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Fevrier 2007
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2007, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” relatif au retrait de la Légion d’Honneur à Vladimir POUTINE.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2007


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je reviens au v?u référencé n° 3 dans le fascicule relatif au retrait de la Légion d?Honneur à Vladimir POUTINE.

Mme DUBARRY a la parole.

Mme Véronique DUBARRY. - Je vais le faire puisqu?il se trouve que j?avais déjà présenté le v?u, la dernière fois qu?il est passé devant notre Conseil. Et, malheureusement, il avait été repoussé pour des raisons diverses et variées.

Il s?agit de la remise, le 22 septembre dernier, à M. Vladimir POUTINE, de la grand-croix de la Légion d?honneur par le Président de la République.

La Légion d?honneur, vous le savez, est la plus haute distinction de la France et les insignes de grand-croix sont ceux qui sont les plus élevés dans cet ordre.

?Reporters sans frontières? s?est élevé contre cette remise d?un insigne aussi important et a saisi le Conseil d?Etat pour demander à ce que le Président russe soit démis de ce titre.

Nous considérons, à l?instar de ?Reporters sans frontières? que Vladimir POUTINE est indigne de cette décoration. Depuis son arrivée au pouvoir, 21 journalistes ont été assassinés en Russie, dans un climat d?impunité quasi absolu. Je reprends là les termes de ?Reporters sans frontières?.

L?assassinat, le 7 octobre dernier, de la journaliste Anna Politkowskaia, connue pour ses couvertures sans concession du conflit tchétchène et sa dénonciation des violations régulières des droits de l?Homme en Russie, a confirmé, toujours d?après ?Reporters sans frontières?, que POUTINE ne mérite pas ce qui est considéré comme la plus haute distinction française.

La Russie a d?ailleurs été condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l?Homme, en février 2005 et en octobre 2006, pour son action en Tchétchénie.

L?organisation R.S.F. ajoute qu?il est scandaleux d?affirmer que Vladimir POUTINE a rendu des services aux causes que la France défend.

Nous partageons l?indignation de R.S.F. et il nous paraît totalement impensable que le plus grand des honneurs que la France puisse témoigner à une personne soit attribué au chef de l?Etat russe.

C?est la raison pour laquelle nous souhaitons que le v?u suivant soit adopté par le Conseil de Paris : que, par la voix de son Maire, la Ville de Paris demande au Président de la République et au Conseil d?Etat de démettre Vladimir POUTINE de son titre de grand-croix de l?ordre de la Légion d?honneur.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA, vous avez la parole.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je remercie les auteurs de ce v?u. Nous ne pouvons pas ne pas être interpellés par les considérations développées dans son libellé. Vous savez tous ici combien notre Assemblée peut s?enorgueillir des positions fermes et constantes qu?elle prend en matière de défense des droits de l?Homme et de liberté de la presse partout dans le monde.

S?agissant de la Russie, le Maire de Paris avait déjà, dès février 2003, directement exprimé à Vladimir POUTINE, lorsque celui-ci avait été reçu à l?Hôtel de Ville dans le cadre de la visite d?Etat, sa grande préoccupation face à la dégradation de la situation des Droits de l?Homme dans son pays et la persistance d?exactions rapportées en Tchétchénie.

Au lendemain de l?assassinat d?Anna Politkowskaia, dans un message de condoléances adressé au rédacteur en chef de ?Novaia Gazieta?, le Maire a fait part, au nom des Parisiennes et des Parisiens, de sa très vive émotion, conformément au v?u adopté par ce Conseil dans sa séance d?octobre 2006 et qui dénonçait déjà la grande insécurité dans laquelle les journalistes russes exercent courageusement leur métier.

Il a également été demandé aux autorités russes de faire toute la lumière sur cette affaire et de prendre les mesures nécessaires pour que cesse cette insécurité.

Je souligne qu?à ma demande nous avons voté un v?u et la Maison des Journalistes, que la Ville appuie fortement depuis son ouverture, a pris la décision de donner le nom d?Anna Politkowskaia à leur principale salle de rédaction, cet hommage emblématique devant être rendu prochainement, cette année, début mai, à l?occasion de la célébration du cinquième anniversaire de l?existence de cette association pour les journalistes en danger dans leur pays.

Pour autant, nous considérons qu?il n?appartient pas à notre Assemblée municipale de contester, en tant qu?institution, les décisions prises par le Chef de l?Etat, grand maître de la Légion d?honneur, qui engage la France au plan international au plus au niveau.

La remise protocolaire des insignes de grand-croix de la Légion d?honneur aux chefs d?Etat des pays proches de la France relève au demeurant d?une tradition républicaine bien établie et la Ville de Paris qui ne mène pas de diplomatie municipale concurrente de celle de la France, n?a pas vocation à remettre en cause des prérogatives dévolues par la Constitution française au président de la République.

Pour ces raisons, je laisse à la sagesse des élus de ce Conseil la libre appréciation des termes de ce voeu et au-delà le choix de leur vote.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur COUMET, vous avez la parole, pour explication de vote.

M. Jérôme COUMET. - Juste pour dire que nous approuvons les propos de Pierre SCHAPIRA et que le groupe aussi laissera la liberté de vote même si nous ne souhaitons pas évidemment repousser ce voeu.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le voeu.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est adopté. (2007, V. 46).