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Avril 1998
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Conseil Municipal
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14- IV - Question d'actualité des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris relative à la situation au sein de plusieurs établissements de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1998



M. Roger ROMANI, adjoint, président. - La question suivante émane du groupe communiste sur la situation au sein de plusieurs établissements de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Mme MARCHIONI a la parole.
Mme Mireille MARCHIONI. - Mesdames, Messieurs, Monsieur le Maire, les personnels de nuit de l'hôpital Saint-Louis sont en grève depuis maintenant plus de deux mois. Leurs collègues de Bichat sont eux aussi en grève, depuis début mars. Les personnels de Broca sont dans l'action.
Tous demandent à pouvoir remplir correctement leur mission au service des malades.
Or, aujourd'hui ils n'y parviennent plus. Les effectifs sont en effet insuffisants. Cette situation est grave de conséquences pour les personnels eux-mêmes qui subissent une surcharge de tâche, et sont confrontés à une flexibilité qui désorganise leur travail. Mais les conséquences n'en sont pas moins lourdes pour les malades. L'hôpital Saint-Louis réputé pour l'excellence de ses prestations a en charge de grands malades dans des domaines tels que la cancérologie, l'hématologie, les greffes, la chirurgie lourde et le moindre déséquilibre a rapidement des lourdes conséquences pour les patients. A Broca, les personnels ont des difficultés à donner à manger aux malades dans des conditions satisfaisantes.
Plusieurs dizaines de chefs de services de l'A.P.-H.P. ont exprimé leurs plus grandes préoccupations lors d'une conférence de presse le 11 février dernier.
Bien sûr, vous allez nous dire que les contraintes budgétaires ne permettent pas de faire plus. Nous avons pour notre part exprimé la volonté qu'au plan national une nouvelle orientation soit donnée à la politique de santé pour rompre vraiment avec la logique de restriction qui prévalait dans le plan " JUPPÉ ". Il n'empêche que la direction de l'A.P.-H.P. avait pris des engagements qu'aujourd'hui elle refuse de concrétiser.
C'est le cas notamment en matière d'application des 35 heures pour les personnels de nuit. Ainsi, dans une note en date du 13 mars 1997, la direction s'était engagée à appliquer le protocole " DURIEUX ". Quelques semaines plus tard, le 5 mai 1997, une autre note annulait ces engagements.
Ce revirement est au centre du conflit à Saint-Louis. Il a provoqué des mouvements dans toute une série d'établissements : Saint-Antoine, Bicêtre, Henri-Mondor, Rothschild, Jean-Verdier, Emile-Roux, Corentin-Celton et depuis Bichat. En matière d'effectifs, les personnels de Broca ont, eux aussi, eu des engagements le 17 mars 1998. Des postes supplémentaires leurs ont été promis qu'ils ne voient pas venir.
La Ville de Paris ne peut rester indifférente à ce qui se passe dans les établissements de l'A.P.-H.P.
Les conflits dont j'ai parlé sont dans l'impasse. Il est urgent de débloquer la situation. Il faut pour cela, établir ou rétablir un véritable dialogue avec les personnels et leurs organisations syndicales.
Nous vous demandons, Monsieur le Maire, en tant que Président de l'A.P.-H.P., d'oeuvrer en ce sens sans attendre plus longtemps.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Madame.
La parole est à Mme Marie-Thérèse HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous imaginez bien, Madame, que j'ai une note technique sur tous ces sujets, Saint-Louis, Broca et Bichat, et que je pourrais vous répondre de façon très technique...
... Mais vous n'ignorez pas non plus que le Gouvernement que vous soutenez, malgré un certain nombre de discours, a contraint l'Assistance publique à un taux directeur de 0,2 %, et que c'est dans ce cadre-là que nous devons agir. Puisque vous soutenez ce gouvernement, il aurait été plus facile d'aider le Président du Conseil d'administration de l'A.P. et le Directeur général de l'Assistance publique à faire en sorte que le taux directeur de l'Assistance publique ne soit pas un taux similaire à un département comme celui de la Corse. Car s'il est évident que la Corse doit avoir un taux directeur conséquent, il est non moins évident qu'une partie de la population non seulement francilienne, mais de la population française vient se faire soigner à Paris, et que dans ce cadre-là, le taux directeur de l'A.P., s'il n'avait pas été soutenu, puisque nous devions avoir un taux à 0 %, à la fois par le Directeur général de l'A.P., le Maire de Paris et voté en Conseil d'administration par tous les élus de la majorité municipale, sans l'appui de la minorité municipale qui soutient le Gouvernement, le budget de l'A.P., aujourd'hui, ne serait pas voté.
(Remous, brouhaha, mouvements divers).
Le budget de l'A.P. aujourd'hui ne serait pas voté !
(Remous).
Il a été voté par la majorité municipale et par les médecins !
M. Alain LHOSTIS. - Donnez le vote des élus communistes !
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Le groupe communiste s'est abstenu !
Vous n'ignorez pas non plus les conditions du dialogue qu'aussi bien le Directeur du personnel de l'Assistance publique, que le Directeur général de l'Assistance publique, que moi-même en allant sur le terrain, nous entretenons avec le personnel de l'A.P.
Et, Monsieur LHOSTIS, vous savez très bien que j'ai eu un certain nombre de négociations personnellement avec un syndicat que vous soutenez aussi bien à l'Hôtel-Dieu qu'à Saint-Louis, suite à un certain nombre de propositions et de dialogues que j'ai eus avec vous !
Voilà, Monsieur le Maire, la réponse politique que je voulais faire sur ce sujet. Ceci étant, j'ai, bien sûr, une réponse technique aux dossiers qui ont été évoqués ici :
- Bichat : plus 27 emplois ;
- Broca : 144 emplois pour 490 lits, soit 26 emplois supplémentaires. Quant à Saint-Louis, effectivement 14 emplois supplémentaires simplement ont été accordés.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Madame HERMANGE.
M. LHOSTIS, ne cédez pas à la nervosité ambiante, vous qui êtes une personne calme !
M. Alain LHOSTIS. - Justement pour rétablir la vérité, Madame HERMANGE...
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Vous poserez la question la prochaine fois !