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Avril 1998
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81- QOC 98-106 Question de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Préfet de police à propos des interdictions de stationnement lors de tournages de films.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1998



Libellé de la question :
" Lors de tournages de films dans les rues de Paris, des zones sont interdites au stationnement par le personnel appartenant aux équipes de tournage.
Ces personnes, se substituant aux forces de police, prennent possession d'une rue, quelquefois 48 heures avant le tournage, et entreprennent d'interdire le stationnement au fur et à mesure de la libération des places. L'automobiliste qui prétend s'arrêter est fermement invité à circuler, ce qui n'est pas sans provoquer quelques incidents. Parfois des automobilistes retrouvent leur véhicule déplacé.
M. Jean-Pierre REVEAU s'étonne de tels agissements. Il demande à M. le Préfet de police de lui indiquer si ces pratiques sont régies par un texte particulier, ou s'il y a délégation de pouvoirs de police à ces entreprises privées.
Dans le cas contraire, quelles mesures il compte prendre pour empêcher des débordements aussi bien dans le domaine d'accaparement de pouvoirs de police que de celui d'occupation du domaine public, comme par exemple cela s'est produit dans le 16e arrondissement : 3 jours de blocage d'un quartier pour une scène de 14 secondes dans le film. "
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
" De nombreuses sociétés productrices sollicitent l'autorisation de tournage de films sur la voie publique, à Paris.
1.023 autorisations ont ainsi été délivrées en 1997.
La délivrance de ces autorisations relève de la double compétence du Maire de Paris, propriétaire du domaine public, et du Préfet de police, au titre de la circulation et de l'ordre public. Aucune autorisation n'est d'ailleurs délivrée par mes services sans l'accord du Maire de Paris.
La réalisation de ces tournages entraîne nécessairement des neutralisations de places de stationnement dans les trois situations suivantes :
- les plans nécessaires aux films historiques ;
- la sécurité des cascades ;
- le stationnement des véhicules techniques.
Afin de concilier les impératifs de l'ordre et de la tranquillité publics avec la réalisation des projets de tournage souhaités, mes services veillent à limiter rigoureusement le nombre de véhicules autorisés à stationner sur les sites retenus. Très souvent, il est inférieur à celui qui figure sur la demande de la société de production.
En outre, le stationnement sur les axes rouges, dans les couloirs de bus et sur les emplacements réservés aux autocars, est systématiquement refusé.
En règle générale, les réservations de stationnement sont effectuées à la suite d'une autorisation accordée à la société de production d'installer ses équipements et véhicules 48 heures avant le tournage. Ces sociétés sont toujours invitées à faire une large information auprès des riverains. Aucun pouvoir de police n'est cependant délégué aux préposés des sociétés de production pour interdire le stationnement d'un véhicule.
J'ajoute que pour réduire autant que possible les inconvénients de ces prises de vues sur la voie publique, leur durée est limitée au strict minimum. Il en est de même en matière d'interdictions de circulation qui ne sont autorisées que lorsqu'elles se révèlent indispensables pour les scènes à tourner. Seules des coupures de circulation, de deux ou trois minutes, sont le plus souvent admises.
Dans tous les cas, mes services s'attachent à minimiser la gêne susceptible d'en découler pour les riverains et les usagers de la voie publique.
La situation actuelle, basée sur une coopération très étroite entre les services de la Mairie de Paris et ceux de la Préfecture de police, me paraît être le meilleur compromis entre la valorisation de l'image de la Capitale par l'industrie cinématographique et les inconvénients qui en résultent pour les Parisiens. "