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Fevrier 2007
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V - Question d’actualité de Mme Roxane DECORTE au nom du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris relative à l’O.P.A.C. de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme DECORTE.

Mme Roxane DECORTE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, fébrilité, malaise, malaise profond, rien ne va plus à l?O.P.A.C. où la présentation du ?Pacte de la proximité? le 23 janvier dernier a été chahutée et où la traditionnelle cérémonie des v?ux a été annulée une heure auparavant.

La mission de service public de l?O.P.A.C., c?est d?être justement au service de ses locataires et de tout faire pour améliorer la qualité de ce service. L?O.P.A.C. met en avant un pacte de proximité, alors qu?un projet remet en cause tous les métiers de proximité et en particulier le métier et les objectifs des 1.000 gardiens de l?O.P.A.C. aux tâches bien définies et indispensables.

Comment oser parler de gestion de proximité si le gardien qui incarne cette proximité n?est plus dans la loge ? Aujourd?hui, qu?en est-il vraiment ?

Une intersyndicale générale des employés de l?O.P.A.C. a dénoncé le manque total de concertation quant à cette nouvelle organisation des gardiens de l?O.P.A.C. et les locataires sont, bien évidemment, en proie à une vive inquiétude.

L?O.P.A.C. dispose aujourd?hui de 1.000 gardiens, soit un gardien par groupe d?immeubles de 100 logements. L?O.P.A.C. a décidé de lancer une réforme du gardiennage, sans vote des locataires, faut-il le rappeler, sans concertation et de l?expérimenter dans cinq sites immobiliers dans des quartiers sensibles, dans le 13e arrondissement, dans le 15e, dans le 18e, porte Chaumont dans le 19e, rue de Ménilmontant dans le 20e, en remplaçant les gardiens par des chargés d?immeuble, à raison de 1 pour 350 logements, en charge de la partie administrative et des employés d?immeuble en charge de l?entretien.

Ce dédoublement de la fonction cache une véritable régression sociale en termes de proximité et de service. Ce projet est en contradiction avec le décret du 1er décembre 2001 et la circulaire du 2 février 2002 qui définissent les obligations du bailleur en matière de gardiennage des ensembles immobiliers de plus de 100 logements. La circulaire précise que le nombre de personnes en charge de la surveillance doit être de 1 par tranche de 100 logements et qu?il s?agit d?un emploi à temps complet, effectué par une ou plusieurs personnes.

La présence du gardien est le gage d?une sécurité des biens et des personnes et, oserais-je dire, du bien-être des personnes. C?est aussi le gage de la surveillance des installations techniques dans des secteurs où les ascenseurs posent régulièrement problème. Le gardien a un rôle social majeur : il est un acteur de liens de convivialité qui se nouent, il aide les locataires âgés et souvent isolés, les mamans seules avec leurs enfants.

En Conseil d?administration de l?O.P.A.C., j?ai évoqué la situation des habitants de la porte d?Aubervilliers dans le 18e, que je connais bien, qui ont organisé une pétition pour conserver leurs huit gardiens dans un secteur où le rôle social, le rôle clef du gardien est reconnu de tous. Un secteur marqué par la présence de personnes âgées isolées, un secteur enclavé, marqué par les souffrances sociales, où le gardien est souvent bien plus qu?un gardien.

L?interassociatif a écrit à M. GUEULETTE en ces termes : ?Nous, habitants de la cité Charles Hermitte, nous ne pouvons accepter une telle mesure. Nous avons le droit à la parole. L?Amicale des locataires en a discuté avec vos représentants, elle n?est pas écoutée. Jusqu?où devons-nous aller pour que nous, locataires qui vous faisons vivre, soyons écoutés ? Arrêtez vos coups bas, soyez à l?écoute des habitants, respectez-les, ne les ignorez pas !?

Monsieur le Maire, belle conception de la proximité ! Vous vous érigez à l?envi en donneur de leçon de proximité et d?effica-cité, notamment en matière de logement social !

Qu?en pensent les 109.000 demandeurs de logement aujourd?hui ? Nous souhaitons vous exprimer notre refus de cette réforme qui entraîne une dégradation du service au locataire. Quelle garantie apportez-vous pour le maintien des 1.000 emplois de gardien qui existent à l?heure actuelle ? Quand allez-vous traiter, avec un vrai sens de la proximité et de l?écoute, les locataires et les personnels de l?O.P.A.C. ?

