redevenir le véhicule de référence et donc d?induire une évolution des comportements contreproductive.

Par ailleurs, ce dispositif entraînera de nombreux déplacements de régulation effectués par des jockeys qui ne peuvent qu?accroître la congestion et les nuisances. Que le prestataire prévoie 70 postes de régulation sur le territoire confirme d?ailleurs l?ampleur des déplacements redondants prévus.

C?est parce que nous voulions avoir une connaissance claire de ces impacts écologiques (pollution de l?air, consommation d?énergie, émission de gaz à effet de serre) et les comparer à ce qu?aurait eu un service d?autopartage de même envergure, que j?avais proposé au Conseil de Paris dès février 2009 un v?u demandant qu?une étude d?impact soit réalisée en préalable.

Ce v?u ayant été adopté par notre Conseil, j?ai donc été surpris d?apprendre en 3e Commission que non seulement cette étude n?est toujours pas lancée, mais même que son cahier des charges n?est pas rédigé. Si, comme nous le redoutons, l?impact écologique se révélait défavorable, il serait dommageable que la Ville se soit préalablement engagée de façon irréversible avec le prestataire.

Notre seconde inquiétude porte sur l?équilibre économique. Les nombreux jockeys et déplacements de régulations nécessaires ont un coût conséquent, qui s?ajoute au coût habituel des services d?autopartage.

Comme ceux-ci trouvent tout juste leur équilibre économique, il n?est pas sorcier d?imaginer qu?Autolib? ne trouvera pas le sien. C?est d?ailleurs ce qu?a confirmé le choix de l?entreprise ?Bolloré?, qui a accepté de perdre 60 millions d?euros. C?est aussi ce que confirment les simulations du syndicat mixte, estimant qu?il faut atteindre le nombre irréaliste de 220.000 abonnés pour trouver l?équilibre.

Je dis irréaliste parce que cela signifierait qu?à chacune des 3.000 voitures correspondraient 75 abonnés là où, dans les services d?autopartage existants, l?équilibre de fonctionnement se trouve dans un rapport de 1 à 10, voire de 1 à 12. Soit vous aurez les abonnés, mais ils n?auront jamais de voiture, soit vous n?aurez pas les abonnés et le service est inéluctablement déficitaire.

Franchement, que M. BOLLORÉ perde 60 millions d?euros ne m?empêche pas de dormir, même si à cause de cela il offre moins de vacances à ses amis sur son yacht. De son point de vue, c?est peut-être un bon investissement. Avec cette opération, Paris lui offre une formidable campagne de publicité pour sa Bluecar et pour ses batteries.

Ce qui nous importe plus, c?est de savoir si la Municipalité, elle, ne risque pas d?être le dindon de la farce. Si, comme cela nous est indiqué, le coût du service est de 110 millions d?euros par an et si, comme l?indique la presse spécialisée, même BOLLORÉ pense perdre de l?argent pendant au moins sept ou huit ans, la cagnotte de 60 millions d?euros risque d?être vite épuisée. Que se passera-t-il alors ? Qui paiera les pots cassés ? Paris ? La Région ? Les autres communes du syndicat ?

Enfin, notre dernière préoccupation concerne la date du lancement du dispositif. La Bluecar n?est pas aujourd?hui un véhicule homologué. Les démêlés industriels de BOLLORÉ pour la fabriquer ne se comptent plus. On lisait encore récemment dans la presse que la première pierre de son usine vient tout juste d?être posée. Cela interroge forcément sur la capacité du prestataire à tenir la date d?octobre, indiquée dans le dossier de presse, et ce d?autant plus que cette date a disparu de la fiche technique distribuée aux élus.

Vous l?aurez compris, Monsieur le Maire, nous restons perplexes. Nous continuons de penser que si Paris s?était orientée vers l?autopartage, en s?appuyant par exemple sur l?excellente étude de l?A.P.U.R. en 2008, et si on y avait mis les moyens dédiés à Autolib?, nous disposerions sans doute déjà d?un des meilleurs service d?autopartage du monde.

Il n?est peut-être pas encore trop tard pour rectifier le tir. C?est en tout cas ce à quoi vous invitent les élus écologistes.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Claude DARGENT, pour cinq minutes.

M. Claude DARGENT. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Notre Ville, avec 44 communes du c?ur de l?Ile-de-France, se lance avec Autolib? dans une entreprise qui n?a pas aujourd?hui de véritables précédents. Comme cela a été signalé par les deux orateurs précédents, le seul dispositif qui se rapproche de ce système, c?est l?autopartage mais il est bien différent.

Autolib? va bien plus loin que l?autopartage, en permettant à l?usager de déposer le véhicule à un point différent de celui où il l?a emprunté. Plus complexe à gérer techniquement, cette différence présente un avantage majeur : démultiplier en contrepartie les possibilités d?usage.

