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Avril 1998
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78- QOC 98-131 Question de M. Alain MORELL et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris au sujet de l'utilisation de la place Saint-Sulpice et le parvis de l'église par " Armani " (6e).

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1998



Libellé de la question :
" L'entreprise " Armani " a utilisé, à des fins promotionnelles, avec l'accord de M. le Maire de Paris et celui du Maire du 6e arrondissement, mais sans l'avis du Conseil d'arrondissement, la place Saint-Sulpice et le parvis de l'église dans des conditions difficiles pour les cérémonies et pour les riverains.
Les habitants des quartiers, de nombreux commerçants et associations attendaient plutôt un signer de soutien à l'identité culturelle du quartier. L'autorisation de cette manifestation, telle quelle, ne répondait pas à cette attente.
Sans être a priori hostile à des manifestations au rayonnement extérieur, si elles s'avèrent utiles au quartier, à son prestige, à l'activité et au renforcement de son identité profonde, on doit dire que cette manifestation appelait plusieurs questions, pour le moins.
En effet, elle a été organisée avec le soutien de la Mairie, avec de pleines pages de publicité de l'entreprise dans la feuille électorale du Maire du 6e arrondissement, sans communication au Conseil d'arrondissement, sans concertation préalable et enfin sans participation ou ouverture aux habitants.
Est-ce pour éviter toute information démocratique à ce sujet que le Conseil d'arrondissement a été supprimé le 10 mars ?
M. le Maire de Paris peut-il en tout cas apporter des précisions sur cette manifestation, sur les modalités - jusqu'à nouvel ordre secrètes - qui ont été contractées entre la Ville de Paris, le Maire et l'entreprise " Armani ". Finalement, cette manifestation acceptée par la Mairie au mépris, d'une part, du respect de l'église et des habitants et d'autre part, ce qui est très grave, du respect des règles de sécurité, a dû être interdite.
Le renom et l'image de sérieux de Paris ont été une nouvelle fois affecté par légèreté de la Mairie avec, en outre, le sentiment - dommageable pour la démocratie - qu'avec l'aval de cette municipalité, l'on peut se permettre n'importe quoi même au mépris de la sécurité des personnes.
Enfin, la capacité de développer des événements, des activités en harmonie avec l'identité du quartier a reçu un coup sérieux, aggravé par l'annonce publique du Maire du 6e arrondissement de son refus - en représailles pour les habitants ? - de ne laisser désormais aucun événement public avoir lieu dans le 6e arrondissement.
Ce bilan est désastreux.
Quelle conclusion M. le Maire de Paris en tire-t-il ?
Peut-on espérer qu'elles l'amèneront, enfin, à prendre en compte les propositions que M. Alain MORELL et les membres du groupe socialiste et apparentés font depuis longtemps pour améliorer l'information et la concertation dans le 6e arrondissement et notamment au sein du conseil, et surtout avec la population, les associations qui travaillent au renom de quartier, et tous ceux qui ont une idée élevée et équilibrée du développement de ces quartiers. "
Réponse (M. Hervé BENESSIANO, adjoint) :
" Tout d'abord, je regrette que la question posée ne soit formulée qu'en termes agressifs et confus. Essayons toutefois d'y répondre clairement.
L'autorisation accordée à la Maison de Couture Giorgio ARMANI en vue de l'implantation d'un chapiteau place Saint-Sulpice a été délivrée par le Maire de Paris selon la procédure habituelle.
Dès réception du dossier présentant cet événement, en particulier au plan technique, l'avis du Maire d'Arrondissement a été sollicité ainsi que l'avis de la direction municipale concernée, à savoir la Direction de la Voirie et des Déplacements. Aucune objection n'a été formulée à ce stade de l'instruction.
Conformément à la loi, le Maire de Paris a donc délivré une autorisation d'occupation temporaire du domaine public municipal.
Cette autorisation ne préjuge, ni dans ce cas ni pour toutes les autres manifestations organisées sur la voie publique, de la décision du Préfet de police, seul compétent en matière d'ordre et de sécurité publics.
Or, comme vous le savez, c'est au regard des prescriptions de sécurité qui, je le répète, n'incombent pas au Maire de Paris, que cette manifestation n'a pas été autorisée.
Dois-je vous rappeler, M. le Conseiller, que ce n'est pas la première fois que cette place est l'objet de manifestations publiques avec ou sans chapiteau, que ce soit pour les Entretiens de Garancière, la foire à la brocante ou la Fête de la musique pour ne citer qu'elles, avec une présence sur le site de plusieurs jours parfois ?
Je n'ai pas eu connaissance à ces occasions de plaintes de riverains ou de vous même sur les nuisances qu'entraînaient de telles manifestations!
Alors, s'il vous plaît, ne poursuivons pas dans des polémiques stériles.
Par ailleurs, permettez moi d'ajouter deux considérations :
1) La Ville de Paris est tout à fait favorable au développement international de la mode au sein de la Capitale. La présence en son sein depuis des décennies de grands créateurs étrangers ont fait la renommée de Paris comme capitale mondiale de la Mode.
Nous n'avons aucunement l'intention de déroger à ce principe d'hospitalité qui a toujours été une force de notre ville.
2) Concernant le quartier Saint-Germain-des-Près, nous sommes très attachés à la conservation de l'esprit du lieu. De ce fait, il n'est pas dans nos intentions de substituer les industries de création de luxe au monde de la littérature notamment.
Plus que jamais, la Ville reste très vigilante sur les équilibres de ce quartier afin que les habitants conservent leurs repères. "