Je vous remercie de vos réponses.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Et moi, je vous remercie de votre sens de la nuance. Apparemment, cela fait école. Vous n?avez pas vu que l?O.P.A.C., cela a changé; et dans un sens et social et démocratique.

Je vous le dis quand même au passage. Et c?est l?U.M.P. qui proteste alors qu?on sait ce qu?était l?O.P.A.C. de leur temps. J?adore ces contradictions là. Au moins, la démocratie trouve sa place.

Monsieur MANO, vous avez la parole.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Deux choses.

D?abord, les assises de la proximité. Oui, c?était un succès. Oui, pendant 18 mois, 1.500 locataires ont été réunis et ont travaillé en collaboration avec l?ensemble du personnel de l?O.P.A.C. de Paris pour échanger, dialoguer et proposer dans un dialogue constructif, parfois un peu viril mais c?était logique.

Et je remercie d?ailleurs l?ensemble du personnel qui, dans une démarche peu habituelle, a mis en avant sa capacité d?écoute et de remise en cause personnelle pour faire avancer l?O.P.A.C. dans le dialogue avec les locataires. Comme je remercie d?ailleurs les locataires qui ont participé un samedi matin à cette démarche volontaire. Je crois que cela s?est fait dans un esprit tout à fait constructif et cela s?est conclu effectivement par une grande manifestation à la Villette regroupant plus de 1.200 locataires et le personnel de l?O.P.A.C., où ce dernier s?est engagé vis-à-vis des locataires dans un pacte de proximité.

C?est dommage, Madame DECORTE, que vous n?ayez pas été présente ; vous étiez d?ailleurs invitée en tant qu?admi-nistratrice. Vous auriez pu constater l?intensité de la démarche qui est mise en application par l?O.P.A.C.

En ce qui concerne l?autre problème fondamental, la réflexion actuelle de l?O.P.A.C. sur l?évolution des métiers de proximité renvoie à des choses simples :

- oui ou non, pouvons-nous considérer que le métier de gardien, qui est une image avec des fonctions qui datent de plus de 30 ans, doit rester le même ?

- oui ou non, est-il possible d?envisager des évolutions de carrière pour le personnel qui est aujourd?hui gardien ?

- oui ou non, certaines tâches pourront-elles être maintenues pour un personnel d?un certain âge ?

- oui ou non, pour une femme aujourd?hui gardienne, sortir des poubelles qui pèsent de plus en plus lourd, est-ce l?avenir ?

Nous pensons qu?il y a une réflexion profonde à mener, qu?il s?agisse du maintien du métier de gardien, de l?agent d?im-meuble, du régisseur, d?un certain nombre de personnes qui sont à la disposition de l?ensemble du personnel. On pourrait aussi faire évoluer les carrières d?un certain nombre de personnes dans le sens d?un rôle plus important dans la Cité. Tout ceci se fait en concertation et doit être expérimenté. Nous en tirerons ensemble avec les locataires le bilan au bout de quelques mois.

Bien évidemment, ceci se fait dans le respect strict des structures représentatives du personnel au sein de l?O.P.A.C. Je crois qu?on ne peut pas rester figé.

L?immobilisme, ce n?est pas la réponse à l?évolution des situations, à l?évolution des technologies. L?immobilisme, c?est le retour en arrière et ce n?est pas ce que nous souhaitons à l?O.P.A.C.

L?O.P.A.C. avance, elle avance avec le personnel.

Et je garantis ici le maintien de la totalité des emplois de personnels de gardiennage. Non, leurs fonctions ne seront pas remises en cause. Ils pourront évoluer s?ils le souhaitent avec l?ensemble de l?O.P.A.C.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mme DECORTE veut rajouter un mot.

Mme Roxane DECORTE. - Ce qu?on peut regretter, c?est le manque de concertation, le manque de lisibilité et de transparence dans votre processus.

Vous avez envie de faire des économies de personnels sur le dos des locataires et vous le faites dans les secteurs les plus sensibles de la Capitale.

Non, non, vous ne voulez pas répondre. Vous n?aimez pas la contradiction, Monsieur MANO, et cela se fait en vase clos.

J?ai assisté à un conseil de quartier dans le 18e où Mme RUES, qui était avant au cabinet de Daniel VAILLANT, a expliqué aux habitants du quartier Charles Lhermitte : ?Ce sera comme cela et pas autrement?.

Ce n?est pas ma conception du débat et de la concertation.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Je vous assure que sur la concertation, la démocratie participative, nous vous regardons avec admiration et envie.