Autolib? va donc offrir aux Parisiens et aux Franciliens l?usage ponctuel de véhicules peu chers, accessibles 24 heures sur 24 dans plus de 1.000 stations et permettant donc une trace directe, c?est-à-dire sans retour au point de départ.

Il s?agit là d?une initiative - on ne peut pas lui retirer cette ambition - qui vise à s?inscrire dans les mutations nécessaires des modes de déplacement urbain. Et même si les différences sont nombreuses avec Vélib?, la comparaison avec cet autre dispositif de service en matière de déplacements s?impose.

Le premier point commun entre ces deux initiatives est l?idée de partage en matière de déplacement. De la même façon que Vélib? permet au même vélo de servir à plusieurs personnes dans la même journée, le principe d?Autolib? est qu?un véhicule donné pourra être emprunté par plusieurs automobilistes en 24 heures.

De ce partage naissent plusieurs avantages. D?abord, s?agissant d?Autolib?, un gain d?espace et de temps. Inutile de tourner pour chercher une place, celle-ci peut d?ailleurs être réservée dès le départ et le multi usage de chaque véhicule a des effets considérables. Rappelons-le, parce que c?est un des n?uds du débat, une étude européenne - Denis BAUPIN est très attaché aux études et il a raison - établit qu?un véhicule partagé remplace 4 à 8 voitures privées.

Outre une optimisation de l?espace urbain, on peut donc attendre de l?instauration d?Autolib? une nouvelle baisse du taux de détention de voitures dans Paris, suivant en cela une pente descendante que l?on constate dans toutes les grandes villes européennes.

Le partage permet également un coût plus faible que celui du véhicule individuel. Les coûts fixes, liés aux véhicules, sont en effet étalés sur plusieurs usagers, au lieu d?être concentrés sur le seul propriétaire. Engendrant une dépense mensuelle comprise entre 35 et 150 euros, Autolib? permet ainsi de faire des économies évidentes, quand on sait que la possession d?un véhicule particulier représente un budget mensuel de 500 euros à Paris.

Ajoutons aussi que ce partage fait naître une nouvelle forme de solidarité urbaine que connaissent les usagers de Vélib? aujourd?hui. Souhaitons qu?ils s?instaurent entre ceux d?Autolib? demain, ce qui changera des rapports ordinaires entre automobilistes qui, bien que circulant en ville, sont loin d?être toujours urbains.

C?est un hasard du calendrier mais il est symbolique que cette information soit délivrée dans la même séance du Conseil de Paris que la délibération que nous examinerons demain sur la reconquête des voies sur berges, car il s?agit là aussi de transformer les modes de déplacement, en partageant mieux l?espace, en favorisant d?autres modes moins polluants, occupant moins de place que la voiture individuelle dans notre ville.

Autolib? s?inscrit également pleinement dans le sens des évolutions souhaitables, dans la mesure où il s?agit d?un service conçu dès le départ à l?échelle métropolitaine, à la différence de Vélib?. Mais nous avons corrigé cela depuis. Le syndicat mixte, chargé de la mise en ?uvre d?Autolib?, présidé par Annick LEPETIT et vice-présidé par René ROUQUET a, de ce point de vue-là, fournit un travail considérable.

Puis, le projet repose sur un modèle économique, dont les composantes ont été longuement étudiées. De ce point de vue on aura l?occasion d?y revenir - il y a eu une analyse tout à fait précise, même si on peut toujours s?interroger sur le résultat de l?ensemble.

Enfin, il s?agit d?une innovation technologique, d?une vitrine de savoir-faire français, avec l?utilisation de batteries électriques dans chaque voiture. Il y a là, on le sait, une question considérable. La voiture électrique est largement préférable en termes de bilan carbone.

A l?initiative de notre collègue François VAUGLIN, le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés dépose d?ailleurs dans ce Conseil, une demande d?étude visant à intégrer les batteries du système Autolib? dans le système de distribution énergétique parisien, pour optimiser la consommation électrique de notre agglomération.

Chers collègues, il s?agit, je l?ai dit, d?un système tout à fait novateur. Comme tout dispositif innovant, il est classique qu?il fasse l?objet d?inquiétude. Nous nous souvenons des réserves, lors de la mise en place de Vélib? par exemple, et on les retrouve aussi.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il faut conclure.

M. Claude DARGENT. - Je différencie bien - et je conclus, Monsieur le Maire - les critiques qui viennent de la Gauche et celles qui viennent de la Droite, s?agissant de ce nouveau mode de déplacement.

Je m?amuse juste un peu du nouvel intérêt de certains pour les questions d?équilibre économique, mais je m?en félicite.

