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Avril 1998
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82- QOC 98-118 Question de Mme Martine BILLARD, élue de " Paris-Ecologie, Solidarité et Citoyenneté ", à M. le Maire de Paris au sujet du suicide d'un ouvrier de l'atelier des Buttes-Chaumont (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1998



Libellé de la question :
" Le mercredi 28 janvier 1998 un ouvrier jardinier de l'atelier des Buttes-Chaumont s'est donné la mort.
Depuis plusieurs années l'ambiance s'était dégradée dans cet atelier des Buttes-Chaumont par suite de l'autoritarisme non justifié d'un chef.
Les ouvriers de cet atelier avaient essayé à plusieurs reprises d'attirer l'attention de la Direction des Parcs et Jardins sur cette situation : délégation auprès du chef de la circonscription nord-est (22 février 1995), demande d'audience au directeur (16 mai 1995), audience auprès de l'ingénieur général (4 juillet 1995), entretien avec le directeur (fin novembre 1995).
Malgré des engagements pris d'intervenir pour rétablir un meilleur climat de confiance, rien n'a été fait.
Le climat a continué à se dégrader avec des vexations constantes contre le personnel ouvrier. Au fil des mois, plusieurs d'entre eux ont préféré être mutés dans un autre service.
En janvier 1998, une assemblée générale des ouvriers des Buttes-Chaumont décidait d'un préavis de grève pour le 2 février. La Direction des Parcs et Jardins n'a toujours pas jugé utile d'intervenir.
La grève du 2 février fut suspendue, car ce jour là avaient lieu les obsèques de l'ouvrier des Buttes-Chaumont.
Le 3 février, l'agent de maîtrise responsable du climat désastreux de l'atelier des Buttes-Chaumont était muté.
Pourquoi a-t-il fallu la mort d'un homme pour régler une situation dénoncée depuis des années ?
Mme Martine BILLARD demande à M. le Maire de Paris :
1°) l'ouverture d'une enquête administrative afin de mettre en lumière les dysfonctionnements apparus ;
2°) de missionner la D.R.H. (Direction des Ressources Humaines) pour recevoir les organisations syndicales afin de réfléchir à l'élaboration de procédures qui permettraient aux fonctionnaires de la Ville de Paris de saisir directement la D.R.H., ou toute instance prévue à cet effet lorsque la direction dont ils dépendent n'a pas répondu à leurs interpellations. "
Réponse (Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint) :
" Les termes employés dans cette question, qui, peu ou prou, semblent mettre une personne en cause, me conduisent à vous exprimer mon profond étonnement.
Il est, pour moi, évident qu'un événement de cette nature, par sa gravité et les réactions qu'il peut entraîner, requiert naturellement réserve et prudence, particulièrement des observateurs qui ne sont pas en possession de toutes les informations vérifiées sur son déroulement.
Aussi, je demande à tous de conserver un esprit calme et réfléchi, afin d'éviter les approximations, ou de risquer d'amplifier une rumeur, qui on le sait, peut avoir des conséquences graves pour la personne qui en est victime.
Afin de ne pas tomber dans ce dangereux travers, je vous informe que les services de la Mairie de Paris ont procédé, à la demande du Maire, à un examen minutieux et impartial de ce triste événement.
Cette procédure a fait ressortir que l'on peut difficilement établir un rapport entre ce drame privé et les conditions de l'activité professionnelle de l'agent concerné. Il est à noter en particulier que celui-ci, en poste dans le Parc des Buttes-Chaumont, depuis 14 ans, n'avait jamais manifesté l'intention de quitter son service.
Nous exprimons donc nos plus sincères condoléances à la famille de cet agent, pour ce drame accablant. Il n'est pas moralement possible, en l'absence de toutes certitudes absolues, indispensables en pareil cas, d'en reporter la responsabilité sur qui que ce soit. "