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Novembre 1999
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59 - 1999, DFAE 141 - Subvention au Comité d'animation du village Suisse (15e). - Montant : 100.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1999


M. Paul AURELLI, adjoint, président. - Nous poursuivons l'ordre du jour en prenant le projet de délibération DFAE 141 relatif à une subvention au comité d'animation du village suisse pour un montant de 100.000 F.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, le 7 octobre dernier, le Village suisse a célébré son centenaire, encore qu'il n'a, malheureusement, rien à voir avec les lieux d'origine. Les jolis chalets construits pour l'Exposition universelle ont été détruits, la surface du terrain diminuée presque de moitié, bétonnée et surplombée par des immeubles oppressants de 12 étages de haut. Comme l'on ne pouvait pas reloger tous les brocanteurs et les antiquaires en surface, il a fallu construire une galerie souterraine : couloirs aseptisés, lumière électrique dès 10 heures du matin, nous sommes loin du charme si particulier que possédait ce pittoresque endroit ! Si c'était à refaire, je pense qu'aujourd'hui, il serait protégé.
Il n'en reste pas moins que le Village suisse est un lieu prospère et animé et que le principe d'une subvention exceptionnelle accordée par la Ville de Paris ne me choque pas, encore que le montant de 100.000 F pour l'organisation d'un petit cocktail dans les galeries me paraisse excessif. Mais c'est sur un autre point que je veux protester. Il faut vous débarrasser des mauvaises habitudes, Monsieur le Maire. Nous ne pouvons, sauf dans des cas d'urgence, continuer à voter des subventions déjà accordées. Je ne critique pas les fonctionnaires et les élus qui s'occupent des subventions ; c'est le système entier qui est à revoir. Vous avez déjà progressé sur la présentation des dossiers de demande de subvention. Il a fallu deux ans de lutte, pied à pied, pour obtenir que les associations rendent compte clairement de leurs activités, de leurs budgets et des motifs de leurs demandes de subvention.
Il faut maintenant arriver, en modifiant les planifications des services concernés, à ce que nous votions des subventions, avant qu'elles ne soient versées aux associations, sauf cas d'urgence je le répète.
Voilà pourquoi, en signe de protestation, je m'abstiendrai sur cette subvention.
M. Paul AURELLI, adjoint, président. - Ne cherchons pas une querelle d'Helvète à cette association. Je constate comme tout le monde dans le dossier, qu'elle n'a jamais reçu de subvention et qu'il s'agit là d'une subvention exceptionnelle.
La parole est à M. OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Je ne cherche pas du tout une querelle. Je suis tout à fait favorable à l'ensemble des associations. Je constate simplement que cette association a dépensé 800.000 F pour cette manifestation. Elle a un déficit de 476.000 F. Le groupe "U.D.F. et Modérés" est fidèle à sa conception sur l'attribution des subventions et exprime ses regrets que le budget de la Ville, résultant de l'impôt payé par les Parisiens, serve à minorer le déficit provoqué par une organisation probablement trop coûteuse, hors de proportion avec les buts recherchés.
Il nous semble d'autre part que les participants, dont les moyens financiers sont pour beaucoup importants, devraient seuls contribuer à ce type de dépenses. Encore une fois, nous n'intervenons pas sur toutes les subventions sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, et c'est normal, mais nous sommes choqués par la disproportion des sommes données à ces associations vis-à-vis des sommes versées à des associations à type social, éducatif ou culturel.
Je rappelle quand même, pour m'appuyer sur un élément précis, que les Scouts de France qui sont 1.800 à Paris et qui réalisent quand même un bon travail, reçoivent 28.000 F pour leur fonctionnement tous les ans.
Je vous remercie.
M. Paul AURELLI, adjoint, président. - La parole est à M. PIERRE-BLOCH.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je ne suis pas étonné de la position de Mme SCHNEITER ou de M. OGÉ. Il faut savoir ce que l'on veut pour Paris. Nous sommes aujourd'hui confrontés au succès de cette ville, qui reçoit 22 millions de visiteurs par an. Le budget du Tourisme Paris Ile-de-France est d'environ 100 milliards de francs.
Il faut savoir ce que l'on veut ! Quand le Village suisse fête son centenaire et demande une subvention de 100.000 F à la Ville de Paris, cela ne me choque pas. En effet, il nous a envoyé un budget détaillé, il a dépensé un affichage assez massif pour faire connaître sa manifestation. Dans le siècle prochain, ni vous ni moi ne serons là pour leur donner encore 100.000 F. Mme SCHNEITER regrette les vieilles baraques qui ont disparu. Ce n'est pas de mon fait. Si j'avais été là, je les aurais sûrement conservées. En ce qui concerne le montant des subventions que nous votons aux associations de commerçants, n'oublions pas que les commerçants font vivre cette ville. Si cette municipalité existe, s'il y a des fonctionnaires, si vous et moi percevons des indemnités mensuelles, c'est qu'il y a des gens qui paient les impôts, il y a les Parisiens et les commerçants. Qui paie le plus d'impôts dans cette ville ? Les commerçants. C'est un juste retour des choses que la Ville de Paris, pour ces commerçants qui créent de nombreux emplois dans Paris, participe à l'animation commerciale ou à des manifestations exceptionnelles comme le centenaire du Village suisse. C'est le rôle d'une ville, c'est le rôle d'une municipalité ou alors l'adjoint que je suis n'a aucun lieu d'exister !
Je suis partisan de faire davantage encore parce que, Monsieur OGÉ, dans quelques années, nous serons en concurrence avec d'autres villes européennes, telles Berlin pour ne pas la nommer. Le tourisme, les expositions font vivre Paris et créent des milliers et des milliers d'emplois. Alors il faut savoir ce que l'on veut. Je suis pour que l'on aide ces commerçants, qui paient des taxes, qui paient des impôts et qui font ces vitrines ravissantes, beauté de notre ville.
Il y a les monuments, certes. Mais nous ne sommes pas qu'une ville de monuments, mais aussi une ville qui vit grâce aux commerçants.
Quant à votre attaque par rapport aux Scouts de France, je vous répondrai que j'aimerais faire mieux pour eux. Mais ce n'est pas mon domaine. Je fais ce qui est de mon domaine, c'est-à-dire encore plus pour les commerçants grâce auxquels cette ville vit très bien.
Mme Laure SCHNEITER. - Je ne conteste pas la subvention. Je dis qu'il faudrait la voter avant de l'accorder !
M. Paul AURELLI, adjoint, président. - Elle n'est accordée que si nous la votons.
Mme Laure SCHNEITER. - Elle a déjà été versée.
M. Paul AURELLI, adjoint, président. - C'est impossible, chère collègue.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, rapporteur. - Nous décidons aujourd'hui, elle sera payée ultérieurement.
Mme Laure SCHNEITER. - La manifestation a eu lieu en septembre.
M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, rapporteur. - Il faut bien comprendre qu'il existe des règles administratives. Le mandatement s'effectue au vu des factures. Ne croyons pas, comme l'élue du 20e arrondissement, que nous subventionnons comme ça, pour faire plaisir à tout le monde.
Il y a une Direction des Affaires financières. Le système administratif est parfaitement respecté, c'est très clair.
Mme Laure SCHNEITER. - Cela veut dire que si, aujourd'hui, nous avions voté contre, pour une raison ou une autre, que feriez-vous pour payer la facture ?
M. Paul AURELLI, adjoint, président. - La subvention ne serait pas payée, un point c'est tout. C'est aussi simple que cela. Mais nous n'allons pas poursuivre un dialogue sur ce projet de délibération.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAE 141.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DFAE 141).