Il s?agit néanmoins ici d?un système complexe. Il est plus que probable, il faut le reconnaître, qu?il faudra probablement opérer des réglages au vu des premières expériences. La phase de test est pour cela.

En même temps, le Paris de demain est celui que nous inventons aujourd?hui. Gageons ici qu?Autolib? en sera probablement une composante importante.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Comme il y a beaucoup d?intervenants, je vous demande de respecter votre temps de parole.

Madame CUIGNACHE-GALLOIS, vous avez la parole, pour cinq minutes.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Le choix de l?opérateur pour Autolib? est connu depuis le mois de décembre, mais nous, élus du Conseil de Paris, nous n?avons pris connaissance de son dispositif exact que mercredi dernier en 3e Commission.

Depuis le début du projet, notre groupe a décidé de s?abstenir, parce que si nous sommes favorables à l?augmentation de l?offre en matière de modes de déplacement pour les Parisiens, il nous semble que le moyen que vous proposez n?est pas adapté aux besoins de la Capitale et que, de fait, il comporte un réel risque financier pour la collectivité.

Il se trouve que les informations qui nous ont été communiquées en Commission n?ont fait que confirmer les doutes que nous avions déjà émis depuis le départ.

Tout d?abord, sur le principe même, Autolib? ne s?adresse qu?à une niche de clients potentiels. Il propose un service trop limité et trop complexe.

Trop limité, parce qu?il ne concerne que les titulaires du permis de conduire qui sont en état de conduire, que ceux qui n?ont pas de handicap. Trop limité aussi parce qu?il n?a pas vraiment vocation à s?adresser aux milliers de touristes qui sont dans Paris.

Trop complexe également, car en dehors des contraintes d?abonnement et de réservation, va se poser le problème extrêmement difficile à résoudre du réacheminement des véhicules. On sait déjà que c?est la principale difficulté de Vélib?, avec des utilisateurs qui souvent, ne trouvent pas de place pour se garer. Et encore, avec Vélib?, il est possible de faire un réapprovisionnement des stations par camion.

Comment pourra-t-on résoudre cette question de façon raisonnable avec Autolib? ? Vous allez créer une situation impossible dans laquelle des clients vont tourner indéfiniment autour des stations les plus fréquentées.

Autolib? va aussi supprimer 4.000 places de stationnement : 2.000 en surface et 2.000 en souterrain. Or, le manque de places de stationnement est précisément la principale raison qui fait de Paris la ville la plus embouteillée d?Europe. Vous n?allez donc qu?accentuer là encore le problème.

Un service trop limité et trop complexe, donc, qui nourrit de sérieux doutes quant à sa pertinence. C?est ce qui me fait m?interroger sur les risques de dérive financière de ce projet pour la collectivité.

L?équilibre du contrat est en effet basé sur l?hypothèse de 220.000 abonnés. Or, on le sait, Vélib?, au meilleur de sa forme, est parvenu à frôler les 200.000 abonnés? 200.000 pour Vélib, et vous souhaitez 220.000 pour Autolib?? Et Vélib? ne compte aujourd?hui que 165.000 titulaires d?abonnements. Qui peut donc réellement penser que cet objectif de 220.000 abonnés pour Autolib? est raisonnable ?

Le contrat prévoit d?ailleurs que l?opérateur assumera jusqu?à hauteur de 60 millions d?euros les pertes éventuelles sur l?ensemble des 12 ans d?exécution du contrat. Au-delà de cette somme, ce sera aux collectivités adhérentes de payer. Or, compte tenu des objectifs irréalistes pour atteindre l?équilibre du contrat, les déficits peuvent très vite s?accumuler.

En plus des 35 millions d?euros de financement initial pour la Ville, il y a donc un risque sérieux que la Municipalité soit obligée de combler les pertes liées à ce contrat de délégation de service public. Je ne crois pas que les Parisiens doivent payer pour les expérimentations hasardeuses de la Ville.

Il y a une chose encore qui suscite notre inquiétude, c?est une clause du contrat sûrement passée inaperçue pour la plupart des collectivités qui se sont engagées. En effet, si jamais une collectivité souhaitait se retirer du projet, voyant que celui-ci accumule les déficits, elle ne pourrait le faire qu?à la condition de l?unanimité des membres du syndicat. Je doute que les membres signataires en aient eu bien conscience au moment de rejoindre cette initiative du Maire de Paris. Ils sont donc, tout comme la Capitale, pieds et poings liés, sans même que les termes du contrat ne soient passés directement sous l??il du Conseil municipal.

Pour conclure, nous pensons que le système Autolib? ne correspond pas aux véritables besoins de déplacements des Parisiens, que cette solution n?était pas la plus pertinente pour augmenter l?offre de transports dans la Capitale.

