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Fevrier 2007
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2007, Voeu déposé par Mme Catherine GÉGOUT et les membres du groupe communiste pour l’installation temporaire de chalets logement-insertion.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2007


 

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Nous passons au v?u référencé n° 9 dans le fascicule concernant l?installation temporaire de chalets logement-insertion.

Madame GÉGOUT, vous avez la parole.

Mme Catherine GÉGOUT. - Je résume. Vous savez que, face à l?émotion qui a suivi l?affaire des Enfants de Don Quichotte, le Gouvernement a pris un certain nombre d?engagements, sur lesquels nous avons déposé un autre v?u par ailleurs. M. BORLOO a décidé d?installer des chalets, des Algeco, premièrement dans l?hôpital Charles-Foix d?Ivry et éventuellement dans d?autres villes du Val-de-Marne.

Ils ont annoncé au départ 80 Algeco, ce qui est énorme comme implantation.

Depuis le dépôt du v?u, ils ont réduit à 40, tout cela sans concertation avec la collectivité locale. Il nous semble qu?il s?agit, à moins d?une évolution positive, d?un détournement du projet tel qu?il avait été proposé dans un v?u que nous avions déposé en septembre, sur lequel la Municipalité s?était engagée à faire une étude pour une expérimentation. Depuis septembre, il y a eu une réunion qui n?a eu aucune suite.

Ce v?u vise donc à ce que la Municipalité accepte qu?une étude soit faite pour une expérimentation réelle, selon un modèle tout à fait exemplaire, à savoir une implantation de petite taille accueillant des personnes susceptibles d?aller rapidement vers le logement, avec des chalets de qualité, un suivi social, etc.

Je demande instamment que ce qui a été promis en septembre soit suivi d?effet aujourd?hui, en tout cas au moins pour l?étude de faisabilité, l?évaluation des coûts, des systèmes de fonctionnement, etc.

Je vous remercie.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

Madame STAMBOULI, vous avez la parole.

Mme Mylène STAMBOULI, adjointe. - Dans la mesure où vous étiez présente avec trois associations : le collectif ?Salauds de Pauvres? qui porte ce projet plus particulièrement et les associations ?Emmaus? et ?C?ur des Haltes?, qui étaient venues en qualité d?experts pour nous éclairer un peu sur l?intérêt de ces projets, à la réunion du 21 novembre que vous évoquez, suite au v?u que vous aviez présenté au Conseil de Paris, vous avez pu noter qu?au cours de cette réunion qu?il y avait des réserves dont je m?étais faite l?interprête au sein du Conseil de Paris, réserves que partagent de nombreux élus, sur le risque de créer à Paris des formes de non-logement, de mal-logement, sous cette forme d?habitat.

Par ailleurs, l?installation de bâtiments temporaires se heurte à de nombreux obstacles techniques, liés à des contraintes d?urbanisme et de sécurité particulièrement fortes à Paris.

Il avait été aussi indiqué lors de cette réunion que des exigences de qualité entraînent des coûts très élevés qui ne sont pas nécessairement compatibles avec le caractère temporaire du projet. Nous en avons fait l?expérience lors de l?installation des deux restaurants assis des Restos du Coeur dans le 13e et le 19e arrondissement, qui ont effectivement nécessité des coûts importants.

Depuis cette réunion, le Gouvernement, après avoir reçu des associations, a souhaité s?engager sur l?installation de bungalows et a annoncé que, sur les locaux de l?hôpital Charles-Foix à Ivry, sans avoir consulté d?ailleurs le maire de cette commune, il comptait installer 80, aujourd?hui, on parle de 40, bungalows pour deux personnes, donc 80 personnes, ce qui nous paraît loin de la réflexion qui était la nôtre au mois de novembre, à savoir des petites unités et une qualité dans l?accompagnement des personnes.

Cependant, dans la lignée de notre débat de septembre et dans la lignée de cette réunion et des conclusions que nous avions tirées, nous nous situons toujours dans la perspective d?une étude pour examiner la faisabilité de ce projet sur le territoire parisien.

J?émets donc un avis favorable et vous indique que le Secrétariat général de la Ville de Paris va réunir les Directions de la Ville concernées pour avancer en ce qui concerne cette étude.

C?est donc un avis favorable.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci, Madame STAMBOULI.

M. René DUTREY. - Monsieur le Maire, je demande la parole.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Monsieur DUTREY, vous avez la parole.

M. René DUTREY. - Très rapidement, en revanche.

J?ai bien peur que ces ?Chalets de l?espoir? ne se transforment très rapidement en des ?bidonvilles du désespoir?, pour trois raisons très simples.

Premièrement, où reste-t-il des friches aujourd?hui à Paris ou en proche couronne ? Dans les secteurs les plus dégradés ou les plus inaccessibles. Ce n?est pas un hasard si la friche choisie par BORLOO à Ivry se trouve entre un faisceau ferroviaire, une autoroute, une morgue et une déchetterie !

Deuxièmement, j?ai peur que ces solutions, bien sûr considérées comme transitoires, ne deviennent définitives, car le flux ne devrait pas s?arrêter ; la crise du logement est ce qu?elle est et elle exclut un nombre de plus en plus important de personnes chaque année.

Troisièmement, je trouve que, idéologiquement et en termes de lutte pour le droit au logement, c?est vraiment acter le désengagement de l?Etat, l?impuissance de la force publique devant des situations tout simplement inhumaines et qui devraient demander un traitement absolument d?urgence.

S?il nous reste une friche aujourd?hui à Paris, je souhaite que, le plus vite possible, on puisse y construire une résidence sociale.

Pour finir, vraiment, cette idée est apparue à la fin des années 1980. C?était à l?époque Dassault qui l?avait proposé : des petits chalets. Aujourd?hui, je trouve inquiétant qu?une proposition, qui émane d?une association, se retrouve derrière un front idéologique entre Parti communiste et Gouvernement. C?est bien là, je crois, même si votre volonté initiale est vraiment humaine et complètement de bonne foi, que le fait que vous vous retrouviez à proposer la même chose aujourd?hui devrait tous nous amener à nous interroger.

Le groupe ?Vert? votera contre.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUTREY.

Mme Mylène STAMBOULI, adjointe. - Il s?agit d?une étude sur la probabilité.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Oui, il s?agit d?une étude, il ne s?agit pas de passer à l?acte.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.

Qui est favorable ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

5 pour.

5 contre.

Il n?est pas adopté, je suis désolé.

Mme Catherine GÉGOUT. - Il est adopté !

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Non, 5 pour, 5 contre.

Mme Catherine GÉGOUT. - Je demande que l?on recompte.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Je vous ai donné le résultat, je suis désolé.

5 pour, 5 contre.

Mme Catherine GÉGOUT. - Tout le monde a voté ?

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Je n?y peux rien. Beaucoup de gens n?ont pas levé la main. Il y a eu 5 pour et 5 contre.

Le voeu est rejeté.