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Fevrier 2007
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2007, Voeu déposé par M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen relatif à la dénomination d’une station de métro “Gambetta - Martin-Nadaud”.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2007


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Alors nous passons à l?examen du v?u référencé n° 49 dans le fascicule du groupe Mouvement républicain et citoyen relatif à la dénomination d?une station de métro ?Gambetta - Martin-Nadaud?.

Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, il existe dans le métropolitain un certain nombre de stations qui ont été désaffectées, généralement parce qu?elles étaient trop proches d?une autre station de métro et que leur maintien ne se justifiait pas.

Parmi celles-ci, je signale la station Martin Nadaud, condamnée le 23 août 1969, lors de la réorganisation de la station Gambetta, ligne 3.

Par ce v?u, nous ne proposons pas, évidemment, la réouverture de cette station mais simplement que le Conseil de Paris demande à la R.A.T.P. de prendre la décision de nommer la station Gambetta : ?Gambetta - Martin Nadaud?.

En effet, il nous paraît utile de rendre hommage à un homme qui fut toute sa vie un républicain convaincu et qui, surtout, donna l?exemple, dans sa vie politique nationales et parisienne d?un homme de progrès, que ses origines très modestes rendaient sensibles à la nécessité d?améliorer la condition ouvrière, en particulier par l?instruction publique.

Né le 17 novembre 1815 à Soubrebost dans la Creuse et mort le 28 décembre 1898 au même endroit, Martin Nadaud arriva à Paris en tant que maçon et eut un rôle central dans l?amélioration de la condition des ouvriers parisiens, en particulier de ceux du bâtiment, autrement dit les maçons de la Creuse.

Ce qu?il vit alors de la misère et de l?exploitation du peuple le conduisit à s?engager pour la Seconde République et à se faire élire en 1849 député républicain de la Creuse.

Le bonapartisme triomphant trouva en lui un adversaire déterminé et il fut emprisonné le 2 décembre 1851 après le coup d?Etat de Louis-Napoléon puis dû s?exiler en Angleterre.

Il participa, lors de la guerre de 1870, à la défense du territoire en tant que Préfet de la Creuse, nommé par Gambetta, puis fut ensuite, de 1876 à 1889, député de ce département. Elu conseiller municipal de Paris après cette date, il se mobilisa pour la relance de l?activité du bâtiment mais aussi en faveur de la reconstruction de l?Hôtel de Ville, de l?amélioration de l?hygiène publique dans la Capitale et pour la construction d?un métro.

En tant que député, il défendit l?instauration des retraites ouvrières, la protection contre les accidents de travail et la reconnaissance de la responsabilité de l?employeur dans ceux-ci (loi de 1898), ainsi que l?amnistie des Communards et le développement de l?enseignement laïc dans chaque département.

Ce serait donc, Monsieur le Maire, rendre justice à la mémoire d?une figure emblématique du combat pour la République que d?obtenir une mention de son nom sur la carte du métro parisien.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - C?est une biographie qui donne des idées, effectivement !

Madame CHRISTIENNE, vous avez la parole.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe. - La personnalité de Martin Nadaud, dont une place de Paris porte le nom, avait été également honorée par l?attribution de son nom à une station de Paris.

Cela n?était pas usurpé, comme on vient de l?entendre. Cet homme de milieu modeste, arrivé comme maçon à Paris, découvre dans la Capitale les conditions de travail de ses semblables et prend en même temps la mesure de l?importance de l?instruction pour améliorer leur sort et former leur jugement. Il s?instruit lui-même et donne à ses jeunes compagnons des cours du soir.

D?ailleurs, très tôt, il se battra pour le développement d?un enseignement laïc dans tous les départements, soutenant la loi du 28 mars 1882 (Jules Ferry) sur l?instruction publique.

Il fréquente le socialiste Pierre Leroux et, en 1840, il se trouve parmi les meneurs de la manifestation ouvrière de la Plaine de Bondy. Il faut aussi signaler sa popularité dans les milieux de l?émigration.

Emprisonné, comme il a été dit, après le coup d?Etat de Louis-Napoléon, il est, en 1852, banni. Il s?exile en Belgique puis à Londres, où il fréquente d?autres exilés : Victor Hugo, Louis Blanc, Pierre Leroux?

Au cours de son exil en Angleterre, au prix d?un labeur acharné, il acquiert une culture qui lui manque et qui lui servira comme député, un député très engagé au service des ouvriers.

Il revient en France quand éclate la guerre entre la France et la Prusse, mais il faut surtout souligner qu?il se bat pour la mise en place de mesures sociales, comme vous l?avez dit, Georges SARRE, dont deux sont tout de même majeures : l?installation des retraites ouvrières en 1879 et la protection contre les accidents du travail.

Je ne développerai pas davantage, beaucoup a été dit précédement. Et, bien sûr, nous donnons un avis favorable pour ce v?u.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u assorti d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le voeu est adopté. (2007, V. 72).