Comme nous l?avions déjà exprimé, c?est l?offre de taxis qu?il s?agit d?augmenter en priorité. Nous regrettons ainsi que l?idée de petits taxis électriques pour Paris intra-muros que nous avions proposée par un v?u il y a déjà bien longtemps n?ait pas été étudiée. Elle aurait pourtant permis de toucher une cible potentielle beaucoup plus large avec une gamme de services plus étendue, y compris un service P.A.M. pour les personnes à mobilité réduite. Elle serait aussi une réponse au manque de taxis dans Paris intra-muros. On sait qu?il y en a un besoin important.

Notre proposition de petits taxis donnait la possibilité d?offrir un moyen de circulation beaucoup plus performant, et nous aurions souhaité que vous entamiez les discussions sur ce sujet avec les professionnels et la Préfecture, plutôt que de vous lancer dans un projet dont l?issue semble plus qu?incertaine.

Nous aurions en conclusion préféré, plutôt qu?une délégation de service public complexe dans sa structure, et pouvant engendrer des charges financières lourdes sur les collectivités, nous aurions préféré cette offre privée de petits taxis, créant des emplois, et offrant un service à tous points de vue bien plus accessible.

Pour ces raisons, nous nous abstiendrons.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à Michel DUMONT, pour cinq minutes.

M. Michel DUMONT. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous avons effectivement appris qu?une délégation de service public relative au projet Autolib? avait été attribuée au groupe ?Bolloré?.

Or, apparaît clairement dans ce dossier, dont les élus sont tenus à l?écart, votre persévérance dans la chasse à la voiture individuelle par asphyxie. En effet, les 3.000 places de stationnement réservées aux véhicules Autolib? vont une nouvelle fois amputer les capacités de stationnement dans notre ville, dont elle a notamment besoin dans les arrondissement centraux.

Dans le 7e arrondissement en particulier, l?offre de stationnement aux riverains en subira immanquablement les conséquences, qui viendront s?ajouter, dans le cadre de votre projet de fermeture de la voie sur berge rive gauche, à la disparition du parc de stationnement sur berge du port de Solferino ou du parc du Quai d?Orsay, comme une délibération votée au printemps dernier semble le confirmer.

Il est d?ailleurs assez paradoxal d?introduire sur la chaussée parisienne 3.000 véhicules supplémentaires ayant vocation à circuler en permanence, qu?ils soient conduits par les utilisateurs ou par les employés de l?opérateur chargés de répartir les véhicules entre les différentes stations alors que dans le même temps, votre projet de voies sur berges vise à réduire cette circulation. Je n?ose imaginer la circulation demain sur le quai Anatole France.

Aucune étude d?impact environnemental n?a été réalisée, comme vient de le dire ma collègue Laurence DOUVIN, alors que la D.S.P. est déjà attribuée.

Quant à la prévision financière, elle est particulièrement optimiste, pour ne pas dire probablement inaccessible. L?équilibre financier ne pourra en effet être atteint qu?à l?horizon de 200.000 abonnés, soit environ 66 abonnés par véhicule, c?est-à-dire quatre fois plus que dans d?autres systèmes d?autopartage, en supposant de surcroît un taux de dégradation maîtrisé alors que malheureusement l?expérience des vélos en libre service n?incite pas à l?optimisme en la matière.

Sur le plan pratique, le système proposé pèche par de nombreux défauts. Le premier d?entre eux est la difficulté pour l?utilisateur d?Autolib? de trouver un emplacement disponible au lieu de sa destination. Les concepteurs du projet ont prévu, semble-t-il, la possibilité de réserver à l?avance une place de stationnement à l?arrivée, mais comment la matérialisation de cette réservation se concrétisera-t-elle ? Par un simple système de feu, nous dit-on. Qu?en sera-t-il lorsque la place réservée sera occupée, d?autant plus que certaines stations seront également accessibles aux véhicules électriques des particuliers pour rechargement ?

Certes, Autolib? apparaît séduisant sur le papier. Il risque malheureusement de vite apparaître d?une efficacité réduite et déficitaire en raison d?une utilisation compliquée, compliquée dans les formalités d?abonnement, compliquée dans son utilisation, de la réservation du véhicule à la réservation d?une place de stationnement.

Comment ne pas évoquer également les conflits financiers entre l?opérateur et l?utilisateur en cas d?accident, l?assurance du véhicule emprunté n?ayant pas pour vocation, semble-t-il, de supporter l?intégralité des réparations du véhicule puisque il est prévu dans les stations un détecteur de chocs enregistrant les éventuels accidents dont le conducteur restera financièrement responsable si son permis ne dispose pas de tous ses points ?

