Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2011
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  
Déliberation

Vœu relatif à la dénomination d’un lieu parisien en hommage à Mohamed Bouazizi.

Déliberation/ Conseil municipal/ Février 2011 [2011 V. 46]



 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l?Etat le 17 février 2011.

Reçue par le représentant de l?Etat le 17 février 2011.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal

Mohamed Bouazizi, jeune bachelier de 26 ans résidant à Sidi Bouzid, en Tunisie et au chômage, a vu le 17 décembre dernier la police tunisienne démanteler son stand et confisquer sa marchandise (tout en accompagnant ce geste d?humiliations et de gifles), c?est-à-dire la seule ressource pour ce jeune homme, qui, pour survivre et subvenir aux besoins de sa famille, vendait des fruits et légumes à la sauvette.

Après des démarches vaines auprès des autorités, Mohamed Bouazizi, en signe de protestation, s?est immolé le 17 décembre 2010 devant la sous-préfecture de Sidi Bouzid, ville de 100.000 habitants du centre ouest de la Tunisie.

Grièvement blessé, il a été hospitalisé, dans le coma.

Très rapidement, un comité de soutien s?est mis en place et des heurts ont éclaté dans la ville de Sidi Bouzid dès le lendemain.

Cet acte a profondément choqué et révolté la population tunisienne, lassée du manque d?emplois et d?un régime dictatorial et corrompu.

Face à l?attitude des autorités tunisienne et de son président, Zine-el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 23 ans, des manifestations et heurts ont éclaté dans tout le pays dans les jours suivants.

Ce geste a été à l?origine d?un vaste mouvement de contestation sociale et soulèvement du peuple tunisien qui a abouti à la fuite et à la fin du règne du président Zine-el-Abidine Ben Ali le 14 janvier dernier.

Décédé de ses blessures le 4 janvier dernier, Mohamed Bouazizi est l?un des symboles tragiques de cette révolution, symptomatique des dizaines de tunisiens qui ont malheureusement payé de leur vie leur combat pour la démocratie, la justice et la liberté. Près de 5.000 personnes ont assisté à ses funérailles.

Particulièrement emblématique et largement commenté depuis, l?acte de résistance de Mohamed Bouazizi est déjà comparé par certains analystes à la révolte des syndicalistes de Solidarnosc dans les chantiers navals de Gdansk en Pologne en 1980 ou encore au geste de Jan Palach, étudiant tchécoslovaque en philosophie, qui s?immola par le feu sur la place Venceslas à Prague le 16 janvier 1969 pour protester contre l?invasion de son pays par l?Union soviétique en août 1968.

Ainsi, comme le déclarait récemment la soeur de Mohamed Bouazizi.

?Il a fait ça pour nous ! Il n?est pas mort pour rien?. Sentiment partagé par nombre de tunisiens.

La Ville de Paris et ses habitants, attachés aux valeurs de libertés et de démocratie, s?honoreraient à rendre hommage et saluer la mémoire de Mohamed Bouazizi.

Sur la proposition de M. Yves CONTASSOT, M. Sylvain GAREL et des éluEs du groupe Europe Ecologie Les Verts et Apparentés,

Emet le voeu :

-Qu?un lieu à Paris porte le nom de Mohamed Bouazizi.