Votre projet Autolib? manque cruellement d?une réflexion de fond sur les déplacements intégrant notamment les capacités de transports des taxis, qui apportent une fluidité de circulation rapportée au nombre de passagers transportés.

Je ne résiste pas au plaisir d?évoquer également, puisque, Monsieur le Maire, vous l?avez fait ce matin, les circuits des minibus d?arrondissement, puisque vous vous glorifiez de les avoir installés dans certains quartiers, ceux de vos amis politiques, en vous étonnant que des élus de l?opposition les réclament aujourd?hui. Je vous rappellerai à cet égard que plusieurs maires d?arrondissement, moi-même pour le 7e arrondissement sous la précédente mandature, avons proposé sans succès un tel système de transports inter-quartiers, qui présente de nombreux avantages.

Une fois de plus, la ?politique symbole? l?emporte sur une politique réfléchie. C?est une fois de plus dommageable pour l?avenir de notre ville.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUMONT.

La parole est à Marie-Laure HAREL, pour cinq minutes.

Mme Marie-Laure HAREL. - Étant donné qu?un certain nombre de points ont déjà été abordés, je me concentrerai sur ce qui n?a pas été dit pour apporter des compléments.

D?abord, je voudrais dire comme Laurence DOUVIN que notre groupe se réjouit qu?on puisse enfin parler d?Autolib? puisque nous l?avions sollicité depuis longtemps, et que c?est seulement maintenant qu?on arrive à aborder le sujet clairement dans cet hémicycle.

Autolib? est une idée qui nous plaît beaucoup, mais beaucoup d?interrogations doivent être soulevées. Elles l?ont déjà été, et je m?inquiète du fait que Denis BAUPIN n?ait pas pu nous rassurer sur beaucoup des questions que nous nous posons.

Il y a une chose que Laurence DOUVIN a dite, sur laquelle j?aimerais insister : il est quand même très curieux d?observer la politique menée à Paris face aux voitures puisque d?un côté, le Maire de Paris veut chasser les voitures, et d?un autre côté, on s?apprête à injecter 3.000 véhicules supplémentaires dans nos rues.

La circulation est un enfer permanent pour les automobilistes parisiens, et sans vouloir tomber dans un cliché selon lequel vous vous battriez contre les voitures et nous, nous chercherions à les défendre, il est quand même inquiétant de se dire que cela ne va pas s?améliorer.

Non seulement des chantiers comme celui de la place de la République, par exemple, ne font que conforter les automobilistes dans l?idée que des jours meilleurs ne les attendent malheureusement pas, mais le stationnement aussi est un calvaire et ramène des voitures en plus.

Je voudrais surtout souligner le grand paradoxe qui consiste à vouloir fermer les voies sur berges et à encombrer parallèlement la circulation. Contrairement à ce que dit souvent l?équipe du Maire, rien ne prouve que ce sont bien les automobilistes et pas les usagers de transports en commun qui vont se reporter vers Autolib?.

On nous a dit que chaque Autolib? reviendrait à supprimer cinq voitures individuelles. Il n?y a qu?à espérer que les faits vous donnent raison, mais il est légitime d?être sceptique et de croire le contraire, comme le font déjà les Verts.

Ces statistiques un peu douteuses effectivement ne viennent que s?ajouter à celles qui concernent l?équilibre général du contrat et qui ont déjà été mentionnées : 220.000 abonnés, c?est ce que l?on attend et c?est ce que l?on espère pour pouvoir assurer la rentabilité du projet. Cela fait donc 66 abonnés par véhicule.

Je voudrais apporter deux petits compléments qui permettent de douter de ces chiffres comme de la capacité de les atteindre, car si l?on se base sur de simples comparaisons, je vois que dans d?autres villes françaises ou étrangères, pour des systèmes comparables à Autolib?, on tourne plutôt autour d?une quinzaine d?abonnés par véhicule, on est donc loin des 66 espérés puisque cela fait quatre fois moins.

Si l?on regarde par exemple Vélib?, qui est un système, peut-être pas tout à fait comparable, mais en tout cas un système moins onéreux et beaucoup plus flexible puisqu?il n?y a pas besoin d?avoir son permis ni besoin d?avoir un abonnement mensuel, on est à environ 160.0000 abonnés. Je vois mal comment l?on va pouvoir faire beaucoup mieux quand il s?agit de voitures.

Ce qu?il y a d?inquiétant, comme l?a dit Laurence DOUVIN, c?est que si Autolib? ne marche pas, si l?on perd de l?argent, c?est le Parisien qui risque d?avoir à payer car le syndicat mixte a tranché : si BOLLORÉ veut bien prendre les pertes à sa charge à hauteur de 60 millions d?euros, au-delà, ce sont les collectivités qui vont devoir mettre la main à la poche.

Enfin, je voudrais évoquer, parce qu?elle ne l?a pas encore été, la question du calendrier. Il se pourrait que, comme les chiffres, les dates nous permettent de douter un peu de la bonne consistance du projet.

Dans votre schéma, Autolib? est supposé être fonctionnel à partir d?octobre. Notre modèle d?Autolib? qui ne sera homologué qu?en avril aura donc à peine six mois, d?avril à octobre, pour passer du stade de prototype à celui d?engin fabriqué en série, dans un contexte en plus assez compliqué entre BOLLORÉ et son sous-traitant qui est en train de se faire racheter.

J?ajoute d?ailleurs que nous ne pourrons pas voir Autolib? rouler tant que nous n?aurons pas trouvé d?assureur pour les prendre en charge, ce qui pose encore un gros problème pour l?instant.

Il me semble que la question de l?assurance a d?ailleurs été évoquée en Commission mercredi dernier mais n?a pas pu recevoir de réponse.

Voilà ce que je tenais à souligner, personne n?est contre le principe d?Autolib?, mais votre projet a de quoi faire douter et, encore une fois, je m?inquiète davantage du fait que Denis BAUPIN n?ait pas pu nous rassurer et se pose les mêmes questions que nous.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - La parole est à

M. François VAUGLIN, pour une minute.

M. François VAUGLIN. - Chers collègues, face aux oiseaux de mauvais augure qui viennent de s?exprimer, qui sur les stationnements, qui sur les embouteillages, qui sur l?environnement, je donne rendez-vous lors de l?inauguration d?Autolib? et parions qu?ils seront moins frileux et plus empressés à défendre ce beau projet dont nous débattons aujourd?hui.

Je vais profiter de cette innovation technologique pour faire une proposition qui est d?utiliser la capacité de stockage qu?offre un réseau de batteries électriques afin de réduire les consommations de pointe à Paris, période où le réseau électrique est parfois très sollicité.

C?est un principe tout simple mais qui permet de réduire des consommations électriques très chères en période de pointe et qui, par ailleurs, pendant ces quelques heures de pointe annuelles, sont très productrices de gaz à effet de serre puisqu?on fait essentiellement appel à des centrales à charbon pendant les périodes de pointe.

Autolib? et le réseau de batteries qu?il offre permet à la fois ce progrès environnemental et ce progrès économique par stockage puis restitution de l?électricité dans le réseau de batteries que nous mettrons ainsi à disposition.

Voici le v?u qu?il est proposé d?adopter : que le syndicat mixte, la Ville, E.R.D.F. et le fournisseur d?électricité et BOLLORÉ se mettent autour de la table, étudient cette possibilité et voient ce qu?il est possible de faire dans ce sens, à la fois économique et écologique.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président.- Merci, Monsieur VAUGLIN.

Pour répondre, la parole est à Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais essayer de rassurer Denis BAUPIN pour qu?à son tour il puisse rassurer Marie-Laure HAREL.

Autolib? sera, comme l?a souhaité dès 2008 le Maire de Paris, un service public de transport de voitures électriques en libre service.

Claude DARGENT le disait à l?instant, ce projet est une illustration concrète de la métropole de demain.

Nous étions au départ 26 collectivités adhérentes au syndicat mixte en 2009. En décembre 2010, le syndicat rassemblait 41 villes et il en rassemblera bientôt 46 puisque Rueil-Malmaison, Suresnes, Gennevilliers et Châtenay-Malabry vont nous rejoindre très bientôt.

Madame CUIGNACHE-GALLOIS, je pense que les élus des communes d?Ile-de-France sont aussi intelligents que les élus parisiens et ils ont participé pleinement à l?élaboration de ce projet et à l?élaboration du contrat.

J?ajoute aux communes, la Région, qui participe pleinement à ce projet en apportant 4 millions d?euros.

Cette innovation, Autolib?, figurait dans le programme adopté par les Parisiens en mars 2008 et a été approuvée il y a exactement deux ans, en février 2009, par notre assemblée. Cela a été l?occasion d?un large échange sur ce projet.

Avec Pierre MANSAT, j?ai été désignée par le Maire de Paris pour vous représenter au syndicat mixte Autolib?.

Ce futur service représente un en jeu social, écologique et technologique. Son premier objectif est en effet de remplacer la voiture individuelle et thermique qui, selon l?Automobile Club, coûte 5.200 euros en moyenne par an à son propriétaire.

Une Autolib?, cela a été dit, remplacera cinq voitures en propriété grâce à la rotation entre usagers. Il y aura moins de voitures particulières thermiques dans la Ville et moins d?encombrement de l?espace public.

Autolib? sera sans pollution sonore ni atmosphérique et elle va, de fait, contribuer à apaiser la Ville.

L?abonnement sera de 15 euros par mois, avec un tarif pour la première demi-heure de 5 euros puis de 4 euros la seconde demi-heure.

Différents abonnements seront proposés aux familles, aux entreprises et il n?y aura pas de majoration pour les moins de 21 ans, comme c?est souvent le cas pour la location d?une voiture.

Avec Autolib?, nous poursuivons notre objectif d?offrir à tous des modes de transports nombreux et divers afin que la possession d?une voiture particulière ne soit plus une nécessité.

C?est dans cet esprit que nous avons aussi réalisé le tramway des Maréchaux, Vélib? et les couloirs de bus, afin d?offrir aux Parisiens le choix de leur mode de déplacement.

Notre Municipalité n?a jamais fait de la voiture, en tant que telle, une adversaire. Je le dis parce que cela a été quand même souligné par un certain nombre d?intervenants, je pense notamment à M. DUMONT et à Mme DOUVIN. C?est l?hégémonie de la voiture et ses nuisances que nous voulons combattre, d?ailleurs avec succès puisque la circulation automobile dans la Capitale a baissé de 24 % depuis 2001 et nous poursuivons en ce sens avec le projet des berges de la Seine qu?Anne HIDALGO présentera demain matin.

J?entends depuis deux ans mon ami Denis BAUPIN opposer Autopartage à Autolib?. Pour ma part, je ne les ai jamais opposés, puisqu?ils ne répondent pas aux mêmes besoins. De plus, vous ne l?avez peut-être pas assez bien entendu, mais les voitures en Autopartage proposées par des entreprises privées sont thermiques et doivent revenir à leur point de départ, alors qu?Autolib? est en libre service et que les voitures sont électriques.

De plus, notre souhait est bien évidemment qu?il y ait un lien entre le service public Autolib? et les services privés Autopartage. Nous souhaitons qu?ils soient complémentaires et ils le seront.

En complément de la note technique que vous avez reçue, Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris, je rappelle que le projet Autolib? a été présenté en 3e Commission mercredi dernier en détail. Concernant l?étude d?impact environnemental, elle ne peut pas être faite, dès lors que le projet n?a pas été défini concrètement. C?est chose faite et nous allons lancer cette étude.

Le v?u présenté par François VAUGLIN et le groupe socialiste, pour lequel j?émets un avis favorable, met en évidence les champs d?innovation possible autour de l?électricité.

J?en profite pour vous dire que j?ai d?ailleurs écrit aux différents ministres de l?Ecologie, d?abord à M. BORLOO puis à Mme KOSCIUSKO-MORIZET, pour le concours financier de l?Etat à hauteur de 30 millions d?euros afin de financer les bornes de recharge.

Le syndicat mixte va engager 54 millions d?euros et, pour Paris, la somme est de 35 millions d?euros.

J?ajoute qu?à Paris, en complément des stations Autolib?, nous installerons 250 bornes de recharge pour les voitures des particuliers et pour les deux-roues électriques.

A Paris, nous allons mettre en place 700 stations, dont 500 seront sur voirie et 200 en parking. J?avais présenté une première implantation des stations Autolib? aux maires d?arrondissement en 2009. Je leur ai écrit à nouveau en janvier pour affiner l?implantation des stations à Paris.

Je remercie chaleureusement les maires d?arrondissement pour leur concours.

En Ile-de-France, ce seront presque 1.200 stations, avec

3.000 véhicules en service. Nous atteindrons notre rythme de croisière avec 200.000 abonnés et la délégation de service public durera 12 ans.

J?insiste juste sur un point parce que beaucoup d?entre vous ont fait la comparaison avec Vélib?. Effectivement, dans l?idée, dans l?esprit, on peut en effet comparer mais Vélib? est un marché public, d?où les avenants que nous devons prendre dès lors qu?il y a une évolution dans le contrat. Autolib? est une délégation de service public, ce qui fait que nous avons demandé à l?ensemble des candidats de nous apporter des réponses au cahier des charges que nous avons émis il y a un an.

Le syndicat mixte a pris en décembre dernier, à l?unanimité, une décision majeure : il s?agit du choix de l?opérateur du service. Au terme d?une compétition exigeante et loyale entre des concurrents dont je salue la très grande qualité, notre préférence à tous est allée au groupe Bolloré, et ce, pour au moins quatre raisons.

La première : le groupe Bolloré propose les modèles les plus fonctionnels, des voitures à quatre places, ce qui permettra d?accueillir des familles ou des personnes regroupées. Ces véhicules auront, en outre, une autonomie de 250 kilomètres, ce qui est une garantie importante.

La deuxième raison de notre choix concerne les tarifs pour les usagers, qui sont très avantageux. Contrairement à ce que j?ai entendu tout à l?heure, je pense que ces tarifs ont été particulièrement étudiés lorsque nous avons lancé le cahier des charges. Nous avions fixé une fourchette et il se trouve que, parmi les candidats, le groupe Bolloré a répondu au moindre coût.

Troisième argument : 800 emplois sont directement créés pour faire fonctionner le service et notamment pour accueillir les usagers, les conseiller et les orienter.

Enfin, quatrième raison, qui n?est pas la moindre : le groupe Bolloré propose la meilleure offre financière. Son investissement propre s?élève à 50 millions d?euros et l?entreprise consent à renoncer à sa rémunération sur toute la durée du contrat en cas de dépassement de charges. J?ajoute que le groupe Bolloré prend en charge le risque commercial si les recettes devaient être moins élevées. Le groupe assume les pertes, cela a été dit aussi, jusqu?à 60 millions d?euros.

Mais je précise que 60 millions d?euros est une somme énorme. Un comité de conciliation, constitué de trois membres indépendants et expérimentés, sera mis en place et un comité de suivi sur l?application même du contrat sera constitué de dix membres issus à la fois du concessionnaire et du syndicat.

Même si ce projet est extrêmement innovant, bien sûr, nous prenons des risques mais avant tout, je l?ai entendu pour beaucoup d?autres projets, ici, en Conseil de Paris, je suis sûre que nous franchissons aujourd?hui une véritable étape dans la conception de la ville de demain, dans la conception d?une métropole moderne, écologique, avec de vrais services publics de transport urbain.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame le Maire.

Je mets aux voix?

Il y a un vote sur le v?u.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Explication de vote.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Avant ? Evidemment !

Êtes-vous le porte-parole de Mme HAREL ou non ? Allez-y!

M. Denis BAUPIN, adjoint. - C?est en mon nom, enfin, celui de mon groupe. C?est pour poser une question à M. VAUGLIN, l?auteur du v?u, en toute amitié.

Je dois dire que, l?ayant lu et relu, ayant à l?esprit le travail qui a été effectué concernant les véhicules électriques et l?idée souvent avancée que ces véhicules électriques pourraient servir de réservoir pour stocker l?électricité. En l?occurrence, pour un service comme Autolib? qui est censé fonctionner 24 heures sur 24, j?ai une interrogation. Quel sens aurait exactement ce stockage d?électricité ? L?idée est-elle bien que l?on stockerait l?électricité sur les batteries et au moment où il y aurait des pics de consommation électrique, c?est-à-dire vers 19 heures tous les soirs pendant l?hiver, on remettrait l?électricité à partir de la batterie sur le réseau ? Ce qui veut dire que pendant ces heures de pointe, les voitures doivent être en train de se décharger sur le réseau et qu?il n?est pas question de pouvoir utiliser à un tel moment Autolib?. Je dois dire que je suis un petit peu sceptique. Par rapport à des véhicules individuels en grand nombre, cela a un sens. Mais sur un dispositif comme celui-là, j?ai du mal à saisir.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Avant de mettre aux voix le v?u, une petite explication de l?expert M. VAUGLIN.

M. François VAUGLIN. - Effectivement, vous avez bien compris l?esprit du v?u, il s?agit simplement, l?électricité ne se stockant pas, d?utiliser ce réseau de batteries pour avoir une capacité de stockage.

Il faut bien voir que les périodes de pointe, c?est quelques heures par an, pas plus, et c?est très coûteux, aussi bien sur le plan économique que sur le plan environnemental. Donc, si, pendant quelques heures par an, quand vous prenez un véhicule électrique, votre batterie est chargée par exemple à la moitié de sa capacité, vous générez une capacité d?effacement à bon compte. C?est l?esprit du v?u qui est effectivement assez innovant.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez !

Une explication de vote, Madame HAREL, très rapidement ?

Mme Marie-Laure HAREL. - Juste un petit mot : je suis désolée, j?ignorais totalement que M. BAUPIN était assez modéré sur le dossier Autolib?, mais je me réjouis, en tout cas, de constater qu?il se pose les mêmes questions que nous et cela ne pourra être que constructif finalement d?essayer de répondre aux mêmes interrogations.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Vous pouvez prendre rendez-vous assez rapidement, si vous voulez.

Je peux me faire l?intermédiaire !

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Ça va, je suis assez grand !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il est assez grand, me dit-il.

Vous pouvez ajouter un mot, Madame le Maire.

Après, nous allons voter.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Je voudrais juste confirmer, Monsieur le Maire, que nous portons un avis favorable au v?u déposé par François VAUGLIN.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je l?avais compris.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2011, V. 11).

Pour votre vote, Monsieur BAUPIN, vous direz au service que vous avez voté. Je n?avais pas bien compris !